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LA SCIENCE DEVANT L’INCONNU 23 janvier, 2010

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LA SCIENCE DEVANT L'INCONNU dans Exo-contacts

Entretien avec Fritjof Capra & Christine Hardy

Fritjof Capra — Je crois qu’en ce moment la science, la société, et même la culture occidentale sont en train de passer à travers un temps de changements extraordinaires. Il s’agit du changement de la vision du monde qui a été éla­borée au dix-septième siècle par Descartes, Newton, et avant eux, par Galilée, et qui maintenant, n’est plus valable pour décrire la réalité physique, sociale et écologique dans laquelle nous vivons. Cette vision du monde doit donc être changée.

Ce changement a déjà commencé. D’abord en physique, il y a plus de cinquante ans, lorsque les physiciens se sont vus face à une réalité nouvelle, en explorant la structure atomique et subatomique. Et face à cette nouvelle réalité, les physiciens étaient dans un état de crise, parce qu’ils se heurtaient à ce monde nouveau sans pouvoir l’expliquer. Ils ont essayé de le faire en utilisant les conceptions de la physique classique, qui est la physique newtonienne : cela n’a pas marché, et ils ont mis une dizaine d’années à comprendre qu’il fallait appliquer à cette nouvelle réalité des conceptions tout à fait nouvelles.

Cette crise était donc surtout une crise intellectuelle, mais elle allait bien plus loin, provoquant une crise émotionnelle aussi, et peut-être même une crise existentielle. Mais ils sont allés au-delà pour la résoudre, et le résultat en a été la physique nouvelle : la théorie quantique et la théorie de la relativité, qui leur a apporté des connaissances extraordi­naires de la matière, et aussi de la relation entre la matière et l’esprit humain. Et je crois que maintenant nous nous trouvons, en tant que société, dans une crise similaire.

Il est évident que nous sommes dans un état de crise. Il y a la crise de l’énergie, la crise écologique, celle des armes nucléaires, la crise de santé et des tas de petites crises. Et toutes ces crises ne sont que des manifestations d’une seule crise qui est surtout une crise de perception, parce que, comme ces physiciens, nous essayons d’appliquer des conceptions car­tésiennes qui ne sont plus valables.

En physique, ces concepts ne sont plus valables, parce que le monde des atomes et des particules subatomiques est diffé­rent des objets classiques de la vie de tous les jours.

Dans le cas de la psychologie, de la médecine, de l’économie et des structures sociales, la vision ancienne, cartésienne, n’est plus valable, car nous vivons dans un monde fondamentalement interconnecté, où tout phénomène dépend d’autres phénomènes ; et ce qu’il faut pour traiter un tel monde, c’est une vision éco­logique, celle-là même que la vision cartésienne ne peut nous offrir et c’est pour cela qu’elle est inadéquate.

Christine Hardy — Et cette vision écologique, c’est l’interdépendance de tous les phénomènes ?

F.C. — Oui, c’est cela. Parce que nos structures sociales (ni nous-mêmes d’ailleurs) n’ont pas cette vision. Ces structures se heurtent aux limitations de la vision cartésienne, et je vois les différentes crises comme des symptômes de ces limitations. J’ai en effet écrit un livre là-dessus : The Turning Point (paru en français sous le titre le Temps du changement, éd. du Rocher).

C.H. — Est-ce une analyse appliquée à d’autres champs de recherche ?

F.C. — Oui ; l’idée de base, comme je viens de le dire, est l’analyse précisément appliquée à la biologie, la médecine, la psychologie et l’économie : ces quatre champs.

C.H. — Donc, si on veut analyser les nouveaux concepts de base qui se dégagent dans la science, on voit en premier lieu l’interdépendance de tous les phénomènes.

F.C. — C’est cela. Il y a deux thèmes principaux. Le premier est l’interdépendance fondamentale de tous les phénomènes. Le deuxième est le caractère dynamique de la réalité : parler de processus est plus fondamental que de parler de structure. Cha­que structure est en effet une réflexion d’un processus sous-jacent.

C.H. — La structure serait un état que l’on fixe dans un mouvement ?

F.C. — Oui, mais la structure est aussi une conséquence d’un mouvement. Par exemple, on peut voir la structure d’une feuille sur un arbre comme une conséquence d’un échange d’énergie et de différentes substances qui se propagent de la terre à en haut, et aussi du soleil à la terre ; c’est tout un processus de l’arbre qui consiste en des fluctuations interdépendantes. C’est ce pro­cessus qui détermine les formes des branches et des feuilles, etc., et donc les formes que nous voyons sont les réflexions d’un processus plus fondamental. Ainsi le processus est toujours plus fondamental que la structure.

C.H. — Peut-on faire une relation entre une certaine structure et une fréquence, dans la mesure où le mouvement est plus fondamental ?

F.C. — La fréquence est un terme qui se réfère surtout au mouvement cyclique. Ce sont des fluctuations, des vibrations, des oscillations, c’est une mesure de vibrations, de fluctua­tions, etc., c’est une quantité importante.

En général, quand on étudie tous ces phénomènes, le chan­gement important, c’est de se concentrer sur le processus. Ce n’est pas seulement un mouvement, c’est plus qu’un mouvement, c’est un échange, une création, une destruction de choses. C’est quelque chose de dynamique. Et ce dynamisme détermine en deuxième lieu les formes qui sont moins fondamentales. C’est une conception qui est vraie pour la physique, dans son accep­tion générale, et c’est la théorie des systèmes qui introduit cette notion.

Cette théorie des systèmes a été créée par l’autrichien Ber­talanffy dans les années 40 (Ludwig Von Bertalanffy, General Systems Theory ; New York, Braziller, 1968) et a été développée plus récemment par Prigogine en Belgique (Ilya Prigogine et Isabelle Stengers, La Nouvelle Alliance ; Galli­mard, 1979).

La théorie des systèmes n’est pas une théorie complète, mais une certaine vision, un certain contexte pour étudier les phéno­mènes : le fait de se concentrer sur les interdépendances et sur le contenu dynamique.

Un système dans ce sens-là, cela veut dire un tout qui dérive et prend ses propriétés essentielles des interactions des parties, tandis que la méthode cartésienne était d’étudier les parties élémentaires et d’en déduire le comportement du tout.

Dans la théorie des systèmes, on étudie les interdépendances des parties, et on déduit le principe d’organisation du tout. Et je vois cela comme une extension naturelle de la physique moderne. Voici qu’en physique, on parle maintenant d’interac­tions et d’interdépendance, et du contenu dynamique de la matière.

C.H. — Donc on a vu que le premier concept est l’interdépendance ; le deuxième est…

F.C. — Le dynamisme fondamental de la réalité.

C.H. — Peut-on dégager d’autres concepts ?

F.C. — Peut-être, mais ceux-ci sont les deux concepts fondamentaux de la réalité. Maintenant il s’agit donc, dans toutes les sciences et dans les structures sociales, l’économie et la politique, de faire ce changement essentiel. Et c’est très difficile à faire parce qu’il y a un conditionnement de l’esprit et de la culture qui date d’il y a trois cents ans. Et c’est malaisé d’en changer.

C.H. — Qu’est-ce que cela pourrait donner, par exemple, dans le monde social ?

F.C. — Prenons comme exemple l’économie politique. La faute principale des économistes, aujourd’hui, c’est de prendre l’économie et de la détacher artificiellement de l’environnement, de ne pas voir les activités économiques comme étant impliquées dans l’environnement naturel et social.

Quand les économistes parlent de productivité, ils prennent ce mot dans un sens abstrait. Ils le retirent de l’environnement naturel et social. Ils ne prennent pas en considération les frais sociaux et d’environnement de toute activité économique et comme ces frais sont très élevés…

C.H. — C’est tout ce qu’on gâche ?

F.C. — Oui, tout ce qui est perdu. Par exemple, prenons le cas d’une usine au Texas. Vous y avez une dizaine de managers que vous transplantez en Californie. Dans le modèle économique en cours, cela revient au même, mais dans la réalité, cela cause des problèmes : les enfants doivent changer d’école, le conjoint doit suivre, ou bien se séparer ; tout cela crée des frictions, de l’alcoo­lisme, des maladies, des crimes, toutes sortes de problèmes. Quand on détruit le réseau du social (the social fabric), ce tissu social qui est très subtil, des tas de frais sont cachés et cela provoque l’inflation. Il s’agit donc de trouver une vision écologique. On peut dire que cette conception de la théorie des systèmes, en généralisant, correspond à une vision écologique.

C.H. — Par exemple, la destruction de la nature environnante peut avoir des répercussions sur la vie, le psychisme, etc. Peut-on prendre un autre exemple dans un autre champ ?

F.C. — En médecine, il s’agit de traiter l’individu malade comme un tout, et ne pas séparer l’esprit, le corps et le milieu social.

C.H. — Et même le système de relation de tous les organes…

F.C. — Oui ; en fait, dans ce livre, j’ai commencé par la médecine, car c’est là où l’on voit cette différence de conception le plus clairement. Ensuite, je me suis aperçu qu’on ne peut pas parler uniquement de médecine. Il faut parler de psychologie et placer aussi l’individu dans le contexte social. Puis parler alors de sociologie, de la famille, du couple, de la communauté, etc.

C.H. — On rejoint donc la médecine énergétique tradition­nelle orientale ?

F.C. — Oui, tout à fait.

C.H. — Donc, ces nouveaux concepts introduisent aussi un rapprochement des différentes sciences ?

F.C. — Oui. Cela les rapproche parce que le cadre de la théorie des systèmes est un cadre commun que l’on peut appliquer à des organismes individuels tels que des microbes, des plantes, des animaux ou des êtres humains, mais aussi à des systèmes sociaux comme la famille ou la communauté, ou même des sys­tèmes écologiques.

C’est donc une pensée qui se prête idéalement pour rendre compte des différentes sciences et qui va les rapprocher. Dans toutes les sciences il y a maintenant un mouvement dans cette direction mais c’est encore un mouvement marginal et minoritaire.

C.H. — Il est intéressant que les sciences évoluent leur pro­pre théorie des systèmes, mais à un certain point, elles devront coopérer, et, de la même façon que l’on regarde l’interaction des particules dans un champ, dans le tout de la connaissance, on prendra en considération l’interaction des différents champs de réalité.

F.C. — C’est ça. Et cela se passe déjà. Par exemple, pour étu­dier le cerveau, on ne peut pas se limiter à la biologie ou à la psychologie ; de même, en étudiant l’économie, il faut y ajouter la psychologie et l’écologie, etc.

C.H. — On va donc vers une synthèse des sciences ? Et dans le domaine de la parapsychologie et de l’étude de l’énergie sub­tile de l’homme, y a-t-il un rapprochement possible ?

F.C. — Je crois, oui. Personnellement, je ne suis pas telle­ment intéressé par la parapsychologie. Dans le domaine de la guérison psychique cela m’intéresse beaucoup, mais cela n’est pas tellement paranormal, c’est simplement un pouvoir de gué­rison et d’autoguérison que nous avons puisque nous sommes des êtres vivants.

La vision systémique ou écologique conçoit la tendance des êtres vivants à se maintenir en équilibre et à retrouver cet équi­libre dynamique lorsqu’ils sont perturbés, comme une caractéristique de la vie.

Cette force de guérison est donc très bien expliquée dans ce nouveau cadre.

C.H. — Cette capacité des systèmes à se rééquilibrer existe-t-elle au niveau atomique aussi ?

F.C. — Je ne crois pas. Non, cela commence lorsque l’on parle d’un système vivant, à partir d’une certaine complexité qui va bien au-delà des atomes.

C.H. — Du point de vue de l’esprit dans la matière, et d’un plan subtil de la matière…

F.C. — Dans la théorie des systèmes, il y a maintenant un concept très révolutionnaire, un concept systémique de l’esprit. L’auteur en est Gregory Bateson. Dans son livre Mind and Nature (Trad. La nature et la pensée, éd. Seuil 1984) il émet la théorie de l’esprit en tant que propriété systémique des organismes vivants, comme la conséquence nécessaire d’une certaine complexité. Et il a proposé un certain nombre de critères pour déterminer quand un système peut produire ce phénomène de l’esprit.

L’esprit n’est pas une substance ou une force, mais un ensem­ble de processus caractéristique des êtres vivants. Dans cette optique, l’esprit existe bien avant le système nerveux et le cer­veau. Même une cellule montre un certain phénomène de menta­tion, une certaine activité mentale que l’on peut définir assez rigoureusement dans le cadre de la théorie des systèmes.

En fait, cette activité mentale est l’essence même de la vie. Chaque fois que l’on rencontre des structures vivantes, elles manifesteront cette activité mentale. Bien sûr, ce n’est pas une activité mentale complexe comme lorsque nous parlons, c’est très primitif au début, mais cela croit en complexité et on abou­tit à l’esprit humain.

C.H. — Dans le concept de champ unitaire ultime, on peut dire que c’est ce champ qui permet l’apparition, à un point donné, de la matière en tant que particules…

F.C. — En physique, il y a des théories des champs, et il y a maintenant des efforts pour unifier ces théories des champs. Mais nous ne sommes pas encore arrivés à les unifier.

Il y a quatre interactions fondamentales en physique : les interactions fortes — électromagnétiques — faibles — gravi­tationnelles.

De ces quatre, les électromagnétiques et les faibles sont uni­fiées. Pour les deux autres, cette grande unification n’a pas été faite. Mais si cela réussit, on pourra alors parler d’un champ fondamental qui serait la base de la matière.

La majorité des physiciens vous dira qu’il est probable que cela arrive dans les dix prochaines années. Moi, je ne suis pas si sûr.

C.H. — Est-ce que ce champ unitaire pourrait être un champ mental ?

F.C. — Je ne crois pas. Je crois que dans ce cadre systémique, le mental vient avec une certaine complexité.

C.H. — Est-ce que cela ne pourrait pas être un champ men­tal qui créerait, à un moment donné, des apparitions matérielles ?

F.C. — Je crois que ce serait un sens du mot mental très dif­férent de celui que je viens d’utiliser. Ce n’est pas dans le sens de Bateson, de la théorie des systèmes, ce serait quelque chose d’autre. On peut dire en général qu’il y a deux visions de la connaissance : Il y a la vision de la théorie occidentale, qui dit que l’esprit et la connaissance émergent à un certain moment, à une certaine complexité de la matière, donc la matière est plus fonda­mentale que l’esprit.

C.H. — Dans la nouvelle physique, ce concept fondamental est gardé ?

F.C. — Non, il est perdu. La physique ne parle pas du tout de l’esprit et du mental. La physique maintenant parle des inter­actions entre l’esprit humain, la connaissance humaine et la matière, mais elle ne parle pas de la nature de la connaissance ou de l’esprit.

C.H. — Mais quand on voit que l’esprit peut influencer la matière…

F.C. — Attendez, laissez-moi finir de développer cette pensée. Cette vue est la vue scientifique occidentale, qui dit que la matière est fondamentale et qu’à un certain niveau de complexité il y a quelque chose qui surgit, c’est l’esprit, la connaissance.

Il y a une autre vision qui est le contraire : la vision des mystiques et des traditions religieuses qui dit que l’esprit est fondamental. Il y a un esprit cosmique souvent associé à des divinités ou à une conception de Dieu. Cet esprit cosmique est fondamental et prend certaines formes, et les formes matérielles sont des réflexions ou condensations de cet esprit. Donc la matière est secondaire quand vous parlez des différents phéno­mènes.

Il y a des arguments pour les deux vues. En ce moment, on ne peut pas discuter du point de vue science, on ne peut pas discuter du point de vue général, on ne peut pas décider entre les deux et c’est intéressant parce qu’ils sont contraires, mais ils pourraient être complémentaires.

De la même façon, la physique, dans les années 1920, voyait des particules et des ondes, on ne comprenait pas comment un électron pouvait être une particule et une onde.

En fait, on pourrait décrire dans un sens la vision matérielle la plus scientifique (c’est-à-dire la matière est primaire) comme le point de vue particule, et l’autre (l’esprit est primaire) serait le point de vue ondulatoire. On peut donc faire une analogie.

C.H. — Je pense qu’il manque un élément pour résoudre ce problème : en effet, si l’on pouvait prouver que notre esprit et notre pensée fonctionnent avec des ondes et des particules, nous aurions résolu ce problème. Peut-être, à ce moment-là, pourrions-nous affirmer que l’esprit et la matière sont seulement des niveaux de fréquences différentes et des espaces/temps différents, et ces deux réalités seraient intégrées. Il ne resterait qu’à prouver quel est le plan qui a le plus grand effet sur l’autre.

F.C. — Mais c’est assez formidable ! … Vous dites : il ne resterait plus qu’à prouver…

C.H. — Pour moi, c’est ce que j’attends maintenant. Pensez-vous que le prochain pas serait de réunir ces deux points de vue scientifiques et mystiques ?

F.C. — Ma position, généralement, vis-à-vis de la science et de la société, est une position beaucoup plus engagée du point de vue social. Je pense que le prochain pas, c’est de changer la vue mécaniste en vision écologiste, de passer de la vision stati­que à la vision dynamique, parce que si nous ne le faisons pas, nous n’allons pas survivre.

C.H. — C’est aussi mon avis.

F.C. — Il est beaucoup plus nécessaire de changer la société, la culture et le système des valeurs.

Pour ce qui est de l’unification ultime entre l’esprit et la matière, cela m’intéresse beaucoup moins en ce moment, parce qu’on est dans une situation de crise.

C.H. — Oui. On a très peu de temps.

F.C. — Oui, et il faut d’abord résoudre la crise. C’est pour­quoi la parapsychologie, bien que ce soit intéressant, ne m’attire pas trop en ce moment.

C.H. — Peut-être y a-t-il un moyen de résoudre cette crise si l’on se rend compte que c’est la pensée qui crée l’événement…

F.C. — Je ne crois pas. Car les parapsychologues sont parfois égocentristes. Il y a beaucoup de compétition, et l’esprit est tout à fait l’esprit du paradigme ancien cartésien. Ils se heur­tent les uns contre les autres, il y a beaucoup d’investissement de l’ego là-dedans. Il y a toujours cette histoire des applications militaires. Il y a une certaine paranoïa ; je ne suis pas très enthousiaste d’après ce que j’en vois en Californie.

À propos de la parapsychologie, cela n’a pas l’air très révolu­tionnaire ; révolutionnaire… peut-être, oui, mais les attitudes des gens ne sont pas toujours ce qu’il faudrait, je crois.

C.H. — Je pense qu’ils abordent les recherches parapsychologiques sur la puissance de l’esprit avec un point de vue tout à fait matérialiste ; par exemple : par la statistique, cela reste en effet un point de vue cartésien.

F.C. — Et opportuniste, très souvent, oui. Je crois que dans le domaine de la santé et de la guérison, il y a des choses intéressantes, mais autrement…

C.H. — Je pense pourtant que l’on a tout à fait intérêt à développer la compréhension que les esprits interagissent les uns sur les autres. Dans votre livre, le Tao de la physique, vous parlez beaucoup du rapprochement entre la science et l’éso­térisme.

F.C. — J’ai commencé à étudier les changements des concepts en physique en les reliant aux traditions mystiques, et j’ai trouvé effectivement que cette vision, qui a été élaborée par la physique nouvelle, a une grande ressemblance et est très reliée au point de vue des mystiques de toutes les traditions, de tous les âges, et j’ai trouvé aussi, en travaillant pour mon deuxième livre, que cette nouvelle vision écologique, qui est une généralisation de la vision scientifique, est aussi spirituelle dans son essence même, parce qu’elle nous apprend l’interdépendance fondamen­tale du cosmos entier, et c’est un concept très important de ces traditions spirituelles ; et dans la mesure où les différentes scien­ces vont adopter cette vision écologique ou de la théorie des systèmes, dans cette mesure, elles se rapprocheront des concep­tions mystiques comme la physique l’a déjà fait, et cela se fera en biologie, en psychologie et dans les autres sciences. Je trouve que la spiritualité est au centre même de cette nouvelle vision.

C.H. — Est-ce que cela ne nous fait pas réfléchir sur le fait qu’avec une certaine intuition spirituelle du monde on pourrait aller plus directement à une vision synthétique de la réalité que la science met très très longtemps à résoudre avec sa démarche rationnelle ?

F.C. — Oui, c’est vrai. Cette vision écologique ne nécessite pas la science. On peut l’avoir intuitivement, et en effet, des tas de cultures comme les Indiens d’Amérique l’ont eue. Et d’autres cultures aussi. Mais puisque notre culture est tellement déter­minée par la science, il est très valable de montrer que la science va aussi dans cette direction, mais elle n’est pas nécessaire.

C.H. — Elle apporte certainement des possibilités pratiques.

F.C. — Oui, du point de vue pratique, c’est absolument obli­gatoire. Car si on vit dans cet environnement technique, techno­logique et scientifique, c’est cela qu’il faut changer d’abord. Ce n’est pas possible de l’abandonner. Ce ne serait d’ailleurs pas bien de l’abandonner. Mais il faut trouver des technologies dif­férentes, par exemple en passant du nucléaire au solaire, ou des changements comme celui-là, qui soient très profonds.

C.H. — Dans le contexte actuel de crise, que peut-il arriver si l’on ne change pas assez rapidement ?

F.C. — Tout d’abord la guerre nucléaire, et aussi la destruction de l’environnement par la pollution. C’est très difficile de faire des prédictions. Ce n’est pas une question de rapidité, mais : peut-on l’empêcher ou pas ? Des écologistes pensent qu’il est déjà trop tard et, dans ce cas, les effets mortels arriveraient dans 50 ans, mais avec autant de force. C’est toujours l’erreur que font les tenants de l’énergie nucléaire. Ils disent que ce n’est pas dangereux parce que ça ne l’est pas tout de suite. C’est aussi une des caractéristiques de la vision écologique de pou­voir prendre en considération des effets étendus dans l’espace et dans le temps.

source : La science devant l’inconnu

 http://www.fritjofcapra.net/

http://chris-h-hardy-dna-of-the-gods.blogspot.fr/

 

PHYSIQUE OCCIDENTALE & PHILOSOPHIE ORIENTALE

« On est conduit à la nouvelle notion d’une totalité continue infirmant l’idée classique de déconstruction du monde en parties existant séparément et indépendamment. Nous avons inversé la notion traditionnelle selon laquelle les « parties élémentaires » du monde en constituent la réalité fondamentale, et les divers systèmes sont seulement des figures et des combinaisons particulières et contingentes de ces parties. Nous dirons plutôt que l’interconnexion quantique de l’univers dans son ensemble est la réalité fondamentale et que les parties fonctionnant de façon relativement interdépendante sont simplement des formes particulières et fortuites à l’intérieur de cet ensemble. »

« Selon Tchouang-tseu : « La relation avec le corps et ses élément disparaît. Les organes des sens sont laissés de côté. Ainsi, quittant la forme matérielle et disant adieu à mon savoir, je deviens uni à l’omniprésent. Cela je l’appelle s’asseoir pour oublier tout. »

Bien entendu, la physique moderne fonctionne dans un cadre très différent, elle ne peut aller aussi loin dans l’expérience de l’unité de toutes choses. Mais, avec la théorie atomique, elle a accompli un grand pas vers la vision du monde des mystiques orientaux. La théorie quantique a aboli la notion d’objets séparés et introduit la notion de participant pour remplacer celle d’observateur ; il est désormais nécessaire d’inclure la conscience humaine dans sa description du monde.

On en est venu à percevoir le monde comme un tissu de relations mentales et physiques, dont les éléments sont définissables seulement dans leur rapport à l’ensemble. »

« Ce qui fait apparaître tantôt l’obscurité, tantôt la lumière, est le Tao. »

« Les physiciens modernes, par conséquent, devraient pouvoir pénétrer le sens des enseignements centraux de l’Orient en les rapprochant des expériences dans leur propre champ. un nombre peu élevé, mais croissant, de jeunes physiciens a même trouvé une telle approche de la spiritualité orientale extrêmement précieuse et stimulante. »

« L’énergie et la matière ne sont que différents aspects d’un même phénomène. »

« Force et matière, particules et ondes, mouvement et repos, existence et non-existence. Voici quelques-uns des concepts opposés ou contradictoires qui sont dépassés en physique moderne. »

« Niels Bohr était bien conscient du parallélisme entre son concept de complémentarité et la pensée chinoise. Lorsqu’il visita la Chine en 1937, à un moment où son interprétation de la théorie quantique était déjà complètement élaborée, il fut profondément impressionné par l’ancestrale idée chinoise de pôle opposés et dès lors, il porta un vif intérêt à la culture extrême-orientale. Dix ans plus tard, Bohr fut fait chevalier en récompense de ses éminentes réalisations scientifiques et ses importantes contributions à la vie culturelle danoise ; et, lorsqu’il eut à choisir une arme pour son blason, son choix se porta sur le symbole chinois de T’ai-Chi représentant la relation complémentaire des archétypes opposés yin et yang . En choisissant ce symbole pour son blason avec la devise Contraria sunt complementa (« Les opposés sont complémentaires »), Niels Bohr reconnaissait la profonde harmonie entre l’ancienne sagesse extrême-orientale et la science moderne occidentale. »

« La physique moderne a confirmé de façon spectaculaire l’une des idées de base de la spiritualité extrême-orientale : tous les concepts que nous employons pour décrire la nature sont limités, ce ne sont pas des caractéristiques de la réalité comme nous avons tendance à le croire, mais des créations de l’esprit, parties de la carte et non du territoire. Toutes les fois que nous élargissons le domaine de notre expérience, les limitations de notre pensée rationnelle deviennent évidentes et nous devons modifier, voire abandonner, certaines de nos conceptions. »

« Selon les mots d’Henri Margenau : »La révélation centrale de la théorie de la relativité est que la géométrie est une construction de l’esprit. C’est seulement lorsqu’on accepte cette découverte que l’esprit peut se sentir libre de toucher aux sacro-saintes notions d’espace et de temps, pour étudier le champ des possibilités dont il dispose pour les définir et choisir la formulation qui s’accorde à l’observation. »

« Les commentaires de Joseph Needham sur l’astronomie chinoise sont à cet égard très intéressants :

« Les astronomes chinois n’éprouvaient pas le besoin de recourir à des formes géométriques. Les organismes composant l’organisme universel suivaient le Tao, chacun conformément à sa propre nature, et leurs mouvements pouvaient être étudiés sous la forme essentiellement « non représentative » de l’algèbre. Les Chinois étaient donc exempts de cette obsession des astronomes européens, du cercle comme la plus parfaite figure, et ne firent pas l’expérience du carcan médiéval des sphères cristallines. »"

« Il faut à la lumière huit minutes pour se propager du Soleil à la Terre, et donc nous voyons le Soleil, à tout instant, tel qu’il était huit minutes auparavant. De même, nous voyons la plus proche étoile telle qu’elle existait quatre ans auparavant, et, avec nos puissants télescopes, nous pouvons voir des galaxies telles qu’elles étaient il y a des millions d’années. »

Le « paradoxe des jumeaux » : « Ce qui est vrai des longueurs l’est également des intervalles de temps. Eux aussi dépendent du système de référence mais, contrairement aux distances spatiales, ils deviennent plus longs lorsque la vitesse relative à l’observateur augmente. Cela veut dire que des aiguilles de montres en mouvement tournent plus lentement, le temps ralentit. Ces horloges peuvent être de types variés : pendules mécaniques, électroniques, ou le battement d’un coeur humain. Si de deux jumeaux l’un effectuait un rapide aller et retour dans l’espace, il serait plus jeune que son frère lorsqu’il reviendrait, parce que tous ses « mécanismes » (organiques), son rythme cardiaque, son flux sanguin, ses ondes cérébrales, etc. auraient ralenti durant le voyage, du point de vue de l’homme sur Terre. Le voyageur lui-même, bien-entendu, n’aurait rien remarqué d’inhabituel, mais, à son retour, il aurait soudain réalisé que son frère jumeau était maintenant beaucoup plus âgé. Ce « paradoxe des jumeaux » est peut-être le plus célèbre de la physique moderne. Il a provoqué des discussions animées dans les journaux scientifiques, dont quelques-unes se poursuivent encore ; c’est une preuve éloquente du fait que la réalité décrite par la théorie de la relativité ne peut être saisie par notre compréhension ordinaire. »

« L’aspect dynamique de la matière apparaît comme une conséquence de la nature ondulatoire des particules subatomiques et s’avère même encore plus essentiel dans la théorie de la relativité, comme nous le verrons, où l’unification de l’espace et du temps implique que l’existence de la matière ne peut être distinguée de son activité. »

« La matière n’est donc jamais inerte, mais toujours en état de mouvement. »

«  »Tandis que la philosophie européenne cherchait la réalité dans la substance, écrit Joseph Needham, la philosophie chinoise la cherchait dans la relation. »

« Nous connaissons aujourd’hui plus de deux cents particules, la plupart d’entre elles étant créées artificiellement par des processus de collision et ne durant qu’un temps extrêmement bref; bien moins d’un millionième de seconde! »

« Dans ces « théories du champ quantique », la distinction entre les particules et l’espace les entourant perd sa netteté originaire et le vide est reconnu en tant que quantité dynamique d’une importance souveraine. »

« La distinction classique entre les particules solides et l’espace les entourant est totalement dépassée. »

« Néanmoins, l’intuition sous-jacente à l’interprétation que donne le physicien du monde subatomique, en fonction du champ quantique, est très analogue à celle du mystique oriental qui interprète son expérience du monde en fonction d’une réalité sous-jacente ultime. A la suite de l’émergence du concept de champ, les physiciens ont essayé d’unifier les divers champs en un champ fondamental unique qui incorporerait tous les phénomènes physiques. Einstein, en particulier, consacra les dernières années de sa vie à chercher un tel champ unique. Le Brahman des hindous comme le Dharmakana des bouddhistes et le Tao des taoïstes peuvent être considérés, peut-être, comme le champ unifié suprême d’où proviennent non seulement tous les phénomènes étudiés en physique, mais aussi tous les autres phénomènes. »

« L’univers physique chinois aux époque ancienne et médiévale était un ensemble parfaitement continu : le Ch’i condensé en matière palpable n’était pas des particules, mais des objets individuels agissant et réagissant avec tous les autres objets dans le monde, ondulant ou vibrant, dépendant, en dernier ressort, de l’alternance rythmique des deux forces fondamentales, le yin et le yang . Les, objets individuels, donc, possédaient leur rythme intrinsèque. Et ceux-ci étaient intégrés dans le schème général de l’harmonie du monde. »

«  »Toutes les choses en rotation, dit Tchang Tsai se référant au ciel, ont une force spontanée et ainsi leur mouvement ne leur est pas imposé de l’extérieur. »"

« Quand on sait que le Grand Vide est plein de Ch’i, On sait que le Néant n’existe pas . »

« La philosophie du bootstrap marque le rejet décisif de la conception mécaniste du monde en physique moderne. L’univers de Newton était construit à partir d’un ensemble d’entités de base possédant certaines propriétés fondamentales, créées par Dieu et par conséquent non justiciables d’une analyse plus approfondie. D’une façon ou d’une autre, cette notion était implicite dans toutes les théories de la science naturelle jusqu’à ce que l’hypothèse du bootstrap énonçât explicitement que le monde ne peut être compris comme un assemblage d’entités inalalysables. Dans la nouvelle vision du monde, l’univers est conçu comme un tissu dynamique d’événements interconnectés. Aucune des propriétés d’une partie quelconque de ce tissu n’est fondamentale ; elles découlent toutes des propriétés des autres parties, et la cohérence générale de leurs interactions détermine la structure du tissu entier. »

« Les physiciens en sont arrivés à constater que toutes leurs théories des phénomènes naturels, y compris les « lois » qu’ils décrivent, sont des créations de l’esprit humain. »

Ainsi, on peut expliquer de multiples phénomènes en fonction de quelques-uns, et, par conséquent, comprendre divers aspects de la nature d’une façon approximative sans avoir à les comprendre tous à la fois. Telle est la méthode scientifique ; toutes les théories et tous les modèles scientifiques sont des approximations de la vraie nature des choses.

« Au sens large, l’idée du bootstrap, bien que fascinante et commode, n’est pas scientifique. la science, comme nous le savons, exige un langage fondé sur quelque structure incontestée. Sémantiquement, donc, une tentative d’expliquer tous les concepts peut difficilement être dite « scientifique ».

« Dans la vision chinoise du monde, la coopération harmonieuse de tous les êtres provient non des ordres d’une autorité supérieure extérieure à eux, mais du fait qu’ils sont tous les éléments d’une hiérarchie d’ensembles formant une structure cosmique, et obéissant aux exigences internes de leur propre nature. »

Selon Needham, les Chinois ne possédaient même pas de mot correspondant à l’idée occidentale de « loi de la nature ». Le terme qui s’en approche le plus est li , que le philosophe néo-confucéen Chu Hsi décrit comme les « innombrables motifs semblables à des veines à l’intérieur du Tao ». Needham traduit li par « principe d’organisation. »

« Je crois que la vision du monde impliquée par la physique moderne est incompatible avec notre société actuelle, qui ne reflète aucunement l’interdépendance harmonieuse que nous observons dans la nature. Afin de réaliser un tel état d’équilibre dynamique, une structure économique et sociale radicalement différente sera nécessaire : une révolution culturelle au vrai sens du mot. La survie de notre civilisation entière dépend peut-être de notre possibilité de réaliser une telle transformation. Cela dépendra, en dernière instance, de notre capacité à adopter quelques-unes des attitudes yin de la spiritualité orientale ; à faire l’expérience de la totalité de la nature, et de l’art de vivre en harmonie avec elle. »

« Lorsque les physiciens se rendirent compte que l’univers pourrait, en fait, être interconnecté d’une manière plus subtile qu’on l’avait jusque-là pensé. Le nouveau genre d’interconnexion apparu récemment, renforce non seulement les similitudes entre les conceptions des physiciens et celles des mystiques, mais ouvre également la possibilité mystérieuse de relier la physique subatomique à la psychologie de Jung et, peut-être même, à la parapsychologie. Cela éclaire d’une manière nouvelle le rôle fondamental de la probabilité dans la physique des quanta. »

Extrait du Tao de la physique

http://www.chaouqi.net/index.php?2005/12/02/31-fritjof-capra-physique-occidentale-philosophie-orientale

 dans Exo-contacts

Extraits significatifs :
p. 32 ; « La connaissance et les activités rationnelles constituent certainement la majeure partie de la recherche scientifique, mais non pas le tout. La part rationnelle de la recherche serait, de fait, vaine si elle n’était pas complétée par l’intuition, qui donne aux scientifiques de nouveaux aperçus et les rend créatifs. Ces aperçus sont soudains et, d’une manière caractéristique, surviennent non pas lorsqu’on est assis à une table de travail, à résoudre des équations, mais lorsqu’on se détend dans son bain, durant une promenade en forêt, sur la plage, etc. Durant ces périodes de relaxation après une activité intellectuelle concentrée, l’intuition semble prendre la relève et peut produire l’aperçu lumineux et soudain qui procure tant de joie et de délices au chercheur. »

p. 61 ; « Lorsque Faraday produisit un courant électrique dans une bobine de cuivre en déplaçant un aimant près d’elle, puis transforma le travail mécanique de déplacement de l’aimant en énergie électrique, il amena la science et la technique à un tournant. son expérimentation fondamentale donna naissance, d’une part, à la vaste technologie de l’énergie électrique, de l’autre, à la constitution de la base de ses théories spéculatives et de celles de Maxwell, qui, par la suite, aboutirent à une théorie complète de l’électromagnétisme. »

p. 63 ; « Il dut réaliser intuitivement, même s’il ne le dit pas explicitement, que les entités fondamentales dans la théorie étaient les champs et non les modèles mécaniques. Ce fut Einstein qui reconnut clairement ce fait cinquante ans plus tard lorsqu’il affirma l’inexistence de l’éther et que les champs électromagnétiques étaient des entités physiques par eux-mêmes, qui pouvaient se propager à travers un espace vide, et dont on ne pouvait donner une explication mécanique.
Au début du XXe siècle, les physiciens se trouvèrent donc en possession de deux théories efficientes s’appliquant à des phénomènes différents : la mécanique de Newton et l’électrodynamique de Maxwell. Ainsi le modèle newtonien avait-il cessé d’être la base de toute la physique. »

p. 64 ; « …les notions d’espace et de temps absolus, de particules élémentaires solides, de phénomènes physiques de nature strictement causale, ainsi que l’idéal d’une description objective de la nature. Aucun de ces concepts ne pouvait être étendu aux nouveaux domaines où les physiciens menaient désormais leurs investigations.

(…) Einstein croyait fermement en l’harmonie inhérente à la nature et sa préoccupation la plus profonde, tout au long de sa vie scientifique, fur de trouver un fondement unitaire de la physique.
(…) Selon la théorie de la relativité, l’espace n’est pas tridimensionnel et le temps n’est pas une entité séparée. »

p. 65 ; « …la masse n’est rien d’autre qu’une forme d’énergie.

(…) La force de gravité, selon la théorie d’Einstein, a comme effet de « courber » l’espace et le temps. Cela signifie que la géométrie euclidienne courante n’est plus valable dans untel espace courbe, de même que la géométrie bidimensionnelle d’un plan ne peut être appliquée à la surface d’une sphère.
(…) Sur une sphère, cependant, ce procédé est inutilisable car les règles de la géométrie euclidienne ne valent pas pour les surfaces courbes. »

p. 67 ; « Le diamètre d’un atome est à peu près d’une centaine de millionième de centimètre. »

p. 68 ; « Ces lois (de la Physique atomique ), toutefois, ne furent pas aisées à découvrir. Elles furent découvertes dans les années 1920 par un groupe international de physiciens parmi lesquels le Danois Niels Bohr, le Français Louis de Broglie, les Autrichiens Erwin Schrödinger et Wolfgang Pauli, l’Allemand Werner Heisenberg et l’Anglais Paul Dirac. »

p. 69 ; « Les expérimentations de Rutherford montrent que les atomes, au lieu d’être durs et indestructibles, se composent de vastes étendues d’espace dans lesquelles des particules extrêmement petites se meuvent, puis la théorie quantique fit apparaître clairement que même ces particules n’ont rien à voir avec les objets solides de la physique classique. Les unités subatomiques de la matière sont des unités très abstraites qui ont un double aspect. Selon la manière dont nous les observons, elles apparaissent tantôt comme des particules et tantôt comme des ondes ; or cette double nature apparaît également dans la lumière, qui peut prendre la formes d’ondes électromagnétiques ou de particules. »

p. 70 ; « Les quanta de lumière, qui donnèrent son nom à la théorie des quanta, ont depuis été reconnus comme des particules et sont maintenant nommés photons. ce sont des particules d’une espèce spéciale, de masse nulle, se propageant toujours à la vitesse de la lumière.

L’apparente contradiction entre l’image de la particule et celle de l’onde fut résolue d’une manière totalement inattendue qui remit en question les fondements véritables de la conception mécaniste du monde -la notion de la réalité de la matière. Au niveau subatomique, la matière n’existe pas avec certitude à des places définies, mais manifeste plutôt une « tendance à exister », et les événements atomiques ne surviennent pas avec certitude, mais manifestent plutôt des « tendances à survenir ». Dans la formulation de la théorie quantique, ces tendances sont exprimées comme des probabilités et sont associées aux quantités mathématiques qui prennent la forme d’ondes.

(…) La théorie quantique révèle ainsi l’unicité de l’univers. Elle montre que nous ne pouvons décomposer le monde en ses plus petites unités existantes. »

p. 71 ; « En physique atomique, nous ne pouvons jamais parler de la nature sans, simultanément, parler de nous-mêmes. »

p. 83 ; « La similitude devient apparente dans les théories des quanta et de la relativité, et devient même plus manifeste dans les modèles « quantiques-relativistes » de physique subatomique où ces deux théories se combinent pour produire le plus frappant parallèle avec la philosophie orientale. »

p. 101-102 ; « Le sommet de la pensée bouddhiste a été atteint, selon plusieurs auteurs, par l’école Avatamsaka reposant sur le sutra du même nom. Ce sutra est considéré comme le coeur du bouddhisme Mahayana et loué par Suzuki dans les termes les plus enthousiastes :

« Quant au sutra Avatamsaka, c’est réellement le couronnement de la pensée bouddhiste, du sentiment bouddhiste et de l’expérience bouddhiste. A mon avis, aucune littérature religieuse dans le monde ne saurait jamais égaler la grandeur de la conception, la profondeur du sentiment et l’ampleur de la composition atteints dans ce sutra. C’est l’éternelle fontaine de vie d’où aucun esprit religieux ne reviendra assoiffé ou seulement à moitié satisfait. » »

p. 106 ; « En Chine, cet ouvrage est en général simplement nommé le Lao-tseu alors qu’en Occident il est connu communément comme le Tao Te King , le « Classique de la Voie et du Pouvoir », nom qui lui fut attribué ultérieurement. J’ai déjà mentionné le style paradoxal et le langage puissant et poétique de ce livre que Joseph Needham considèrent être « sans exception aucune le plus profond et le plus beau livre de la langue chinoise ».

Le second livre taoïste important est le Tchouang-tseu … »

p. 117 ; « Reconnaissant la relativité du bien et du mal, et ainsi de toutes les conventions morales, le sage taoïste ne s’efforce pas d’atteindre le bien mais tente plutôt de maintenir un équilibre dynamique entre le bien et le mal. »

p. 125-126 ; « Le Soto évite la méthode violente du Rinzaï et vise à la maturation progressive de l’étudiant Zen, « comme la brise printanière qui caresse la fleur l’aide à s’ouvrir. » Il préconise la « tranquille posture assise » et la pratique du travail quotidien comme deux formes de méditation.
Les écoles Soto et Rinzaï attachent toutes deux la plus grande importance au zazen , ou méditation assise, pratiqué dans les temples Zen chaque jour pendant plusieurs heures. la posture correcte et la respiration impliquées par cette forme de méditation sont les premières choses que l’étudiant du Zen doit apprendre.

(…) Comme le dit un poème Zen :
Assis paisiblement, sans rien faire,
le printemps vient, et l’herbe croît d’elle-même.

(…) le petit livre d’Eugen Herrigel, le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc . »

p. 134 ; « Cette réalité est nommée Brahman dans l’hindouisme, Dharmakana dans le bouddhisme, Tao dans le taoïsme. Parce qu’elle transcende tous les concepts et les catégories, les bouddhistes l’appellent aussi Tathata, ou « réalité telle qu’elle est » :

Ce que l’âme désigne comme réalité telle qu’elle est, c’est l’unité de toutes choses, le Grand Tout . »

p. 141 ; «  »On est conduit à la nouvelle notion d’une totalité continue infirmant l’idée classique de déconstruction du monde en parties existant séparément et indépendamment (…) Nous avons inversé la notion traditionnelle selon laquelle les « parties élémentaires » du monde en constituent la réalité fondamentale, et les divers systèmes sont seulement des figures et des combinaisons particulières et contingentes de ces parties. Nous dirons plutôt que l’interconnexion quantique de l’univers dans son ensemble est la réalité fondamentale et que les parties fonctionnant de façon relativement interdépendante sont simplement des formes particulières et fortuites à l’intérieur de cet ensemble. » »

p. 145 ; « Selon Tchouang-tseu : « La relation avec le corps et ses élément disparaît. Les organes des sens sont laissés de côté. Ainsi, quittant la forme matérielle et disant adieu à mon savoir, je deviens uni à l’omniprésent. Cela je l’appelle s’asseoir pour oublier tout. »

Bien entendu, la physique moderne fonctionne dans un cadre très différent, elle ne peut aller aussi loin dans l’expérience de l’unité de toutes choses. Mais, avec la théorie atomique, elle a accompli un grand pas vers la vision du monde des mystiques orientaux. La théorie quantique a aboli la notion d’objets séparés et introduit la notion de participant pour remplacer celle d’observateur ; il est désormais nécessaire d’inclure la conscience humaine dans sa description du monde.

On en est venu à percevoir le monde comme un tissu de relations mentales et physiques, dont les éléments sont définissables seulement dans leur rapport à l’ensemble. »

p. 149 ; «  »Ce qui fait apparaître tantôt l’obscurité, tantôt la lumière, est le Tao. » »

p. 151 ; « Les physiciens modernes, par conséquent, devraient pouvoir pénétrer le sens des enseignements centraux de l’Orient en les rapprochant des expériences dans leur propre champ. un nombre peu élevé, mais croissant, de jeunes physiciens a même trouvé une telle approche de la spiritualité orientale extrêmement précieuse et stimulante. »

p 152 ; « …l’énergie et la matière ne sont que différents aspects d’un même phénomène. »

p. 157 ; « Force et matière, particules et ondes, mouvement et repos, existence et non-existence. Voici quelques-uns des concepts opposés ou contradictoires qui sont dépassés en physique moderne. »

p. 163 ; « Niels Bohr était bien conscient du parallélisme entre son concept de complémentarité et la pensée chinoise. Lorsqu’il visita la Chine en 1937, à un moment où son interprétation de la théorie quantique était déjà complètement élaborée, il fut profondément impressionné par l’ancestrale idée chinoise de pôle opposés et dès lors, il porta un vif intérêt à la culture extrême-orientale. Dix ans plus tard, Bohr fut fait chevalier en récompense de ses éminentes réalisations scientifiques et ses importantes contributions à la vie culturelle danoise ; et, lorsqu’il eut à choisir une arme pour son blason, son choix se porta sur le symbole chinois de T’ai-Chi représentant la relation complémentaire des archétypes opposés yin et yang . En choisissant ce symbole pour son blason avec la devise Contraria sunt complementa (« Les opposés sont complémentaires »), Niels Bohr reconnaissait la profonde harmonie entre l’ancienne sagesse extrême-orientale et la science moderne occidentale. »

p. 165 ; « La physique moderne a confirmé de façon spectaculaire l’une des idées de base de la spiritualité extrême-orientale : tous les concepts que nous employons pour décrire la nature sont limités, ce ne sont pas des caractéristiques de la réalité comme nous avons tendance à le croire, mais des créations de l’esprit, parties de la carte et non du territoire. Toutes les fois que nous élargissons le domaine de notre expérience, les limitations de notre pensée rationnelle deviennent évidentes et nous devons modifier, voire abandonner, certaines de nos conceptions. »

p. 166 ; « On dit que la porte de l’Académie de Platon à Athènes portait l’inscription : « Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre. »

(…) De là l’adage platonicien : « Dieu est géomètre » »

p. 167 ; « Selon les mots d’Henri Margenau :

« La révélation centrale de la théorie de la relativité est que la géométrie est une construction de l’esprit. C’est seulement lorsqu’on accepte cette découverte que l’esprit peut se sentir libre de toucher aux sacro-saintes notions d’espace et de temps, pour étudier le champ des possibilités dont il dispose pour les définir et choisir la formulation qui s’accorde à l’observation. »

(…) Les commentaires de Joseph Needham sur l’astronomie chinoise sont à cet égard très intéressants :

« Les astronomes chinois n’éprouvaient pas le besoin de recourir à des formes géométriques. Les organismes composant l’organisme universel suivaient le Tao, chacun conformément à sa propre nature, et leurs mouvements pouvaient être étudiés sous la forme essentiellement « non représentative » de l’algèbre. Les Chinois étaient donc exempts de cette obsession des astronomes européens, du cercle comme la plus parfaite figure, et ne firent pas l’expérience du carcan médiéval des sphères cristallines. » »

p. 173 ; « Il faut à la lumière huit minutes pour se propager du Soleil à la Terre, et donc nous voyons le Soleil, à tout instant, tel qu’il était huit minutes auparavant. De même, nous voyons la plus proche étoile telle qu’elle existait quatre ans auparavant, et, avec nos puissants télescopes, nous pouvons voir des galaxies telles qu’elles étaient il y a des millions d’années. »

p. 174-175 ; Le « paradoxe des jumeaux » ; « Ce qui est vrai des longueurs l’est également des intervalles de temps. Eux aussi dépendent du système de référence mais, contrairement aux distances spatiales, ils deviennent plus longs lorsque la vitesse relative à l’observateur augmente. Cela veut dire que des aiguilles de montres en mouvement tournent plus lentement, le temps ralentit. Ces horloges peuvent être de types variés : pendules mécaniques, électroniques, ou le battement d’un coeur humain. Si de deux jumeaux l’un effectuait un rapide aller et retour dans l’espace, il serait plus jeune que son frère lorsqu’il reviendrait, parce que tous ses « mécanismes » (organiques), son rythme cardiaque, son flux sanguin, ses ondes cérébrales, etc. auraient ralenti durant le voyage, du point de vue de l’homme sur Terre. Le voyageur lui-même, bien-entendu, n’aurait rien remarqué d’inhabituel, mais, à son retour, il aurait soudain réalisé que son frère jumeau était maintenant beaucoup plus âgé. Ce « paradoxe des jumeaux » est peut-être le plus célèbre de la physique moderne. Il a provoqué des discussions animées dans les journaux scientifiques, dont quelques-unes se poursuivent encore ; c’est une preuve éloquente du fait que la réalité décrite par la théorie de la relativité ne peut être saisie par notre compréhension ordinaire. »

p. 196 ; « L’aspect dynamique de la matière apparaît comme une conséquence de la nature ondulatoire des particules subatomiques et s’avère même encore plus essentiel dans la théorie de la relativité, comme nous le verrons, où l’unification de l’espace et du temps implique que l’existence de la matière ne peut être distinguée de son activité. »

p. 198 ; « …la matière n’est donc jamais inerte, mais toujours en état de mouvement. »

p. 209 ; «  »Tandis que la philosophie européenne cherchait la réalité dans la substance, écrit Joseph Needham, la philosophie chinoise la cherchait dans la relation. »

(…) Nous connaissons aujourd’hui plus de deux cents particules, la plupart d’entre elles étant créées artificiellement par des processus de collision et ne durant qu’un temps extrêmement bref; bien moins d’un millionième de seconde! »

p. 211 ; « Dans ces « théories du champ quantique », la distinction entre les particules et l’espace les entourant perd sa netteté originaire et le vide est reconnu en tant que quantité dynamique d’une importance souveraine. »

p. 214 ; « …la distinction classique entre les particules solides et l’espace les entourant est totalement dépassée. »

p. 215 ; « Néanmoins, l’intuition sous-jacente à l’interprétation que donne le physicien du monde subatomique, en fonction du champ quantique, est très analogue à celle du mystique oriental qui interprète son expérience du monde en fonction d’une réalité sous-jacente ultime. A la suite de l’émergence du concept de champ, les physiciens ont essayé d’unifier les divers champs en un champ fondamental unique qui incorporerait tous les phénomènes physiques. Einstein, en particulier, consacra les dernières années de sa vie à chercher un tel champ unique. Le Brahman des hindous comme le Dharmakana des bouddhistes et le Tao des taoïstes peuvent être considérés, peut-être, comme le champ unifié suprême d’où proviennent non seulement tous les phénomènes étudiés en physique, mais aussi tous les autres phénomènes. »

p. 216 ; « * Kuan-tzu , trad. W. A. Rickett, XIII, 36 : une oeuvre sociophilosophique vase attribuée traditionnellement au célèbre homme d’État Kuan Chung, du VIIe siècle av. J.-C. mais plus vraisemblablement une oeuvre hétéroclite écrite aux alentours du IIIe siècle av. J.-C- et reflétant diverses écoles philosophiques. »

p. 218 ; «  »L’univers physique chinois aux époque ancienne et médiévale était un ensemble parfaitement continu : le Ch’i condensé en matière palpable n’était pas des particules, mais des objets individuels agissant et réagissant avec tous les autres objets dans le monde, ondulant ou vibrant, dépendant, en dernier ressort, de l’alternance rythmique des deux forces fondamentales, le yin et le yang . Les, objets individuels, donc, possédaient leur rythme intrinsèque. Et ceux-ci étaient intégrés dans le schème général de l’harmonie du monde. »

p. 225 ; «  »Toutes les choses en rotation, dit Tchang Tsai se référant au ciel, ont une force spontanée et ainsi leur mouvement ne leur est pas imposé de l’extérieur ». »

p. 227 ; « Quand on sait que le Grand Vide est plein de Ch’i,
On sait que le Néant n’existe pas . »

p. 291 ; « La philosophie du bootstrap marque le rejet décisif de la conception mécaniste du monde en physique moderne. L’univers de Newton était construit à partir d’un ensemble d’entités de base possédant certaines propriétés fondamentales, créées par Dieu et par conséquent non justiciables d’une analyse plus approfondie. D’une façon ou d’une autre, cette notion était implicite dans toutes les théories de la science naturelle jusqu’à ce que l’hypothèse du bootstrap énonçât explicitement que le monde ne peut être compris comme un assemblage d’entités inalalysables. Dans la nouvelle vision du monde, l’univers est conçu comme un tissu dynamique d’événements interconnectés. Aucune des propriétés d’une partie quelconque de ce tissu n’est fondamentale ; elles découlent toutes des propriétés des autres parties, et la cohérence générale de leurs interactions détermine la structure du tissu entier. »

p. 292 ; « Selon Thomas d’Aquin : « Il est une certaine loi éternelle, à savoir la raison, existant dans l’esprit de Dieu et gouvernant l’univers entier*. »

(…) Les physiciens en sont arrivés à constater que toutes leurs théories des phénomènes naturels, y compris les « lois » qu’ils décrivent, sont des créations de l’esprit humain…

(…) Ainsi, on peut expliquer de multiples phénomènes en fonction de quelques-uns, et, par conséquent, comprendre divers aspects de la nature d’une façon approximative sans avoir à les comprendre tous à la fois. Telle est la méthode scientifique ; toutes les théories et tous les modèles scientifiques sont des approximations de la vraie nature des choses…

* Cité par J. Needham, Science and Civilisation in China (Science et Civilisation en Chine) , vol. II, p. 538. »

p. 294-295 ; « Au sens large, l’idée du bootstrap, bien que fascinante et commode, n’est pas scientifique. la science, comme nous le savons, exige un langage fondé sur quelque structure incontestée. Sémantiquement, donc, une tentative d’expliquer tous les concepts peut difficilement être dite « scientifique ». »

« Dans la vision chinoise du monde, la coopération harmonieuse de tous les êtres provient non des ordres d’une autorité supérieure extérieure à eux, mais du fait qu’ils sont tous les éléments d’une hiérarchie d’ensembles formant une structure cosmique, et obéissant aux exigences internes de leur propre nature. »

Selon Needham, les Chinois ne possédaient même pas de mot correspondant à l’idée occidentale de « loi de la nature ». Le terme qui s’en approche le plus est li , que le philosophe néo-confucéen Chu Hsi décrit comme les « innombrables motifs semblables à des veines à l’intérieur du Tao ».
Needham traduit li par « principe d’organisation »… »

p. 297 ; « Selon Sri Aurobindo : « Pour l’intelligence supérieure rien n’est vraiment fini ; elle s’appuie sur le sentiment du tout est dans tout et réciproquement. » »

p. 312 ; « Je crois que la vision du monde impliquée par la physique moderne est incompatible avec notre société actuelle, qui ne reflète aucunement l’interdépendance harmonieuse que nous observons dans la nature. Afin de réaliser un tel état d’équilibre dynamique, une structure économique et sociale radicalement différente sera nécessaire : une révolution culturelle au vrai sens du mot. La survie de notre civilisation entière dépend peut-être de notre possibilité de réaliser une telle transformation. Cela dépendra, en dernière instance, de notre capacité à adopter quelques-unes des attitudes yin de la spiritualité orientale ; à faire l’expérience de la totalité de la nature, et de l’art de vivre en harmonie avec elle. »

p. 313 ; « …lorsque les physiciens se rendirent compte que l’univers pourrait, en fait, être interconnecté d’une manière plus subtile qu’on l’avait jusque-là pensé. Le nouveau genre d’interconnexion apparu récemment, renforce non seulement les similitudes entre les conceptions des physiciens et celles des mystiques, mais ouvre également la possibilité mystérieuse de relier la physique subatomique à la psychologie de Jung et, peut-être même, à la parapsychologie. Cela éclaire d’une manière nouvelle le rôle fondamental de la probabilité dans la physique des quanta. »

Extraits de Le Tao de la physique par Fritjof Capra (Paris, Sand, 1975).

source : http://www.archipress.org/?page_id=1132

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