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UFOLOGIE : LE POINT DE VUE CRITIQUE DU PROFESSEUR CLAIREMBART 15 novembre, 2008

Posté par skystars dans : Exo-contacts , trackback

setileagueLes sciences naturelles (physique, chimie, biologie, etc.  – on dit aussi « sciences pures ») n’en ont rien à foutre, du phénomène UFO.  Pas à cause de scientifiques stupidement coincés dans leurs dogmes ou leurs préjugés (il y en a!), mais tout simplement parce que les sciences pures ne s’adressent qu’aux phénomènes expérimentalement reproductibles.  Les scientifiques peuvent étudier la chute des pommes ou la reproduction des grenouilles, parce qu’il y a moyen de faire tomber une pomme et de faire se reproduire des grenouilles.  Mais il n’y a (à ma connaissance) pas moyen de faire appparaître un UFO.  Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’UFOs, mais seulement que le phénomène n’est pas expérimentalement reproductible – il échappe donc aux méthodes des scientifiques, ceux-ci n’ont pas d’outils méthodologiques pour étudier ce genre de phénomène.  Bref, le phénomène UFO échappe aux sciences naturelles à cause de la nature même de ces sciences.  Pas à cause des scientifiques.  Même si certains d’entre eux ont des attitudes regrettablement bornées face à ce phénomène.

Les « sciences sociales » ou les « sciences humaines », par contre, sont bien équipées d’outils méthodologiques pour étudier ce phénomène: les méthodes de la critique historique et de la sociologie, par exemple, conviennent fort bien à l’analyse des témoignages; les méthodes des folkloristes et des démographes permettent, autre exemple, d’étudier la diffusion de ce phénomène dans les sociétés humaines.  C’est aux portes de ces sciences-là qu’il faut aller frapper pour demander qu’on étudie le phénomène des OVNIs.  Aller demander semblable étude à un physicien, c’est comme aller demander à un mathématicien de diagnostiquer un malade: il ne saura pas comment faire et refusera – logiquement – de s’occuper du problème.  Et il aura raison de refuser.

La réponse correcte est plutôt: les sciences pures n’étudient que les phénomènes reproductibles – en tant que scientifique, je ne suis pas compétent pour étudier votre problème.  Les gens compétents pour des phénomènes non-reproductibles se recrutent dans les sciences humaines et sociales, comme l’histoire, la démographie, le folklore ou la sociologie.  Allez les voir, eux pourront vous aider.  Pas moi.  Désolé : mauvaise adresse.  L’ufologie est un objet d’étude par les méthodes des sciences sociales et humaines, pas un objet d’étude par les méthodes des sciences naturelles.  Cette tâche d’identification sans expérimentation disqualifie automatiquement physiciens, astronomes, chimistes, biologistes et autres gens des sciences pures.

À l’époque où mes amis et moi discutions fréquemment et très sérieusement d’OVNIs, notre groupe comptait une majorité de scientifiques « purs et durs » (dont je suis) – majorité parce que certains d’entre nous étaient encore célibataires et que les épouses de ceux qui ne l’étaient déjà plus participaient activement et très positivement à nos débats.  Loin de moi l’idée de prétendre que les scientifiques ne peuvent pas s’intéresser à ce sujet.  Il se fait simplement que je connaît très bien (pour l’avoir étudiée) la méthode scientifique, et que celle-ci est *formellement* inapplicable à l’étude du phénomène OVNI dans son ensemble, faute de pouvoir reproduire les observations alléguées.  Que des scientifiques tentent d’appliquer la logique et le reste des mathématiques à l’étude de ce phénomène, tant mieux!  C’est très bien!  Mais ne venons pas nous mentir en prétendant que ce travail suit la méthode scientifique, ce qui n’est évidemment pas le cas.  La méthode scientifique se résume simplement:

Les travaux de Kuhn et Popper ont bien mis en évidence la place essentielle de la réfutation par l’expérience en sciences – ce qui ne peut être testé (c-à-s: ce que l’on ne peut tenter de réfuter par une expérience conçue à cette fin) n’est tout simplement pas scientifique – ce n’est pas de la science.

Comme déjà dit, je ne pense pas que le travail des scientifiques qui se penchent sur le phénomène OVNI soit inutile ou sans valeur, bien au contraire!  Mais ce n’est pas un travail scientifique.  Il s’agit en fait d’un travail d’enquête, travail pour lequel les scientifiques sont usuellement assez mal formés (rien de plus facile que de tromper un scientifique: il ne s’attend jamais à une tromperie malicieuse) – mon groupe de collègues et amis en a fait plus d’une fois l’expérience.  Les scientifiques sont rarement des Sherlock Holmes.  Et pour analyser des témoignages, à part certains spécialistes des sciences humaines et sociales (spécialistes auxquels je lève mon chapeau virtuel: ils font un travail bien plus complexe que ce que font la plupart des scientifiques dans leurs laboratoires et observatoires), je ne vois guère que les détectives, policiers et autres enquêteurs professionnels.

Comment appréhender les caractéristiques d’un phénomène que l’on ne peut reproduire et mesurer à l’aise?  En analysant des témoignages ou d’autres documents?  La méthode scientifique ne s’applique pas à ce genre de choses.

Comment tester les hypothèses (mhd, déplacement relativiste) expérimentalement?  Supposons certaines de ces hypothèses transformées en lois, et supposons même construits et testés avec succès certains appareils basés sur lesdites hypothèses.  Bravo!  Le progrès technologique et scientifique a fait un bon en avant.  Super !  Mais…

Si demain je construis une « soucoupe volante » qui fonctionne assez bien pour me permettre d’explorer notre système solaire et les systèmes voisins du soleil, cela prouve-t-il la réalité du phénomène des OVNIs?  Logiquement, non.  Construire un engin volant ayant les performances fabuleuses qu’on attribue aux OVNIs ne démontrerait en rien qu’il y ait réellement des OVNIs en goguette qui viennent se faire admirer des terriens.  Désolé, c’est de la logique élémentaire.  Cela ne démontrerait tout au plus que la possibilité de la réalité de telles visites.  Cela ne démontrerait pas la réalité des dites visites.
Il est possible qu’en réalisant de tels engins nous soyons les premiers êtres intelligents à les réaliser, ou les premiers dans notre galaxie.  Dans ce cas, le phénomène des OVNIs n’aurait pas la réalité que bien des ufologistes lui attribuent, malgré la plausibilité que lui conférerait la réalisation d’une « soucoupe volante ».

Même si la technologie actuelle permet presque de reproduire des OVNI, cela n’a aucun impact sur la réalité ou non du phénomène OVNI, comme expliqué plus haut.  Je me souviens d’un ingénieur français qui avait proposé un engin en forme de « soucoupe volante », propulsé par une paire d’hélices contra-rotatives situées *autour* de l’engin.  Si cet engin avait été réalisé et avait bien fonctionné, cela aurait-il prouvé la réalité des OVNIs?

On fait ces jours-ci des recherches fascinantes sur des moyens de propulsion auxquels peu de gens auraient pensé il y a seulement 50 ans.  Moi-même, je travaille entre autres à un projet de « plate-forme volante semi-autonome » utilisable par exemple pour la photographie aérienne aux très petites vitesses (vol en régime quasi-stationnaire).  Une des versions à l’étude passerait facilement pour une soucoupe volante, même aux yeux d’un pilote d’avion.  ;^)
Qu’avons-nous de tangible dans le phénomène OVNI?  Dans les meilleurs cas, des témoins et leurs témoignages.  Souvent seulement des témoignages indirects, les témoins s’éclipsant rapidement.  Nous n’avons rien d’autre sous la main que l’on puisse étudier, que je sache.

Les sciences sociales et humaines possèdent des outils méthodologiques pour étudier des témoignages, outils d’autant plus fiables que les témoignages sont nombreux.  Même chose pour les enquêteurs professionnels: ils ont des outils méthoologiques pour ce genre d’étude.  Les sciences naturelles, elles, ne possèdent aucun outil méthodologique pour étudier des témoignages.  Les seuls matériaux disponibles dans le phénomène OVNI sont des témoignages.  Très rarement des photos, auquel cas on peut les faire étudier par des enquêteurs spécialisés en analyse de photographies et – plus rarement – en avionique.  Il est simplement logique de confier ce genre d’étude de témoignages à des chercheurs ayant des outils me;thodologiques adaptés à ce genre d’étude, non?  Je parle d’étudier les témoignages, pas les témoins.

Mon expérience personnelle m’a appris qu’il arrive fréquemment que dans un groupe, une seule personne *voit* quelque chose et que l’on assume ensuite à tort que tout le groupe *a vu* la dite chose.

Il me semble que le problème au sujet du phénomène OVNI a toujours été « que se passe-t-il?  », c’est-à-dire: « qu’est-ce qui cause tous ces témoignages?  » et « qu’est-ce que ces témoignages nous apportent comme informations?  ».

Il faudrait peut-être se demander d’abord de quoi il s’agit, *sans* partir d’un à priori (quel qu’il soit).  Perso, je ne m’offre pas le luxe (inutile et trop coûteux) de croire à quoi que ce soit – il me semble que « croire » à quelque chose est incompatible avec « étudier » cette chose de façon réaliste.  Comme bien des gens, j’ai eu une expérience qui entre à mes yeux dans la catégorie OVNI.  Je ne possède aucune explication pour ce que j’ai vu ce jour-là.  Je n’étais pas seul, mais ce fut très bref et l’autre personne présente ne regardait pas dans la même direction que moi – elle n’a rien vu.  Par rigueur scientifique, je me suis interdit d’accepter quelque explication que ce soit qui ne soit pas testable, ce qui explique que je n’ai toujours aucune explication.  Qu’on ne vienne donc pas prétendre que je suis un méchant scientifique dont la préciosité m’empêche d’étudier ce phénomène.  Bien au contraire, il est inutile d’essayer de me convaincre de la réalité du phénomène OVNI – je l’ai expérimenté de première main.  Mais je me refuse à baptiser « explication » toute interprétation basée entièrement sur des à-priori: je ne sais pas ce que c’était que j’ai vu, l’Objet Volant reste Non Identifié, quoi!

Des enregistrements radars du genre, j’en ai vu plus d’un.  Qui signalent clairement qu’il y avait quelque chose là.  Nous sommes bien d’accord là-dessus: le phénomène OVNI correspond à quelque chose de bien réel.  Mais quoi?  L’étude du comportement de ces choses pourrait nous l’apprendre.  Mais l’étude des enregistrements radar est clairement insuffisante (entre nous, c’est à des ingénieurs qu’il faut confier ce genre d’études – les scientifiques capables d’interpréter une image radar sont beaucoup moins nombreux que les ingénieurs spécialisés en radar): beaucoup de témoignages décrivent des choses proches du sol, endroit où les radars sont aveugles.

Les quelques mesures instrumentales (comme p.ex.  les images radars ou les photos) ne peuvent évidemment être analysées par des spécialistes en sciences humaines.  C’est là du travail pour des spécialistes en imagerie radar ou en photographie, c-à-d: du travail d’enquête visant à reconstruire l’évènement à partir des informations partielles provenant des instruments de mesure, travail pour lequel les ingénieurs sont souvent mieux formés que les scientifiques.

Mais il reste que le phénomène OVNI se menifeste en immense majorité sous forme de témoignages.  Et que pour analyser ces témoignages et en extraire la substantifique moëlle, les spécialistes des sciences humaines et sociales sont bien mieux armés que ceux des sciences naturelles.
Lorsqu’un spécialiste en imagerie radar étudie une image radar, il reste évidemment un spécialiste en imagerie radar.  Il fait un travail auquel ingénieurs et scientifiques sont accoutumés (analyse de données) et va pouvoir émettre un certain nombre d’hypothèses.  Mais là son travail cesse d’être scientifique, parce qu’étant privé de la possibilité de reproduire le phénomène, il ne pourra pas tester (ce qui veut dire: tenter de réfuter en tirant des conclusions que l’on pourra comparer aux observations expérimentales) ses hypothèses.

J’ai consacré assez de temps au phénomène OVNI pour m’être formé des opinions à ce sujet.  Les travaux de Bertrand Méheust, qui tendent à montrer que le phénomène OVNI a évolué de la même façon que les apparitions légendaires (chasse-galerie, chariot du diable, etc.) de notre folklore, m’ont semblé particulièrement intéressants.  Il montre là une claire continuité entre ce apparitions légendaires et les observations d’OVNIs contemporaines.  Sa conclusion apparente (que le phénomène OVNI n’est rien d’autre que l’apparition « en temps réeel » d’un nouveau folklore) me paraît un « cop-out » évident – une conclusion tout aussi valable sur le plan logique serait de dire qu’il s’agit d’un seul et même phénomène, dont l’interprétation par les gens a varié en fonction des préoccupations de l’époque: chasse-galerie à l’époque de Louis 13 (où l’on croyait au diable et aux diableries), le « machin dans le ciel » est devenu l’OVNI de nos jours (où l’on croit à la technologie et aux extra-terrestres).  Ce qu’il en est en réalité, j’avoue l’ignorer.  Je me refuse à préférer l’hypothèse de la visite des E.T.  à celle du diable et de ses acolytes, parce qu’à mes yeux ces hypothèses sont toutes deux basées sur des croyances (différentes, certes, mais croyances quand même) à priori, pas sur des raisonnements logiques.

source : http://exobio.chez-alice.fr/clairembart.htm

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