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LE PROFESSEUR REMY CHAUVIN NOUS A QUITTE 15 décembre, 2009

Posté par skystars dans : Exo-contacts , trackback

remychauvincourte.jpgLe savant Rémy Chauvin s’est éteint le 8 dé­cembre 2009 à l’âge de 96 ans.

Biologiste et entomologiste, professeur honoraire émérite à la Sorbonne, docteur ès sciences, maître de recherches depuis 1946, il défendait les droits des animaux et s’intéressait au paranormal, à la vie après la mort, à l’ufologie…  Il a été auteur d’une quarantaine d’ouvrages consacrés essentiellement à l’éthologie animale (science du comportement) mais aussi sur le paranormal et de plus de deux cents publications parues dans des journaux scientifiques spécialisés. Il était l’ami d’Aimé Michel, le collaborateur de France Catholique. Ils avaient tous les deux collaboré à la revue Planète de Jacques Bergier et Louis Pauwels. Il a été un des premiers membres du conseil de la SSE (Society for Scientific Exploration – http://www.scientificexploration.org/). Il est resté longtemps aux côtés de l’Institut Métapsychique International (IMI) et membre de son comité d’honneur (http://www.metapsychique.org/Remy-Chauvin.html) , également le premier français à recevoir l’Oustanding Career Award de la Parapsychological Association en 2002.

Ses travaux sur les insectes et les oiseaux  font autorité. Auteur de plus d’une cinquantaine d’ouvrages – consacrés essentiellement à l’éthologie animale (science du comportement) – et de plus de deux cent cinquante publications parues dans des journaux scientifiques spécialisés, tels les revues Insectes ou Abeilles et Fleurs (mais aussi dans « Question de » de Louis Pauwels, entre 1974 et 1977), il a été également membre du conseil de rédaction bruxellois de la Revue internationale Pierre Teilhard de Chardin en 1960, membre  du conseil scientifique de l’Université interdisciplinaire de Paris (UIP), depuis 1995, et membre d’honneur de l’association Plasticités Sciences Arts.

En septembre 1977 il est co-fondateur de la « Ligue française des droits de l’animal ». Il a aussi été conseiller scientifique de la fondation Marcel et Monique Odier de psycho-physique à Genève, depuis 1992 (autres membres: Louis Pauwels et Gabriel Véraldi). En 2002, il a parrainé l’association de consommateurs « Terre d’Abeilles », avec le professeur Jean-Marie Pelt.

Scientifique de réputation internationale, Rémy Chauvin s’est toujours insurgé contre une insidieuse dictature interdisant aux scientifiques français de s’intéresser à des sujets tabous. Anticonformiste, en rupture avec une conception étriquée de la science, Rémy Chauvin dénoncait l’attitude sectaire de certains groupes prétendument sceptiques, dont l’attitude inquisitoriale muselle les esprits et empêche tout progrès dans les sciences d’avant-garde (cf. « Le retour des magiciens »Ed. JMG- ISBN 2-912507-80-4 – novembre 2002.)

Son ouverture depuis plusieurs décennies à la parapsychologie et l’ Ufologie lui a attiré les critiques des sceptiques. Dans son ouvrage « A l’écoute de l’au-delà », il prend position en faveur de la Trans-Communication Instrumentale (TCI) ( Recherche de communication avec les morts au moyen de la technologie moderne ). Il lui est reproché de faire appel à la notion d’égrégore (notion ésotérique) pour expliquer le phénomène ovni tout en  défendant une position qui relève de l’hypothèse extraterrestre au second degré.

Les sceptiques lui ont reproché une proximité d’esprit avec la revue Planète  et l’ouvrage Le Matin des Magiciens de Jacques Bergier et Louis Pauwels.

Son point de vue sur la théorie de l’évolution

Le néodarwinisme est un ensemble de tautologies (par exemple la sélection naturelle prédit la survivance du plus apte. Or quel est le plus apte ? Celui qui survit !).
La vie se caractérise par une immense adaptabilité à des variations très étendues de milieux.
L’étroitesse de l’adaptation, c’est la mort (ex : le panda, ne se nourrissant que de bambous, est condamné à mort à plus ou moins long terme).
A côté d’un dispositif compliqué, on peut souvent en trouver un plus simple à proximité qui fonctionne apparemment aussi bien.
L’Evolution s’intéresse au but et non aux moyens qui peuvent être très différents (ex : l’aile et le vol).
Le milieu n’est sélectif que dans un très petit nombre de cas.
L’Evolution est dirigée. C’est un programme interne qui se déroule et qui ne revient pas en arrière. Le but visé semble être le plus haut psychisme possible.

Nous l’avions rencontré dans sa propriété du centre de la France il y a plus de 20 ans. Nous étions en admiration devant son ouverture d’esprit, son courage intellectuel , son éclectisme et sa simplicité. Il était pour nous une « référence » et nous étions toujours intéressés à le consulter pour connaître son point de vue sur tel ou tel sujet.

INTRODUCTION A CERTAINES CHOSES QUE JE NE M’EXPLIQUE PAS(par Rémy Chauvin)

Le fantastique connaît actuellement une vogue extraordinaire. Tous les éditeurs se croient tenus d’avoir leur propre collection consacrée à toutes les branches du bizarre, de l’étrange et du fantastique. Et ces collections ont un grand caractère commun : leur épouvantable médiocrité, d’autant plus qu’elles se copient les unes les autres. Ce ne sont qu’extra-terrestres plus ou moins douteux, révélations extraordinaires qu’on vous promet sans jamais vous les donner, invocations à tout propos et hors de propos à la parapsychologie. Bref, l’encéphale du public se trouve soumis à un lavage des plus énergiques avec un liquide d’une propreté douteuse.
C’est dommage. Cela me tourmente passablement; surtout parce que la jeunesse constitue une clientèle assidue pour toutes les branches du fantastique, ce qui doit vouloir dire qu’il lui manque quelque chose d’important dans notre civilisation. Mais que faire?


Deux attitudes sont possibles

A mon avis, deux attitudes sont possibles : ou bien lutter à l’aveugle, comme l’Union rationaliste, en prétendant que tout est faux, qu’il n’y a rien de rien dans tout cela et qu’il faut s’en tenir en tout et pour tout à la science (mais c’est de la science du XIXe siècle qu’il s’agit). C’est une attitude inefficace: ces négations forcenées, ce refus de voir parfois l’évidence enlèvent à leurs auteurs toute crédibilité. Tout le monde sait qu’ils sont «obligatoirement contre» et seuls les écoutent ceux qui sont déjà convaincus d’avance. On ne peut guérir la folie par une cure de fanatisme.
La deuxième attitude est plus raisonnable.
N’est-il pas préférable, en effet, d’instruire et d’éduquer le public plutôt que de contredire d’une manière si radicale qu’elle en devient complètement inopérante? Pourquoi ne pas tenter une étude objective des phénomènes vrais ou supposés, essayer de trier le vrai du faux et raisonner le bon peuple à partir de cela, mais seulement après étude préalable et non pas avant?


Un exemple…

Prenons l’exemple des vitamines. Après la guerre de 1940 et dans les années difficiles qui ont suivi la Libération, beaucoup de personnes étaient ou s’imaginaient carencées en vitamines; en réalité, ils l’étaient bien plutôt en protides, glucides et lipides, car dans le régime moyen de l’Occidental les vitamines ne font guère défaut. Mais toujours est-il qu’ils le croyaient et que d’astucieux charlatans en profitèrent. J’ai tenu entre mes mains une préparation pharmaceutique qui contenait, dans toute la boîte, une dose de vitamines diverses correspondant à peu de chose près à ce que l’Occidental absorbe en une journée avec sa nourriture ! Et on recommandait de n’en prendre qu’une cuillère à café après les repas! Tous ces abus n’empêchent pas que les vitamines sont des substances physiologiquement intéressantes et les physiologistes ne rougissent nullement de les étudier. Que diriez-vous si de quelconques rationalistes avaient pris bruyamment parti contre les vitamines sous prétexte qu’en parler est malsain, trompe le public et l’emmène ainsi dans des voies contraires à la science? Cependant c’est ce qu’ils font non pas à propos des vitamines – ils ne sont pas fous à ce point-là! – mais à propos de mille autres questions tout aussi importantes.


Les rationalistes

Ah! Ces braves rationalistes! J’en ai lourd sur le cœur à leur propos et, de par tous les diables, il faut que je me libère!
Je les connais bien. J’ai même pris la parole dans leur antre et ils ne m’ont pas dévoré. Parce qu’ils ne sont pas méchants. Ce sont même de fort honnêtes gens. Mais j’ai toujours été l’ennemi du fanatisme, de la bigoterie et de la superstition, et ces trois maux les affligent au suprême degré. Et je vous jure qu’ils prostituent la déesse Raison dans de curieuses circonstances, et souvent.
Il faut savoir qu’ils se sont forgé une sorte de religion extrêmement tyrannique et se sont investis eux-mêmes de la mission de protéger le public contre le Mal, de le guider dans la voie du Bien, et par la force si c’est nécessaire. Oui, mais, qu’est-ce que le Mal? Pour eux, il réside dans toute une série de problèmes interdits et dont la liste s’allonge tous les jours.
Passons sur le problème de Dieu: il est entendu depuis au moins deux siècles qu’il n’existe pas. Nous voilà soulagés. Mais il reste bien des mauvaises herbes dans le champ du père de famille rationaliste. Par exemple, les planètes. Il ne faut pas parler des planètes; qui parle de planètes est soupçonné d’être astrologue, surtout s’il insinue qu’elles peuvent avoir une influence quelconque sur quoi que ce soit. Mais, me direz-vous, la Lune et les marées? Sans doute, un rationaliste admettra d’assez mauvaise grâce que la Lune n’est peut-être pas tout à fait inutile pour expliquer les marées. Mais tenez-vous-en là; il serait malsain de vous demander si, parce qu’elle agite la mer, elle ne pourrait pas non plus agiter les pattes d’une mouche (Brown a cru distinguer une certaine influence des phases de la Lune sur le comportement de divers insectes): mais ceci constitue une influence des astres sur le plan biologique, et donc de l’astrologie! Je ne plaisante aucunement; moi qui suis du métier, je vous jure bien que si un jeune s’avisait de faire une thèse sur l’influence de la Lune sur les végétaux et les animaux il aurait tout le monde contre lui, et il faudrait que le travail soit diablement bon pour être admis; et, même dans cette hypothèse, je ne suis pas sûr que la thèse passerait.
Donc, les influences planétaires sont exclues. Reste le Soleil. Ce n’est pas une planète, mais il a tout de même un passé chargé du côté astrologique. Il n’est pas dépourvu de toute influence sur la Terre ; on ne peut pas le nier, il est trop gros. Mais, s’il vous plaît, pas de recherches malsaines sur l’influence du Soleil en biologie! Les taches solaires et leurs variations? Oui, peut-être; enfin il est admis qu’elles «font quelque chose» à la terre. Mais des travaux là-dessus ne sont que modérément recommandés. Il y a tant de belles choses à faire, disent les rationalistes; pourquoi vous exciter justement là-dessus? N’auriez-vous pas par hasard des tendances mystiques refoulées et, pour tout dire, astrologiques, embusquées dans votre subconscient?


La vie ailleurs que sur la Terre

A part l’influence des planètes, on peut lever un autre lièvre, horrible, quant à l’existence possible de la vie ailleurs que sur la Terre. Et comme cela paraît difficile à supposer sur les étoiles, il faut bien que ce soit sur les – excusez l’obscénité du terme, j’hésite à l’écrire – sur les planètes. Alors, là, vous déclenchez des accès de rage véritables chez une foule de collègues qui, à part leurs obsessions rationalistes, sont tout à fait gentils et normaux. Je me souviens d’une scène incroyable dans le bureau d’Ostoya, l’ancien directeur de «la Nature». Il me suppliait, à propos d’un article que je devais écrire, de convenir du moins avec lui qu’il ne pouvait y avoir de vie sur Mars, non seulement des animaux supérieurs mais même pas des inférieurs! Je me défendais comme un diable en réclamant le droit de ne pas savoir, et donc ne rien dire ni pour ni contre! Cela a duré près d’une heure; et, après plus de dix ans, je m’en souviens encore sans parvenir à y croire.
Avez-vous noté le ton triomphal avec lequel les rationalistes ont accueilli les premiers matériaux lunaires parvenus sur la Terre, en déclarant que maintenant on était bien sûr qu’il n’y avait pas de vie sur la Lune : Or, j’admet bien volontiers que si on trouvait quelque chose de vivant à la surface de la Lune, cela serait bien surprenant ; si l’on y trouvait des fossiles, ça m’étonnerait déjà moins. Mais convenez à votre tour que nous avons à peine égratigné une infime partie du sol lunaire et qu’il ne faut pas parler trop vite. Croyez-vous qu’un Martien qui atterrirait au milieu du Tanezrouft ou dans le désert de Perse y trouverait la vie en abondance? Enfin, passons pour la Lune. Je crois que la vie, dans l’hypothèse improbable où elle existerait, n’y abonde pas! Mais il y a Mars.


Mars

La planète Mars! Le nom à ne jamais prononcer. Qui dit Mars dit Martiens et qui dit Martiens dit soucoupe volante, et pourquoi pas serpent de mer? Le scandale des scandales. Vous souvenez-vous? Quand la première sonde spatiale américaine a pris quelques photos – assez minables – à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de la planète rouge, on y a vu des cratères; et j’ai lu des articles qui, avec une joie visible, annonçaient que la surface de Mars ressemblait à celle de la Lune et qu’on devait donc renoncer à tout espoir d’y trouver la vie! Je vous demande un peu! Est-ce que ces photos autorisaient la moindre conclusion? Dans un sens ou dans l’autre? Et puis il y eut les expéditions suivantes, où les photos étaient bien meilleures et prises de bien plus près. Et l’on a dû convenir que Mars ne ressemblait à rien d’autre qu’à Mars… Que des ravinements tortueux évoquaient la présence d’eau, au moins dans le passé (je n’ai pas dit «dans le présent»; je proteste de la pureté de mes intentions: je n’ai pas écrit une abomination pareille). Et l’on a commencé à me dire que peut-être l’existence de quelque sorte de vie rudimentaire ne devait pas être farouchement exclue. Quelle défaite pour le rationalisme!


rationalisme…

Mais enfin, me direz-vous, tout cela est idiot et vous raisonnez comme une pantoufle. Qu’est-ce que cela a à voir avec le rationalisme?
Rien du tout, il est vrai, mais ce n’est pas moi qui raisonne-je devrais dire qui «sens» – comme cela. Pour le rationalisme, le vrai, un fait est un fait, on s’incline devant; il n’y a pas de dogmes et de tabous dans les sciences. C’est ce qui fait la grandeur de cette école philosophique.
Mais pour le rationalisme, le petit, avec un r minuscule, celui de l’Union du même nom, l’univers fourmille de dogmes et de tabous, comme les puces dans la fourrure d’un vieux chien. Voilà leur «raisonnement», si j’ose appeler ainsi une pareille bouillie: s’il existe de la vie ailleurs que sur la Terre, il est impensable qu’elle n’ait pas évolué (bien sûr). Et donc qu’elle ait donné naissance à l’intelligence. Et donc qu’il puisse exister des civilisations. Et donc que certaines soient plus avancées que nous. Beaucoup plus. Monstrueusement plus.
Impossible d’échapper à ce carcan logique. Mais alors la raison humaine n’est pas tout. Il peut y avoir plus et mieux. Et peut-être même que Dieu existe, ou, pis encore, les soucoupes volantes?
J’y vais trop fort? D’accord. Mais je vous jure que cette plaisanterie d’un goût assez douteux n’est pas tellement éloignée, je ne dis pas de la «pensée», mais des réflexes de beaucoup de ces braves gens.
Ils m’agacent, mais je conviens qu’à la racine de leur attitude il y a des motifs non méprisables. On leur a conté l’histoire de la Raison que les vieux Grecs ont adorée sous la forme d’une déesse aux beaux yeux verts; et comment, à l’origine, c’était une petite flamme écrasée sous le poids des mythes déments et du monde obscur. Comment, beaucoup plus tard, elle essaya de libérer l’homme des «vaines craintes et du fracas de l’avare Achéron», comme dit Virgile. Elle se heurta à mille obstacles et, notamment, à l’Église, à mon Église, hélas! Qui avait détenu à elle seule pendant tant de siècles la science, la sagesse et la puissance et qui enrageait de les perdre. Sous combien de crimes et de mensonges on essaya d’étouffer la Raison! Et parmi ses cruels persécuteurs, beaucoup étaient de bonne foi, confondaient la superstition avec la grandeur de leur foi et croyaient œuvrer pour le bien de l’homme. Tout cela soulève dans le cœur des rationalistes une indignation généreuse et justifiée. Mais l’histoire de la Raison ne s’arrête pas là. La déesse aux dons inépuisables a poursuivi son chemin; de plus en plus vite. Elle a créé une Science rigoureuse, claire et précise, telle que tous les secrets de l’univers nous paraissaient à notre portée, prêts à s’inclure dans une formule unique. Et cela, beaucoup d’hommes de science du XIXe siècle l’ont cru ardemment et totalement. Elle est même devenue un tantinet persécutrice pour ceux qui l’avaient combattue naguère.
Et puis cette claire image d’elle-même, la Science l’a démolie; l’Univers, dont on ne sait pas s’il est fini ou infini, s’il a commencé ou non, est mille fois plus grand et plus étrange que nous ne le croyions. L’astronome y découvre tous les jours des objets extravagants, comme les quasars. Le physicien rêveur est aux prises avec des particules qui bondissent de toutes parts dans ses instruments monstrueux; et il ne sait plus les intégrer dans un système cohérent. D’autant plus que le concept même d’une Science indépendante de l’observateur s’effrite devant la mécanique quantique.
Qu’est-ce que cela prouve? Je ne sais pas. Je ne sais plus… Sauf qu’il ne faut rien affirmer trop vite comme nous le faisions il y a cent ans. Que le destin humain est de plus en plus mystérieux. Mais qu’il faut garder la foi dans la Science qui nous a menés si loin ; l’honnêteté nous y oblige, et cette éthique des sciences dont a parlé Jacques Monod, sauf qu’elle est bien plus ouverte et bien plus angoissée encore qu’il ne l’imagine. Encore une fois, la Science n’a pas peur des faits, elle ne connaît ni tabous ni dogmes. C’est son devoir. La Raison est bien plus grande que nos petites raisons; et elle sait admettre un fait, même s’il paraît inconcevable pour la Science d’aujourd’hui.
Ce livre aurait dû être rédigé par un ensemble de spécialistes et non par un homme seul. Nul n’est à la fois physicien, paléontologiste, géologue et astronome. Donc il est bien probable que, dans le détail, j’ai dû commettre plus d’une bévue, et il va m’en cuire. On s’appuiera sur des défauts, que je crois mineurs, pour contester l’ensemble de mes thèses. Je le sais mais, ces spécialistes, il faudrait d’abord les trouver! Cent jeunes chercheurs auraient pu rédiger ces chapitres; mais on sait bien ce qu’ils risquent. La sainte Inquisition, ni plus ni moins ! Oh ! On ne leur dira rien ; mais de bouche à oreille passera le renseignement, suivant lequel un tel n’est pas sérieux car il écrit sur l’astrologie et les soucoupes volantes; et les crédits de recherche se tariront, l’avancement marquera le pas. Hélas, une seule chose amuse vraiment les hommes: empêcher leurs congénères de penser ce qu’ils veulent. On ne les brûle plus, d’accord; mais on peut très bien les empêcher de vivre ou de travailler. Cela se fait tous les jours.
Mon souhait le plus sincère est de pouvoir convaincre, non pas d’une thèse ou de son contraire, mais seulement qu’il y a problème; des problèmes que, dans une foule de cas, on a peureusement escamotés et qu’il faut maintenant regarder en face, comme des hommes, comme des scientifiques, comme des rationalistes, des vrais…

HYPOTHESES SUR LES OVNIS 

Les hypothèses qui essaient de rendre compte des Ovnis sont évidemment multiples et violemment opposées. L’astrophysicien Pierre Guérin qui a beaucoup étudié le phénomène, les a bien résumées. Laissons de côté les personnes dont la névrose consiste à affirmer que le témoignage humain n’a aucune valeur quand il porte sur des phénomènes qui les ennuient. Mais la première hypothèse a été celle des extraterrestres venant nous visiter dans leurs merveilleuses machines. On ne peut écarter une telle idée mais il faut l’assortir de plusieurs considérations. D’abord il existe dans notre galaxie nombre d’étoiles bien plus vieilles que notre Soleil quoique d’une composition analogue. Comme il n’y a aucune raison pour qu’elle n’aient point leur cortège de planètes et comme la vie, dans un certain pourcentage de cas, n’a pu manquer de s’y développer, nous sommes amenés à une conclusion surprenante : les civilisations beaucoup plus vieilles que la nôtre ont forcément développé le voyage interplanétaire ou même interstellaire…..

Pour ces civilisations qui nous ont précédé de plusieurs millions d’années, l’exploration de la galaxie doit être chose faite depuis longtemps. Ramasser sur notre planète des échantillons de quoi que ce soit est une tâche devenue certainement sans intérêt pour elles : il y a si longtemps que nous sommes inventoriés, répertoriés, mis sur fiche dans quelque immense bibliothèque centrale ! Donc les motifs de la visite doivent être fort éloignés de ce que nous pouvons imaginer et les moyens de cette visite également. Il est impossible que ces lointains voyageurs n’aient pas trouvé un moyen de tourner (non pas de nier ou de contredire) la barrière d’Einstein qui impose une limite finie, celle de la lumière, à toute vitesse possible. Les méthodes de propulsion des engins ne sauraient donc appartenir à notre physique qui n’a que des vitesses trop lentes à proposer. Il y a la un obstacle fondamental à la compréhensions des Ovnis, obstacle qu’il serait imprudent d’estimer définitif (rien n’est définitif en science) mais qui est pour l’instant impossible à franchir : nous n’allons pas rattraper un million d’années de retard si facilement !

Mais les contradictions et le caractère enfantin des récits des témoins d’atterrissages, le caractère fantasque et en quelque sorte « magique » des déplacements des engins ont fait admettre à un certain nombres de personnes que les Ovnis étaient peut-être l’expression d’une sorte de poltergeist géant à l’échelle de la planète…. Les manifestations parapsychologiques que l’on rencontre chez les médiums et dans les maisons hantées ne sont en effet pas sans rapport avec les Ovnis si l’on n’en considère que le côté paradoxal et absurde. Mais, comme Guérin le fait très justement remarquer, on aperçoit des différences dès que l’on veut examiner de près les deux phénomènes. Les manifestations connues des maisons hantées et des médiums se trouvent certainement sur le plan physique, ce ne sont pas des hallucinations mais ce ne sont pas les mêmes manifestations. Pour ne citer qu’un exemple assez frappant, les ectoplasmes sont généralement des corps qui absorbent l’infrarouge et qui produisent une sensation de froid; il en est de même du « vent glacé » signalé par de nombreux sujets au maximum des manifestations des tables tournantes. Or les Ovnis sont remarquables par les phénomènes calorifiques qui les accompagenent et peuvent amener la combustion des matières organiques au point d’atterrissage. Dans l’immense majorité des cas, les Ovnis ressemblent à des machines; il n’y a rien de pareil dans les manifestations d’ectoplasmes. De plus, les manifestations psychiques spontanées de type poltergeist sont liées dans 100% des cas à des états d’anxiété insupportables pour les sujets qui « se libèrent » dans le poltergeist. Or, des statistiques conduites notamment par Greslou montrent qu’il n’existe aucun rapport entre l’état d’anxiété ou de trouble d’une population et l’apparition d’Ovnis.

Rémy CHAUVIN

sources:

« Certaines choses que je ne m’explique pas », Remy Chauvin, édition Famot

« Voyage outre-terre », Rémy Chauvin, éditions du Rocher

Biographie de Rémy Chauvin : http://planeteattitude.ning.com/forum/topics/remy-chauvin

LIEN :

http://boutique.ina.fr/video/media/entretiens/CPF08008752/verite-de-la-science.fr.html

http://www.ina.fr/media/entretiens/video/CPF08009804/hypothese.fr.html

Commentaires»

  1. Jadis j’avalais son livre “certaines choses que je ne m’explique pas”… J’ignorais que plus tard nous deviendrions amis…

    Bien des années plus tard, lorsque nous déjeunions avec Rémy je parlais sans cesse.
    Il me disait en bon « père » spirituel: »tais-toi et mange »c’est ainsi que me vint l’intuition d’extraterrestres qui auraient été pourvus de 2 (deux) bouches, l’une pour manger et la seconde pour parler…

    Une autre anecdote:nous avions convenu d’écrire un livre à 2 organisé comme une partie d’échecs par correspondancele sujet de départ était librej’étais certain que Rémy était l’auteur masqué du 1er livre de Bernard Werber « les fourmis »… je me trompais… Mais je savais Rémy farceur!

    Nous avons « joué » une vingtaine de coups d’échecs littéraires puis le livre s’est arrêté lorsque Rémy a compris l’analogie qui pouvait réunir la fourmilière et l’hologramme!c’était un « entêté »: quand il avait une question, il fallait qu’il en obtint la réponse!Adieu Rémy, nous t’aimions bien…

    Jean-claude Perez, auteur de CODEX BIOGENESIS Les 13 codes de l’ADN (2009)

    http://www.amazon.fr/Codex-biogenesis-13-codes-ladn/dp/2874340448

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