navigation

CRITIQUE DU RAPPORT COMETA 11 juin, 2009

Posté par skystars dans : Exo-contacts , trackback

Résultat d’images pour cometa report

En 1999, est rendu public le rapport « les OVNIS et la défense : A quoi doit-on se préparer ? » Ce document se présente comme une étude approfondie du phénomène OVNI, notamment, en ses aspects pouvant relever de la Défense Nationale.

A l’époque, le document surprend. L’existence de l’hypothèse extraterrestre est enfin reconnue ! Un journal s’empare du sujet.
Longtemps discrédités ou relégués, les ufologues applaudissent. Généralement tétanisés par l’impossibilité de s’exprimer à ce sujet, la parole de certains scientifiques se libère. Toutefois, l’emballementmédiatique n’est pas la hauteur des conclusions du rapport. Bientôt, la piste ovni reprend sa place sous la chape de plomb du confinement, de la confidentialité et de la caricature.

Cinq ans après, que reste-il du rapport ?

Ses recommandations ont-elles été suivies d’effet ?

Etait-il seulement utile ?

De fil en aiguille, une double question se pose, existe-il en France une réelle volonté de procéder à un état des lieux méthodique et exhaustif
sur une supposée présence exogène dans l’espace aérien national ?

Accorde-t-on au sujet l’importance qu’il mérite ?

****La difficulté du genre* *

Rédiger un rapport sur « les ovnis et la défense nationale » est une gageure. Selon le maître d’oeuvre du projet, le général Letty, seuls ont été étudiés les cas sérieux irréductibles à toute explication logique. Toutefois, le bien fondé du commentaire relève du parti pris. Au nom de quels critères peut-on considérer un cas comme sérieux ?

De surcroît, comment affirmer que les engins extraterrestres puissent être perceptibles à la connaissance des hommes, à leur entendement ?

Comment définir avec une implacable certitude ne serait-ce que les contours d’un ovni ? Posées en arc de cercle, ces interrogations ne diminuent en rien le sérieux et la compétence des rédacteurs du rapport.
Compte tenu du glacis régnant sur la question, un fait est acquis, ces hommes ont fait preuve d’un immense courage. Malgré le diktat du silence, ils se sont aventurés outre monde, abolissant d’un revers de main, le rideau de fer entravant tout examen rationnel du phénomène extraterrestre. Si le rapport demeure fragmentaire et nécessairement approximatif, il constitue cependant l’indispensable préalable, en la forme d’un relevé d’indices, à l’émergence d’un soupçon.

*Pourquoi un rapport officiel ? *

Au nombre des innombrables textes sur les formes de vie ou d’intelligence extraterrestre, les rapports officiels demeurent l’exception. Sur une question aussi sulfureuse, les pouvoirs publics maintiennent traditionnellement communique peu. A tous égards, la prudence est de mise, l’information présentée au conditionnel est distillée au compte goutte. De surcroît, les recommandations s’étirent en vœux pieux. Les motivations présidant à leur rédaction sont variables : faire le point sur la situation, couper court à la rumeur. Plus rarement, établir des parallèles et des convergences avec d’autres phénomènes paranormaux. Aux Etats-Unis les rapports officiels relèvent parfois d’opérations dites de Debunking* qui consiste à opposer tout argumentaire utile afin de rendre inopérants les témoignages sur les Ovnis ou autres extraterrestres. En France, le rapport COMETA, publié en 1999, est d’une toute autre ossature.

*I. La faiblesse constitutive du rapport COMETA *

Depuis 1976, date de la publication d’un premier rapport édité par l’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale (IHEDN), un nouvel état des lieux méritait d’être entrepris. Outre les nouveaux cas rapportés, le déballage médiatique autour de l’affaire Roswell comme l’activisme de certaines personnalités imposait une mise au point, du moins, l’élaboration d’un point de vue peu ou prou officiel.

En 1999, le général Norlain, ancien directeur de l’IHEDN, confie au général Letty le soin de rédiger un document sur « les ovnis et la$ défense nationale. » Une commission est constituée dans le cadre de l’association COMETA (Comité d’études approfondies), créée et animée par le général Letty.

*Une garantie de sérieux ? *

Dans l’absolu, la Commission présente les meilleures garanties. L’Institut des Hautes Études de la Défense Nationale est reconnu pour la qualité de ses travaux. De surcroît, les personnalités invitées à participer aux travaux de la commission font toute autorité dans leur domaine.

Toutefois, sur sujet délicat, nullement réductible à des schémas pré-établis, des questions se posent : la constitution de la commission était-elle indiscutable ? La méthode poursuivie était-elle rigoureuse ?

*Sur la constitution de la commission *

Tous les membres de la commission sont issus des corps de l’Etat. Rien d’anormal à cette situation puisque la défense nationale participe de ses missions régaliennes.

Toutes les institutions publiques ou parapublics, parties prenantes à l’enjeu, y trouvaient naturellement leur place : le CNES, l’IHEDN, le CNRS.

De fait, la Commission rassemble des militaires de haut rang, des ingénieurs de l’armement et des directeurs de recherche, l’ancien Président du CNES et des personnalités qualifiées membres de l’Institut des hautes Études de la Défense nationale. (cf. la liste en annexe I).

Pour la plupart, ils ont exercé, au cours de leur carrière, des responsabilités importantes. Toutefois l’on pouvait regretter l’absence d’ufologues et de responsables d’associations travaillant sur l’hypothèse extraterrestre.*** *

*Commentaire* : En se cantonnant à un recrutement confiné (le réseau scientifico-militaire) comment la Commission pouvait-elle réellement construire son opinion ?

*1) N’ont pas été également conviés des scientifiques de renom connus pour leur réflexion sur « l’hypothèse extraterrestre. *» Cette précaution est traditionnelle. Peu de crédit est accordé aux rares scientifiques qui se hasardent à envisager d’autres formes de vie dans l’univers.

Commentaire : Leur exclusion a fragilisé « d’entrée de jeu » la diversité des opinions et par là, la force « opérante » de la Commission.

*2) N’ont pas été invités aux travaux des psychologues ou sociologues qui dont l’approche aurait pu démêler un sujet à l’articulation extrêmement complexe*. Leur présence aurait permis de mieux déchiffrer la personnalité des témoins en la mettant en rapport avec leur « incroyable » déposition. Non qu’il s’agisse de contester leurs révélations ou de les éprouver mais de comprendre.

Commentaire : Cette mise à l’écart est à l’origine de papiers acerbes comme, par exemple, à l’époque celui du sociologue Pierre Lagrange dans les colonnes de Libération. N’eut-il pas mieux valu rassembler toutes les énergies possibles ? De fait, l’absence d’une analyse approfondie sur le profil des témoins a amoindri la solidité du rapport.

*3) Aucun membre de la commission n’occupait de poste de responsabilité lors del’élaboration du rapport. *

*Commentaire* : Aucun n’était donc en mesure d’exercer une réelle influence quant à la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport.

*Sur la méthode poursuivie *

*1) La Commission n’a pas été « installée » par un arrêté ministériel. Malgré la qualité de ses membres, ses activités se situaient donc dans un cadre informel. *

Commentaire : la Commission disposait-elle des moyens nécessaires pour entreprendre toutes recherches utiles ? Avait-elle la capacité delégitimer postérieurement son action en veillant à l’accomplissement de ses recommandations ? Rien n’est moins sûr !…

2) Le Comité n’a pas procédé à une phase « d’entretiens in vivo » comme cela se pratique dans le cadre des activités des Commissions ordinairement installées par l’Etat. Elle s’est contentée de l’examen de faits dont beaucoup étaient déjà connus. Si l’audition de témoins pouvait s’avérer être une tache laborieuse, n’aurait-il pas utile de leur accorder tout de même une plus grande importance ?

*Commentaire* : Ce manque joue contre le rapport dont la base sédimentaire est fragmentaire. Lors de la publication du rapport, certains ont appelé de leurs voeux une lecture publique à l’Assemblée Nationale.

*Commentaire* : Leur enthousiasme a rapidement été déçu. La classe politique a purement et simplement ignoré le sujet. Comme tous les rapports intéressant la Défense Nationale, le document a été transmis au Chef de l’État et au Premier Ministre. Sans lever un voile sur un secret d’Etat, il est fort peu probable qu’ils en aient fait lecture. Tout au plus, le document a-t-il peut-être été parcouru par les responsables des cellules militaires auprès de l’Elysée et Matignon ? Selon un usage établi, une note sous couvert du Directeur de Cabinet a sans doute été rédigée. L’on n’en saura toutefois rien, ces documents ne sont pas connus du public, du moins, tant qu’ils relèvent de l’archivage public.

*Commentaire général **L’objet de la Commission COMETA était donc paradoxal : *

*Comment lever le voile sur un phénomène inexpliqué sans se donner vraiment les moyens pour y arriver ? *

*Peut-être était-ce là le souhait de certains ? *

*Le projet manquait-il d’ambition ? *

*Comme le proclamait naguère Foucault, le sujet a été la pâle victime du syndrome de la « parole autorisée », cette manière de ne parler qu’à mi voix et ce, dans l’intérêt bien compris… de l’institution comme de ses secrets. *

*II. Un rapport courageux mais sans suite *

Fort de 70 pages, le rapport se décompose en 3 parties : « faits et témoignages » (cf. en annexe II, la liste), « le point sur les connaissances », « les OVNI et la Défense ». Le rapport entreprend une réflexion argumentée sur les conséquences stratégiques et politiques qu’entraînerait l’éventuelle confirmation de l’hypothèse extraterrestre.

Le but proclamé est « de servir la nation, peut-être, l’humanité. »
Commentaire : Ce propos en la forme de slogan est une curiosité. A le prendre à la lettre, il dévoile une profonde inquiétude. Aucune menace caractérisée n’étant connue alors, pourquoi ce préambule alarmiste ?

Après avoir décanté les témoignages, le dossier COMETA évoque les recherches, menées en France (par exemple, au CNES) et dans d’autres pays, en particulier, aux États-Unis, qui démontrent la réalité « physique » quasi certaine d’objets volants totalement inconnus, aux performances de vol et au silence remarquable. Selon le rapport, ces derniers seraient apparemment mus par des intelligences extérieures.

*Commentaire *: Rompant avec les précautions d’usage, l’hypothèse extraterrestre est donc « ouverte. »

*Les conclusions du rapport COMETA sont surprenantes. *

1) Machines volantes aux performances stupéfiantes, les Ovnis existent

*Commentaire *: Certes, oui ! Mais il se garder d’un enthousiasme que peu de personnes partagent.

2) Plusieurs secrets ont été percés : mode de propulsion intra atmosphérique, systèmes pour paralyser à distance les témoins, pour stopper à distance les moteurs d’automobile.

*Commentaire* : Ces considérations sont intéressantes mais insuffisantes. Il eut été souhaitable de passer au crible toutes les anomalies scientifiques par un Comité Scientifique impartial. Il aurait été opportun de réaliser des expériences in vivo afin de lever certaines certitudes.

3) Les Américains détiendraient des preuves de leur existence en la forme, entre autres, d’épaves, de corps, etc. Fort des renseignements acquis, ils auraient mis en œuvre des technologies révolutionnaires.

*Commentaire* : cette observation n’est pas nouvelle. De longue date, la rumeur s’en faisait écho. Toutefois, l’écrire en toutes lettres était une décision courageuse.

4) S’affranchissant de toute précaution, le propos le plus renversant du rapport repose sur ce paragraphe : « Ne serait-il pas logique de penser que ces civilisations extraterrestres auraient établi des stations, voire des colonies, dans la ceinture des astéroïdes et pourquoi pas des relais sur la Lune ? (…) Pour l’instant ils ne paraissent pas s’immiscer dans nos affaires, mais il convient de se demander ce qu’ils recherchent effectivement. Veulent-ils envahir la Terre ? La préserver d’une autodestruction nucléaire ? Connaître et conserver le patrimoine que nos civilisations ont créé au cours des siècles ? »

*Commentaire* : Dans le document, il n’existe aucun élément qui puisse accréditer cette réflexion. Les membres de la Commission ont-ils joué à
se faire peur ou avaient-ils connaissance d’autres éléments nullement versés au dossier ?

*Quelles sont les recommandations du rapport ? *

Au regard de ses « incroyables » conclusions, les recommandations sont, d’une ostensible pâleur.

1) Un travail d’information et de formation doit être effectué, en direction de tous les services publics potentiellement concernés par le problème OVNI, de même auprès des pilotes civils et militaires.

Commentaire : aucune circulaire n’ayant été édictée à ce sujet, cette recommandation demeure lettre morte.

2) Le sujet doit sortir de son « isolement » et faire l’objet d’études sérieuses. Commentaire : le sujet est toujours irrémédiablement confiné, le plus souvent caricaturé. A ce jour, aucune étude complémentaire n’a été menée.

3) Le rapport dénonce l’attitude négative et passive des scientifiques. Egalement, la désinformation pratiquée et les campagnes de dénigrement menées par la presse sont condamnées. Le rapport souhaite qu’un effort particulier soit destiné à la formation des journalistes afin que les médias puissent « aider à la pédagogie des foules. »

*Commentaire* : la recommandation est maladroite. A quoi bon diaboliser les scientifiques ? A quoi bon instrumentaliser la presse ? Il est tout à fait normal que la presse  garde ses distances. L’affaire Roswell comme d’autres affaires sulfureuses sont passées par là.

Scepticisme et prudence sont de mise. Si d’aventure, le projet avait été de sensibiliser en profondeur la presse, il aurait fallu que le message soit porté par une autorité politique « visible » comme, par exemple, le chef de l’Etat. Malheureusement, le relais médiatique retenu a été un journal connu pour ses manchettes pour le moins alléchantes. Cette méthode n’a pas été du goût d’autres journaux comme le suggéraient des brèves pour le moins ironiques (L’Express et Charlie Hebdo).

In fine, comment intéresser la presse alors que celle-ci n’a pas accès aux sources d’information, notamment, la consultation des rapports de gendarmerie ? Les restrictions posées par loi française – la non divulgation des documents pendant une durée de 60 ans – constituent un frein majeur à la diffusion de l’information.

2) Les Américains détiendraient des preuves absolues (carcasses, épaves, corps, etc.). En raison des technologies parvenues à leur connaissance, les rédacteurs expriment leur inquiétude de voir la supériorité militaire et politique américaine devenir écrasante.

*Commentaire* : La remarque est courageuse ! En ouvrant la boite de pandore, les rédacteurs prenaient de sérieux risques. Cette démarche pouvait être pertinente si la Commission avait un poids politique, ce qui n’était pas le cas.

Le propos était alors périlleux. Aborder frontalement cette question conduisait implicitement à enterrer du dossier. Depuis la fin des années quarante, les Etats-Unis mènent une politique très active de désinformation. Ce pays a-t-il noué des contacts avec des extraterrestres ?

Pourquoi les Etats-Unis ne font-ils pas état de leurs connaissances ou de leurs doutes à leurs alliés dans le cadre du Traité de l’Atlantique Nord (l’OTAN) ? Pourquoi ne pas réclamer un partage de l’information ?
Faute de donner au sujet l’importance qu’il mérite, les pays de l’union européenne choisissent la voie du silence, d’une certaine manière, l’ignorance.

3) La Commission recommande le renforcement des moyens mis à la disposition du service créé au sein du CNES en 1977, initialement le GEPAN (Groupe d’Études des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés), devenu plus tard le SEPRA (Service d’Expertise des Phénomènes de Rentrée Atmosphériques). De surcroît, il souhaite qu’un lien soit établi entre ce service et les plus hautes instances de l’État.

*Commentaire *: Dans le bleu budgétaire 2005 (budget de l’état), la ligne attribuée au Serpa s’apparente à une goutte d’eau ! Cet organisme aux moyens microscopiques peut-il véritablement se mettre en ordre de bataille sur un dossier aussi complexe ? La collecte des renseignements et les enquêtes sur le terrain, menées en collaboration, notamment, avec la Gendarmerie et l’Armée de l’Air demandent beaucoup de temps et donc de moyens conséquents. Sans parler des recoupements à faire, des expériences in vivo à envisager, il est à craindre que le SERPA n’ait pas les moyens de son action.

*Conclusion *

Au final, le rapport COMETA n’a reçu qu’un très faible écho. Désormais aux oubliettes, ses recommandations n’ont pas été suivies d’effet. A notre sens, la rédaction d’un nouveau rapport serait le bienvenu. A cet égard, il serait judicieux d’élaborer un cahier des charges précis, préalable à l’installation d’une commission élargie cette fois à toutes compétences utiles. Qui plus est, les autorités politiques doivent être pleinement associées à la démarche et ce, à tous les stades de la réflexion comme au plus haut niveau.

François de la Chevalerie

source : http://extraterrestre.eu/2009/05/13/rapport-cometa/

Commentaires»

pas encore de commentaires

Laisser un commentaire

tsnouak |
la terre ça chauffe |
Historia |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | nouvelle vision
| CEVENNES ET CAUSSES
| marjo