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HOMMAGE A JACQUES BERGIER 17 juin, 2010

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jbergiee.jpgJacques Bergier, né le 8 août 1912 à Odessa (Ukraine) et mort le 23 novembre 1978 à Paris d’une hémorragie cérébrale, est un ingénieur chimiste, alchimiste, espion, journaliste et écrivain de nationalité française et polonaise. Sa mémoire eidétique lui permit de maîtriser 14 langues modernes et anciennes, dont l’araméen, et de lire jusqu’à dix livres par jour. Sur sa carte de visite, il se présentait comme « Amateur d’insolite et scribe de miracles ». Il joua le rôle de L’Incollable dans un jeu télévisé de RTL. Ami de l’astronaute Edgar Mitchel (Mission Apollon 14 sur la Lune), Hergé l’immortalisa dans le personnage de Mik Ezdanitoff dans l’album de Tintin « Vol 714 ».
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Salué dans la francophonie pour la grande diversité de ses connaissances et ses nombreux ouvrages, Jacques Bergier a largement contribué à la promotion, en France, de phénomènes ou de faits négligés par la science, notamment avec son livre Le Matin des magiciens, écrit en collaboration avec Louis Pauwels.
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Après ses études à l’Ecole Supérieure de Chimie de Paris, Jacques Bergier découvre en 1936, avec le physicien atomiste André Helbronner, l’utilisation de l’eau lourde (que les nazis tenteront de s’approprier à l’état naturel en Norvège pour construire la bombe atomique – d’où la célèbre « bataille de lourde » conduite par les Alliés pour en détruire l’usine) pour le freinage des électrons et réalise la première synthèse d’un élément radioactif naturel, le polonium, à partir de bismuth et d’hydrogène lourd en volatilisant un filament de tungstène. Très vite, il développe un penchant pour l’alchimie (soutenu par la rencontre qu’il aurait eue avec Fulcanelli en juin 1937), et affirme au début des années 1950 avoir obtenu par transmutation alchimique du béryllium à partir de sodium.
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70ème anniversaire de son entrée dans la Résistance
Dès la signature de l’armistice en 1940 par Pétain pendant la Seconde Guerre Mondiale, Jacques Bergier entre dans la résistance (ses actions héroïques ont déjà commencé lors de ses voyages d’affaires dans l’Allemagne de 1935 où il distribue des tracts anti-nazi à la sortie de théâtres) au sein du « trio des ingénieurs », puis du Réseau Marco Polo mieux structuré à compter de décembre 1942 (faisant ainsi, en 1941, la connaissance de son futur grand ami François Le Lionnais -membre d’un autre groupe). Grâce à des renseignements fournis par un ingénieur russe travaillant sur place et transmis à Londres, son réseau est à l’origine du bombardement de la base d’expérimentation des V2 construits à Peenemünde. Le 18 août 1943 est lancée l’Opération Hydra: 598 bombardiers lourds détruisent l’usine de Peenemünde.
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Le Ministère de l’Air britannique centralise ensuite les renseignements de divers réseaux français dont Marco-Polo, et l’Air Chief Marshall Sir Roderic Hill, commandant de la défense aérienne de Grande Bretagne et commandant en chef du Fighter Command de la RAF, procède le 5 décembre 1943 aux premiers bombardements de 21 sites de V1 sur le sol français, en détruisant 12 entièrement et 9 partiellement grâce au 8e Air Force. Bergier est alors – entre autres – chargé de gérer les rares postes émetteurs de Marco-Polo sur Lyon. Il y est arrêté le 23 novembre 1943 par la Gestapo et soumis à la torture à 44 reprises. Il est enfermé dans les camps nazis de Neue Bremme, puis Mauthausen, de mars 1944 à février 1945. Ce passé de résistance lui permet ultérieurement certains contacts directs avec Charles de Gaulle.
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Un film réalisé en RDA, Et l’Angleterre sera détruite (titre original : L’homme qui arrêta la foudre), évoquant l’action de Jacques Bergier grâce à qui fut détruite la base secrète de Peenemünde, fut présenté en 1969 au Festival de Cannes par le Lieutenant-colonel Rémy.
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L’agent secret
Après la guerre, Jacques Bergier aurait été capitaine de la DGER (Direction générale des études et recherches), au sein de laquelle il aurait dirigé la branche française du CIOS (Centre interarmée de contre-espionnage alliés). Il participe ainsi pendant la seconde moitié de 1945 à la MIST (Mission d’information scientifique et technique), dirigée par le capitaine Albert Mirlesse (ingénieur en mécanique, père fondateur du Normandie-Niemen) chef du 2e bureau de l’État-Major Général de l’Air -EMGA-, et rattachée au CIOS, pour des missions secrètes en Allemagne afin d’interroger des savants atomistes, et de trouver des armes secrètes dérivées de l’eau lourde.
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L’écrivain
En 1953, Jacques Bergier abandonne ses activités d’ingénieur-conseil chasseur de têtes scientifique pour se lancer dans l’écriture. Il compte déjà plusieurs écrivains parmi ses amis, dont Jean Bruce, Arthur C. Clarke et Ian Flemming. Ses nombreux ouvrages mêlent des éléments authentiquement scientifiques à d’autres relevant de la science-fiction et du fantastique. Il co-dirige plusieurs collection de Science-Fiction chez Albin Michel. On lui doit d’avoir fait connaître et traduit Lovecraft en France. Son œuvre compte près d’un cinquantaine d’ouvrages et d’innombrables articles dont « Applications des satellites : laboratoires de l’espace » et « Colonisation de la lune » parus en 1960 dans le numéro spécial de Science et Vie sur « L’Homme dans l’espace ».
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Le futurologue
Jacques Bergier pensait que des civilisations disparues auraient pu exister avant la préhistoire et que des civilisations extra-terrestres, techniquement très avancées ou non, existaient dans l’univers. Les hypothèses des théories astrophysiques actuelles semblent le confirmer.
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Deux phrases de Jacques Bergier résument bien sa philosophie : « L’impossible, c’est ce qui n’a pas encore été fait » et : « Nous devons voir les choses anciennes avec des yeux neufs ».
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Parution d’un livre intitulé Jacques Bergier. Une légende… un mythe aux éditions de l’Harmattan.
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Cet hommage collectif à Jacques BERGIER réunit les témoignages de vingt auteurs d’horizons différents. Dirigé par Claudine Brelet (anthropologue HDR, ancien membre du personnel de l’OMS, Senior Expert consultante auprès de l’UNESCO), ce livre paraît à l’occasion du 70ème anniversaire de l’entrée de Jacques Bergier dans la Résistance, du 60ème anniversaire de la création de l’Association des Écrivains Scientifiques de France (soutenue par l’UNESCO) avec ses amis François Le Lionnais et Louis de Broglie et du 50ème anniversaire de la parution du Matin des Magiciens, manifeste du réalisme fantastique d’où naquit la revue Planète en 1961 qui, traduite en une douzaine de langues, devint un véritable phénomène éditorial
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Lien :Edition de l’Harmattan

source : http://jacques-bergier.blogspot.com/2010/08/nouveau-livre-propos-de-jacques-bergier.html

 

http://www.dailymotion.com/video/xd6c6n

CONFÉRENCE DU CONTRE-AMIRAL GILLES PINON – 14 OCTOBRE 2005 11 juin, 2010

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Il y a 1 an tout juste nous quittait  le Contre-Amiral Gilles Pinon. A l’occasion de ce triste anniversaire de sa disparition prématurée,  revenons sur la conférence qu’il avait faite aux Rencontres de Châlons en Champagne

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« Je ne me prétends pas ufologue. La raison est que je n’ai pas une connaissance suffisante des faits qui constituent le phénomène ovnien et que je n’ai pas encore trouvé le loisir de participer à des enquêtes sur le terrain. Je précise en outre que je n’ai été le témoin d’aucune manifestation d’ovni.

Peut-être alors vous demandez-vous ce que je viens faire dans ces rencontres et à quel titre j’aidemandé à prendre la parole ? C’est parce que mon expérience militaire, notamment en lutte sous-marine où l’identification et l’authentification des objets détectés sont plus difficiles que la détection elle-même m’a amené à penser que les méthodes de travail des grands états-majors sont applicables à l’ufologie. Ce sera donc l’objet de cet exposé.

Il va de soi que je suis vivement intéressé par tout ce qui a trait au phénomène ovnien. Comment ne le serait-on pas lorsque l’on pressent, comme vous et comme moi, qu’il est de la toute première importance pour une juste compréhension de la place de l’homme dans l’univers et de son devenir ?

Je sais gré aux organisateurs de ces rencontres de nous donner l’occasion rare d’échanger des idées de vive voix et de débattre en présence d’un large public, car l’ufologie n’est pas seulement une question de spécialistes, elle est l’affaire de tous. Les ufologues se plaignent à juste titre d’être ignorés et incompris de l’opinion publique et des institutions, encore faut-il qu’ils se rencontrent, qu’ils s’efforcent de se comprendre mieux, qu’ils recherchent une certaine unité de vue et d’action, qu’ils fassent taire les polémiques stériles, qu’ils acceptent les objections et les critiques des profanes. C’est à ce prix qu’ils seront entendus, et c’est le mérite des organisateurs de ces rencontres que de l’avoir compris. Je salue les distingués ufologues et chercheurs ici présents, je les félicite pour leur travail deréflexion, de recherche, d’enquête et d’investigation, je les remercie de faire circuler l’information en dépit de la réserve des médias traditionnels et des organismes officiels par les moyens les plus divers : sites sur le Web, listes de discussion, émissions radiophoniques, revues, livres et banques de données.Toutes les opinions s’y expriment, les interprétations, les thèses, les hypothèses, les spéculations sont nombreuses et couvrent un large éventail, de l’hypothèse extraterrestre « tôle et boulons » à l’interprétation sociologique en passant par le scepticisme scientifique, le scepticisme moral, l’hypothèse paranormale mettant en jeu des êtres transcosmiques ou surnaturels, le système decontrôle de Jacques Vallée et bien d’autres encore. De toute évidence, vous en conviendrez aisément, c’est l’hypothèse extraterrestre qui est au coeur des débats, toujours animés, souvent passionnants. Dans les listes de discussion où s’expriment des intervenants brillants et érudits, c’est d’après elle que l’on se positionne, c’est par rapport à elle que se forgent les opinions. Entre les tenants de l’hypothése extraterrestre (HET) hautement probable, les tenants de l’HET plausible mais à jamais invérifiable, ceux de l’HET improbable, les adversaires irréductibles de l’HET, la querelle est soutenue et ne semble pas devoir s’apaiser. Cela rappelle d’autres querelles qui ont nourri l’histoire de la philosophie et celle des religions. Ainsi la querelle des universaux qui anima la scolastique du Moyen Age et qui a traversé l’histoire de la philosophie jusqu’à nos jours . On y discutait interminablement entre réalistes, conceptualistes et nominalistes de  la réalité des genres et des espèces. Ainsi les disputes entre l’Église latine et les chrétiens orientaux au sujet du Filioque1 : le Saint-Esprit procède-t-il du Père et du Fils ou bien du Père par le Fils ? Malgré  leurs excès de subtilité, ces discussions n’en étaient pas moins capitales, mais elles sont restées infructueuses. Aucune réponse définitive n’a encore été apportée sur la nature des universaux et sur la procession [processio, proienai] du Saint-Esprit, malgré les ostracismes, les excommunications et les  schismes que ces querelles, un brin oiseuses, provoquèrent. Les ufologues sont-ils condamnés à se quereller sans fin comme les philosophes et les théologiens du Moyen Age, tels des byzantins, sans l’espoir de s’entendre jamais, sans découvrir un jour la vérité ? Sont-ils voués à ne trouver un public attentif que dans le monde fermé des esprits férus d’ésotérisme, sans parvenir à éveiller l’attention et l’intérêt de l’opinion et des institutions ?

Je ne le pense pas. L’ufologie n’est ni une religion ni une philosophie, pas davantage une science, en ce sens qu’elle n’est pas un corps de connaissances ayant un objet déterminé et reconnu, qu’elle n’a pas de méthode propre, que ce n’est pas un domaine organisé du savoir, qu’elle n’est pas fondée sur des relations objectives vérifiables. L’ufologie n’est rien que l’étude de phénomènes non identifiés, inexpliqués, polymorphes, souvent absurdes, se produisant dans l’atmosphère terrestre ou dans l’espace extraterrestre, susceptibles d’être gouvernés par une ou plusieurs intelligences aux intentions équivoques. Et ce n’est pas parce qu’elle ne peut prétendre au statut de science qu’elle doit se soustraire à la rigueur scientifique. Elle relève donc des méthodes et des outils mis à sa disposition par les sciences. En sont parties prenantes les science physiques, les sciences naturelles, les sciences cognitives, les sciences sociales et les sciences politiques, sans oublier les mathématiques et leurs applications telles que les statistiques et la recherche opérationnelle, et sans exclure la métapsychique.

C’est délibérément que cet exposé se limite à une définition réductrice de l’ufologie. Par convention, nous admettrons que le phénomène ovnien est gouverné par une ou plusieurs intelligences aux intentions obscures. Nous rejetons donc les interprétations qui se passent de cette hypothèse, à savoir les interprétations psychosociologiques et psychokinétiques (résultant de l’action de la pensée – mais la pensée de qui ? – sur la matière, par définition). Cela ne signifie aucunement que la psychosociologie et la psychokinésie n’apportent pas une explication sensée à un grand nombre, voire à une majorité des observations d’ovnis, mais je suis convaincu que la plupart d’entre vous seraient d’accord pour reconnaître qu’elles ne suffisent pas à expliquer la totalité du phénomène, et que derrière les cas résiduels se tient une intelligence extérieure au monde sensible qui nous est familier.

Dans ces conditions, l’ufologie se réduit à l’examen d’une menace, au sens militaire du terme, c’est à- dire une manifestation hostile, une manifestation qui cache un dessein potentiellement hostile, ou un projet soutenu par une stratégie en vue de sa réalisation.

Quel est ce projet ? Quel est ce dessein ? Quels sont les moyens mis en oeuvre pour les atteindre ?

Quels en sont les protagonistes ? Telles sont les graves questions que l’on doit se poser. La difficulté tient au fait que l’ufologie est confrontée à un monde incertain et a priori inintelligible. Elle comprend des activités bien distinctes, en premier lieu la collecte et le classement des données relatives aux observations des ovnis. C’est un travail essentiel et considérable, qui doit recueillir les témoignages les plus insolites, même s’ils heurtent la raison, et ne pas se limiter aux cas les plus probants.

En second lieu, leur interprétation, qui ressortit – c’est mon avis – aux méthodes militaires d’appréciations des situations complexes mettant en jeu des intelligences aux desseins suspects et des informations rares, sporadiques et brouillées.

Alors quelles sont ces méthodes ? De conception militaire, elles sont apparues dans le dernier conflit mondial en même temps que la recherche opérationnelle. Elles sont enseignées dans les écoles de guerre, en France le Collège Interarmées de Défense, et sont couramment employées par les états-majors des grandes puissances. Les grandes entreprises elles-mêmes, contraintes de prendre en compte l’environnement économique et politico-stratégique et soumises à une concurrence où l’hostilité et la désinformation sont devenues la règle, les ont adaptées et adoptées. Adaptées à leurs besoins propres, elles les utilisent avantageusement ; cela explique l’importance croissante de la métaphore et de la terminologie militaire dans les discours des dirigeants d’entreprises.

Ainsi que la recherche opérationnelle, elles ont pour objet de pallier l’insuffisance de l’intuition et du bons sens devant des situations confuses, aux paramètres multiples, relevant de facteurs purement objectifs et soumises à l’intervention du hasard. Mais contrairement à la recherche opérationnelle, elles tiennent compte de l’immixtion d’une intelligence extérieure douée de volonté et coupable de caprice, de comportement arbitraire donnant l’illusion de l’irrationnel ou de l’aléatoire. Elles ne peuvent donc recourir à la modélisation mathématique ou à la simulation par calculateur. Ces méthodes sont particulièrement pertinentes face à des conflits asymétriques opposant des adversaires aux logiques différentes, aux éthiques divergentes et aux modes de pensée étrangers, comme la lutte contre le terrorisme ou, le cas échéant, une intrusion extraterrestre. Sans chercher à en faire une présentation exhaustive, disons simplement qu’elle consiste pour l’essentiel à se mettre délibérément à la place de l’adversaire en formulant des présuppositions sur la menace qu’il exerce, sur sa stratégie et sur ses comportements possibles. On passe chacune de ces présuppositions au crible des vraisemblances éthique, technique et opérationnelle, afin de rejeter les plus hasardeuses et de ne retenir que les plus vraisemblables, puis on les confronte aux informations provenant de l’observation et du Renseignement. En cas de contradiction ou d’incohérence, on procède à la révision des présuppositions et à un filtrage plus sévère des informations. On effectue si nécessaire plusieurs itérations, car il convient d’accorder les présuppositions aux faits et non pas d’accorder les faits aux présuppositions. C’est un travail d’analyse qui se veut systématique et exhaustif, il est nécessairement laborieux et fastidieux, il oblige à ordonner la pensée, à formaliser les idées et les raisonnements, à procéder à des dichotomies, à paramétrer, à séparer les variables, à effectuer des études de sensibilité sur ces variables. Il évite les écueils de la pensée dite complexe dont la confusion et la subjectivité pervertissent l’approche trop globale.

Pour que ces méthodes soient applicables à l’ufologie, encore faut-il vérifier qu’il est raisonnable de formuler des hypothèses sur l’intelligence extérieure qui gouverne le phénomène ovnien. Si nous rejetons a priori l’hypothèse peu plausible d’une civilisation intra-terrestre, nous sommes face à une alternative : ou bien il s’agit d’une ou de plusieurs intelligences qui ne sont pas immanentes au monde sensible, qui nous transcendent, qui appartiennent en quelque sorte, pour employer la terminologie des sciences occultes, à une dimension inaccessible normalement à notre perception, qu’elle soit esprit, génie, ange, démon ou système de contrôle au sens de Jacques Vallée, ou bien nous avons affaire à une intrusion extraterrestre, c’est-à-dire à la visite non désirée d’êtres intelligents appartenant à une ou plusieurs planètes telluriques de la Voie Lactée ou d’une autre galaxie, ou bien même à des univers parallèles.

Dans le premier cas, sans préjuger de sa vraisemblance, nous sommes contraints d’admettre que nous serions totalement impuissants à découvrir les mobiles et les intentions de ces entités vaporeuses et irréelles, et qu’aucune méthode construite sur un raisonnement rationnel ne serait opérante. Nous serions, sans aucune insinuation péjorative, dans le domaine de compétence des médiums, des spirites, des mages et autres praticiens des sciences occultes.

Nous limiterons donc notre réflexion au second cas, celui de l’intrusion extraterrestre. La difficulté réside ici dans les écarts des connaissances et des stades d’évolution entre notre civilisation et celle des intrus, écart certain pour ce qui est des sciences et des technologies, écart plausible des évolutions psychique et biologique, et des évolutions sociale et culturelle. Tout revient finalement à la question de savoir si des êtres intelligents aux niveaux de connaissance inégaux et aux méthodes psychiques et biologiques éloignées seraient capables de se comprendre. A cette condition seulement, les présuppositions dont il a été question tout à l’heure auront un sens et pourront être admises comme hypothèses heuristiques.

Une position est aujourd’hui en faveur chez certains ufologues et sociologues qui prétendent, après Carl Sagan, que les différences de connaissances et d’évolution sont en réalité des fossés infranchissables rendant impossible notre compréhension, voire notre appréhension ou même notre perception d’une intrusion. Poussée jusqu’à ses limites, cette position conduit à la théorie dite du babouin ou du zoo, qui voudrait que des extraterrestres pourraient être à nous ce que nous sommes aux babouins et que nous serions donc dans l’impossibilité de comprendre quoi que ce soit des signes qu’ils nous abandonnent, qu’ils soient involontaires ou voulus. C’est me semble-t-il une pure fiction, sans fondement aucun. C’est faire bien peu de cas de l’homme et de la société qu’il a érigée.

L’homme est doué de langage, il a développé des langues et des alphabets, mais est-il permis de parler de bon droit d’un langage animal ? En vérité, le « langage animal » n’est rien qu’une métaphore, car l’animal contrairement à l’homme est avant tout soumis à des comportements instinctifs et ne possède pas de système de pensée organisé. La communication animale à base de signaux non verbaux, qu’ils soient visuels, acoustiques, chimiques, tactiles ou gestuels, présente des différences irréductibles avec le langage humain ; elle ne permet ni de transmettre de nouveaux messages, ni de se référer au passé, ni de se projeter dans le futur. S’il est donc vrai que le fossé du langage est à jamais infranchissable entre l’homme et l’animal, en revanche, il ne serait pas insurmontable entre notre civilisation et celles des autres mondes technologiquement voire psychiquement supérieurs.

En effet, tous les êtres intelligents de l’univers sont dotés, selon toute logique, de capacités d’inférence et de gestion du temps, et leurs schémas mentaux sont, selon toute vraisemblance, analogues voire identiques.

Des passerelles existent donc, soutenues par les acquis culturels et scientifiques déjà considérables de la société humaine. Depuis des siècles, l’homme a appris connaître et à utiliser des langages universels comme la logique et les mathématiques qui rendent possibles des échanges d’informations avec tout être doué d’intelligence ne partageant pas la même langue. Il a développé des sciences avancées comme la cybernétique et l’intelligence artificielle, enfin il est parvenu à élaborer des concepts d’une haute abstraction, vérifiés par l’expérience, qui touchent aux fondements mêmes de notre univers.

L’espace-temps qui traite du mouvement relatif des corps macroscopiques et les quanta qui décrivent les propriétés dynamiques de la matière dans le monde microscopique où se tiennent les particules subatomiques.

L’homme n’est pas la mesure de toutes choses, contrairement à ce que les sophistes déclaraient avec Protagoras. On sait depuis Platon qu’il est permis de faire abstraction du sujet dans la connaissance ; les universaux, dont Bertrand Russel nous a rappelé avec force la réalité, sont des ensembles de concepts, de qualités, de formes et de relations de divers ordres qui existent dans toutes les langues du monde, ils sont les éléments simples à partir desquels l’univers est construit, ce sont les bribes d’un langage universel utilisable par tout être intelligent pour communiquer avec quelque autre être intelligent en dépit des différences psychiques et culturelles. Il vient qu’il est légitime d’émettre des présuppositions portant sur des êtres intelligents d’une autre planète, partant, les méthodes militaires d’évaluation des situations complexes avec immixtion d’une intelligence aux desseins incertains sont applicables à une intrusion extraterrestre.

De quelle sorte de raisonnement ces méthodes participent-elles ? Elles sont de type hypothético – déductif puisqu’elles consistent à formuler des hypothèses et des conjectures dont sont ensuite déduites des conséquences susceptibles d’être vérifiées empiriquement par l’observation. Si elles trouvent une vérification expérimentale, elles sont validées ; si elles n’en trouvent pas, elles sont soit réfutées, soit rectifiées en un point ou en un autre afin de les rendre compatibles avec l’expérience. Elles sont, par construction, itératives et adaptatives ; elles astreignent à une pensée formalisée et rigoureuse ; tout bien considéré, elles sont une application assez fidèle de la méthode scientifique élaborée par Karl Popper.

Elles s’opposent au processus inductif de la pensée, qui consiste à aller du particulier au général, à justifier un énoncé général à partir d’un nombre limité d’observations. S’agissant de l’ufologie, la méthode inductive a malheureusement conduit à deux écueils : d’une part au scepticisme car le visage polymorphe et absurde que revêtent les manifestations ovniennes depuis une vingtaine d’années ne permettent pas de justifier un énoncé général, d’autre part, par extrapolation abusive, à l’élaboration d’interprétations hasardeuses telles que l’hypothèse paranormale mettant en jeu des mondes parallèles et des êtres transcosmiques ou surnaturels.

Dès lors que l’on tient pour probable une intrusion extraterrestre, il convient de s’interroger sur son origine, son mobile et sa dangerosité. Sommes-nous en présence d’une seule civilisation, de plusieurs civilisations opérant de concert ou de plusieurs civilisations agissant en opposition ? S’agit-il d’une simple surveillance à distance, d’une intervention ponctuelle dans un but limité et précis, ou d’une tentative de prise de contrôle ? L’intrusion est-elle bienveillante, neutre ou délibérément hostile ? Il est vain d’espérer que d’une démonstration ovnienne ostensible et non brouillée surgiront un jour les réponses à ces graves questions, pour la simple raison que le phénomène est discret et brouillé et le restera probablement jusqu’à un éventuel contact, qu’ils soit amical ou hostile.

Faut-il se contenter des déclarations des témoins, des récits des supposés contactés ou abductés, des allégations des informateurs prétendument initiés et s’aventurer ainsi dans des extrapolations imprudentes ? Ce serait à mon sens se fourvoyer, car les informations recueillies sont toujours susceptibles d’être altérées, falsifiées, voire fabriquées de toutes pièces. En effet, il est de mieux en mieux établi que le phénomène ovnien est depuis son origine l’objet d’opérations de travestissement de la vérité. D’une part la désinformation, mise en oeuvre par des fabulateurs aux intérêts obscurs et par des agences gouvernementales motivées par l’enjeu stratégique comme l’ont clairement montré d’excellents auteurs, d’autre part le brouillage et le camouflage par les intrus eux-mêmes, comme certains ufologues l’ont déjà affirmé et comme le démontre clairement le cas de Fatima. Fatima, cas extraordinaire à l’appui d’une hypothèse extraordinaire. C’est encore une petite réponse que j’apporte incidemment au brillant orateur précédent.

Désinformation et brouillage sont si présents qu’il devient impossible d’extraire le signal du bruit, de faire la part entre la réalité et la fiction, de séparer les données factuelles des chimères, de restituer une information fiable et crédible à partir des seuls récits des acteurs, qu’ils soient manipulés ou fabulateurs.

Les méthodes hypothético-déductives militaires d’appréciation de situations complexes sont censées lever ces difficultés. Voici en première approche un exemple d’un processus inspiré de ces méthodes visant à mettre sur pied une stratégie en mesure de répondre à une éventuelle intrusion extraterrestre. On commence par faire des présuppositions sur l’identité biologique des intrus, leur niveau scientifique et technologique, leur force de destruction, leur organisation sociale, leur éthique et leur politique d’intrusion. On effectue une mise en branches, on passe chacune de ces branches au crible des vraisemblances biologique, scientifique, sociologique, éthique et opérationnelle, on rejette les plus hasardeuses et on ne retient que les plus plausibles.

Pour chacune des branches retenues, on fait de nouvelles sous-présuppositions portant sur les comportements, y compris les moins intuitifs, on les passe au crible de vraisemblance, on rejette les plus hasardeuses et on ne retient que les plus plausibles. On en déduit les stratégies estimées des intrus – il s’agit en l’occurrence d’extraterrestres – étant entendu qu’elles comportent nécessairement une part de désinformation et de brouillage. On construit le modèle d’une stratégie observée – stratégie observée extraterrestre – sur la base des informations réputées fiables recueillies par l’observation. C’est là que la collecte des données intervient, et elle n’intervient qu’à ce stade de l’étude et non pas antérieurement. Antérieurement, il s’agissait d’hypothèses. On la compare point par point aux stratégies estimées que l’on a dégagées plus haut, et on vérifie l’absence de contradictions rédhibitoires. En cas d’antinomie irréductible, on procède à la révision des présuppositions ou des sous-présuppositions et on fait une phrase des informations. On réduit les contradictions non dirimantes par la recherche d’une synthèse entre stratégie estimée et statégie observée(2). On en déduit les stratégies les plus vraisemblables de nos intrus extraterrestres et on revient éventuellement à l’une des étapes antérieures lorsque les observations viennent les corriger.

S’il est question de construire sa propre stratégie pour s’opposer à celle de l’intrus, on construit ses propres stratégies de façon à faire face aux stratégies les plus vraisemblables et on effectue bien sûr une étude de co-efficacité sur ses propres stratégies, car on retient si possible celle qui permet de se protéger contre la menace maximale et si elle est sur le plan financier supportable. A défaut, on adopte une stratégie permettant de se protéger contre les menaces les plus probables, dans la limite du coût consenti.

Alors, j’avais prévu à ce stade de cet exposé de vous présenter un exemple plus illustré d’un processus hypothético-déductif d’évaluation de l’hostilité et de la dangerosité d’une intervention extraterrestre, mais comme je ne suis pas certain d’en avoir vraiment le temps, je vais faire l’impasse dans l’immédiat et je reviendrai pour y consacrer les dernières minutes si le temps le permet, donc.

Je me suis personnellement efforcé d’appliquer une méthode hypothético-déductive au cas extraordinaire des événements survenus à Fatima au Portugal le 13 octobre 1917, en donnant à la danse du soleil l’importance stratégique qu’elle mérite, puisqu’elle est la plus grandiose des manifestations ovniennes jamais observées, et qu’elle est la seule qui ait été annoncée et donnée en spectacle, en contradiction avec la discrétion et la furtivité de la sémiologie ovnienne ordinaire. Je suis parvenu aux conclusions suivantes (donc là je ne vous montre pas le processus suivi, mais je vous apporte les conclusions auxquelles je suis parvenu, que vous pouvez bien évidemment contester, et qui méritent certainement d’être contestées). Bref, c’est quand même le résultat d’une étude faite selon la méthode que j’essaie de vous vendre aujourd’hui :

- Intrusion de la part d’une seule civilisation extraterrestre ou de plusieurs civilisations opérant de  façon concertée,

- dotée d’une théorie unifiée de la physique et de technologies très avancées,

- pourvue d’une éthique de type humaniste sacralisant tout être biologique doué de conscience réfléchie ;

- en mission d’observation neutre ou bienveillante ou en mission d’observation ponctuelle et limitée compatible avec cette éthique ;

- intrusion remontant à plusieurs siècles, peut-être aux premiers âges de l’humanité ;

- ayant recours à une stratégie reposant sur la discrétion, la furtivité et le brouillage ;

- de façon plus soutenue depuis un siècle, c’est-à-dire depuis l’accélération de nos connaissances et le développement rapide de nos technologies ;

- dans le but de notre apprentissage progressif de l’existence des civilisations extraterrestres sans provoquer d’ethnocide.

Ce travail mériterait bien sûr d’être repris largement, en l’étendant dans un premier temps à l’ensemble des observations ovniennes ayant un critère SVP (au sens de Jacques Vallée) important. Je vous rappelle le critère SVP de Jacques Vallée : S, c’est comme la Sûreté de la source, V comme la sûreté de l’enquêteur (V comme visite), et P c’est la probabilité que le phénomène ne soit pas naturel. Il est manifeste que c’est à l’une de ces méthodes que l’association Cometa a fait appel pour mener son étude, les Ovnis et la défense, publiée en juillet 1999. Que les rédacteurs du rapport Cometa, qui  ont ouvertement conclu à la nature extraterrestre des Ovnis, soient tous anciens auditeurs de l’Institut des Hautes Étude de Défense Nationale n’est pas donc pour nous surprendre. Il ne fait à mon sens aucun doute que de telles méthodes ont été largement utilisées aux États-Unis par les états-majors en charge de l’évaluation de la menace présentée par le phénomène ovnien. Que l’existence de ces études n’ait pas été révélée participe d’une politique normale de protection du secret. Remarquons enfin que d’excellents auteurs n’ont pas manqué d’utiliser depuis longtemps des raisonnements hypothético-déductifs dans leurs démonstrations, notamment pour mettre en évidence la nature extraterrestre de l’intrusion ainsi que la désinformation et le brouillage qui altèrent gravement le contenu informatif du phénomène ovnien.

Pour l’avenir, l’application de ces méthodes par les spécialistes de l’ufologie me paraît prometteuse ; elle requerra de larges compétences dans de nombreuses disciplines : militaire, bien sûr, mais aussi scientifique, politique, sociologique. Elle sera nécessairement une oeuvre collective, à l’exemple de l’association Cometa. Je suis enclin à penser qu’elle sera en mesure d’attiser la curiosité des institutions et de convaincre les esprits les plus ouverts, en espérant que les médias suivront.

En guise de conclusion, je dirai que le domaine de l’ufologie est un monde potentiellement hostile, perverti par la désinformation et le brouillage, et manipulé par une ou plusieurs intelligences aux desseins incertains. Les manifestations ovniennes sont donc possiblement brouillées et les données brutes issues de leurs observations doivent être exploitées avec la plus grande circonspection. Les méthodes inductives sont à éviter car elles présentent le risque grave d’interprétations abusives ; il faut leur préférer les méthodes hypothético-déductives dont les processus itératifs et adaptatifs sont pertinents pour extraire le signal du bruit dans un contexte où les faits sont susceptibles d’être travestis.

Voilà, j’en ai terminé avec ma présentation, et puis si nous en avons un petit peu le temps, à titre d’exemple, nous pouvons montrer un processus hypothético-déductif qui permet d’évaluer l’hostilité et la dangerosité du phénomène ovnien, étant entendu que dans ce que je vais vous projeter, ce que j’essaie de vous vendre, ce à quoi j’essaie de vous convaincre, c’est d’utiliser – pas toujours, parce que les méthodes inductives ne sont pas à rejeter définitivement – mais de temps à autre, lorsque l’on veut faire une étude de plus grande envergure, d’utiliser mes méthodes hypothético-déductives, qui consistent à faire des hypothèses et à voir ensuite si les conséquences de ces hypothèses sont compatibles avec les observations.

Alors ce que je vais vous présenter, je ne vous demande pas de le juger sur le fond, je vous demandesimplement, je vous le projette simplement pour que vous compreniez mieux (mais je pense que çan’était peut-être pas nécessaire) le processus suivi.

Il s’agit donc d’évaluer la dangerosité et l’hostilité d’une intrusion de la part d’une civilisation extraterrestre. Dangerosité et hostilité n’étant évidemment pas la même chose, puisque si le phénomène est hostile il est vraisemblablement dangereux, mais vous conviendrez avec moi qu’il peut être dangereux sans être hostile. J’évoque ici le risque ethnocidaire, bien sûr.

Alors comme je vous l’ai dit, ce sont des méthodes où il faut séparer les variables, parce que la pensée complexe est une pensée certainement très performante mai pas toujours utilisable, il faut séparer les variables, et dans un premier temps il faut, me semble-t-il, réduire l’étude en considérant uniquement les facteurs biologiques et éthiques et en se mettant dans l’hypothèse d’une seule civilisation coupable d’intrusion. Dans un deuxième temps, on oublie la biologie et l’éthique, et on s’installe dans l’hypothèse de plusieurs civilisations ; et dans un troisième temps seulement, on réunit les deux pré-études, en essayant d’intégrer à la fois la biologie, l’éthique et l’hypothèse de plusieurs civilisations. Ici, nous ne présentons donc qu’une seule, nous avons affaire à l’hypothèse d’une seule civilisation coupable d’intrusion.

Donc nous avons affaire à un phénomène ovnien qui nous laisse supposer que nous pourrions être l’objet d’une intrusion extraterrestre, donc nous avons affaire à une civilisation maîtrisant le voyage intersidéral. C’est une évidence, c’est un truisme, hein, puisque nous sommes l’objet d’une intrusion extraterrestre. Puisqu’il s’agit d’une civilisation maîtrisant le voyage intersidéral, c’est que cette civilisation s’est dotée de technologies très avancées qui nécessairement mettent en oeuvre des énergies considérables. D’autre part, cette civilisation est vraisemblablement très ancienne. Pourquoi ? Parce qu’il lui a justement fallu le temps de construire ces technologies. La nôtre n’a que 2000 ans et elle n’a pas encore attient les technologies lui permettant le voyage intersidéral (3)

Il a donc fallu qu’elle mette en place une organisation sociale et politique qui lui permette de maîtriser son environnement et de réduire les risques d’autodestruction sur une très longue période. Alors à quel type d’êtres avons-nous affaire ? Ce sont nécessairement des êtres intelligents. Alors là, de deux choses l’une :

– ou bien on admet que pourrait s’appliquer un principe de convergence des formes vivantes, lui-même en application d’un principe de banalité ; si oui, on peut supposer que les êtres auxquels nous avons affaire, qui peuplent donc cette civilisation maîtrisant le voyage intersidéral, sont des êtres humanoïdes intelligents doués de libre arbitre, qui en quelque sorte nous ressembleraient, surtout sur le plan du libre arbitre. C’est le point le plus important.

– Si en revanche le principe de convergence des formes vivantes n’existe pas ou ne s’applique pas en la circonstance, il faut admettre que nous avons affaire à des êtres biologiques intelligents, mais qui ne seraient pas dotés d’un libre arbitre identique au nôtre mais qui seraient doté d’un libre arbitre qui pourrait être restreint par un principe quelconque de développement déterministe.

Encore une fois, sur le fond, je conviens que tout ceci est certainement critiquable, et que chaque carré, chaque flèche mérite sa propre sous-étude. Ce que j’essaie de vous présenter brièvement, c’est la méthode, plus que les résultats que j’ai pu obtenir personnellement. Alors venons au premier cas, celui de gauche, où nous sommes en présence d’êtres doués de libre arbitre. Étant doués de libre arbitre, comment ont-ils pu mettre en place une organisation sociale et politique ? Eh bien, de deux choses l’une : ou bien celle-ci a été imposée par une coercition consentie ou par l’oppression. Moi je rejette a priori l’oppression, mais on peut en discuter. Je la rejette parce que ça me semble improbable, car de mon point de vue un système totalitaire sur lequel repose une oppression, n’est pas longtemps, durablement, compatible avec le libre arbitre. Je vous indique au passage que l’exemple que l’on donne souvent pour dire que nos intrus pourraient être hostiles, c’est que sur Terre se sont développées des empires disons du mal – je pense au fascisme – et que celui-ci n’aura vécu que quatre ans. Et pour ceux qui considèrent que l’aventure communiste russe est également un système totalitaire et inacceptable, qui a opprimé l’homme, je vous rappelle qu’il n’aura vécu que 40 ans. Or là, il s’agit de faire vivre une civilisation 10 000 ans, et je vois mal une organisation sociale et politique reposant sur l’oppression pouvoir conduire au développement technologique très avancé auquel nous avons affaire actuellement. Alors il reste, pour ce qui est de la partie gauche du schéma, uniquement une organisation sociale et politique imposée par une coercition consentie qui repose donc sur une éthique, elle-même collective, affirmant la primauté de l’individu sur toute autre valeur.

Venons maintenant à la branche de droite où les êtres biologiques ne sont plus doués de libre arbitre au sens humain, comme nous le sommes, mais qui pourraient être doués d’un libre arbitre contraint ou restreint par un développement, par un principe de déterminisme. Quel est ce principe ? J’en ai pris deux mais il y en a peut-être d’autres, et peut-être faut-il rejeter ceux-là. Encore une fois, ne jugez pas trop sur le fond. Eh bien, soit un principe d’acquisition de connaissances collective objective, soit plus gravement un principe de domination. Et finalement, au terme de ce premier schéma, nous arrivons à trois éthiques possibles : une éthique collective affirmant la primauté de l’individu sur toute autre valeur, une éthique collective fondée sur un principe de développement allocentrique, et enfin une éthique collective fondée sur un principe de domination. Alors on poursuit l’étude en partant avec les trois éthiques auxquelles nous venons d’aboutir. Pour celle de gauche et celle du milieu, il s’agit manifestement d’une éthique qui prône la non-agressivité, que j’appelle de non-agressivité, qui conduit vraisemblablement à une intrusion non hostile selon une stratégie propre à éviter un ethnocide, et cette stratégie – là encore ça demande de gros développements – est vraisemblablement une stratégie qui repose sur les trois grands principes militaires de discrétion, de furtivité et de brouillage, sans aucune marque d’hostilité.

A droite, nous avons l’éthique fondée sur un principe de domination. Cette éthique n’exclut donc pas l’agressivité. Et comment se manifeste cette agressivité ? Elle peut se manifester de deux façons différentes : soit d’une façon ouverte, déclarée, soit d’une façon masquée.

C’est maintenant et seulement maintenant que l’on va faire appel à nos banques de données, à notre savoir accumulé avec tant de patience et tant de savoir-faire par nos chercheurs et nos investigateurs, et que l’on va confronter, donc, les conséquences des hypothèses que nous avons émises avec l’observation, qui est donc la banque de données ufologique. Bon, si on veut réduire la sémiologie ovnienne ordinaire à quelques grandes caractéristiques, on pourrait dire – mais là encore je comprendrais très bien que vous ne soyez pas d’accord sur le fond – qu’elle est essentiellement caractérisée précisément par la discrétion, la furtivité et le brouillage, et qu’elle n’est pas agressive. Mis à part, peut-être, et c’est ce que j’ai indiqué en rouge en bas de la case, mis à part peut-être la fabrication des foetus hybrides, selon les rencontres rapporchèes du 4ème type.

Alors est-ce que cette sémiologie-là est cohérente avec celle que nous avons dégagée plus haut en conséquence des hypothèses, des présuppositions que nous avons émises au départ ?

Pour ce qui est de la branche de gauche, eh bien oui, puisque nous aboutissions à une stratégie estimée reposant sur la discrétion, la furtivité et le brouillage, sans aucune marque d’hostilité. C’est précisément ce que nous dit la sémiologie ovnienne réduite ordinaire. On conclut donc qu’il y a cohérence et on conclut enfin qu’avec une forte probabilité l’intrusion extraterrestre à laquelle nous pourrions être l’objet est neutre et bienveillante, mais qu’en revanche sa dangerosité, elle, est élevée en raison du risque ethnocidaire.

Pour ce qui est de la partie de droite, il y a aussi une cohérence, mais avec uniquement la sémiologie ovnienne limitée à la fabrication d’hybrides, d’où cette réserve émise in fine, avec un  risque de probabilité faible mais qui n’est pas nul d’une intrusion à l’hostilité masquée si des faits probants venaient valider la fabrication d’hybrides selon les RR4.

Bon, je pense que je vais m’en tenir là. Ensuite, comme je vous l’avais dit, il faudrait poursuivre dans l’hypothèse que nous avons affaire non pas à une seule civilisation mais à plusieurs civilisations, et ensuite rapprocher les deux premières études pour finalement essayer de voir si on peut conclure quant à l’hostilité et quant à la dangerosité d’une intrusion extraterrestre à laquelle certains d’entre vous croient et à laquelle je crois personnellement.

Voilà, j’en ai terminé, et je vous remercie de votre attention. »

(1) Réduction de l’ a patre filioque, « du Père et du Fils »

(2) Dirimant, e (terme de droit) : qui annule, qui entraîne la nullité d’un acte en droit.

(3) Je dirais – c’est un point de vue – qu’elle en a bien plus. Car notre civilisation industrielle est assise sur la gréco-latine, en  partie assise sur l’égyptienne, elle-même ayant été influencée par un tas d’autres, sans parler de la civilisation arabe dont le poids est loin d’être négligeable dans l’introduction du système décimal inventé par les Indiens, l’algorithmique, etc., qui ontpermis le développement des mathématiques et de la physique. Sumer c’est le IVe millénaire, la civilisation de l’Indus le IIIe,  l’Égypte prédynastique pratiquement le VI(5500-3000). Peut-être faut-il de 7000 à 10 000 ans pour faire une civilisation…

Contre-Amiral GILLES PINON (2S) 

Transciption et notes personnelles de Gérard Le Nerrant

source : ICI & MAINTENANT 95.2, « LA VAGUE D’OVNIS »

http://www.dailymotion.com/video/x893jv

 

http://www.dailymotion.com/video/x893oa

LES CROYANTS N’ONT PAS PEUR DES EXTRATERRESTRES 6 juin, 2010

Posté par skystars dans : Exo-contacts , commentaires desactivés

http://orbis.info/wp-content/uploads/2010/02/galaxy_cosmos_jupiter.jpg

Le nom de Ted Peters me rappelle des souvenirs déjà anciens: dans les années 1980, j’avais lu avec grand intérêt son article intitulé « UFOs: The Religious Dimension », publié dans la revue américaine Cross Currents (automne 1977). J’avais trouvé stimulante sa façon d’identifier les structures religieuses sous-jacentes dans la croyance aux soucoupes volantes et aux extraterrestres. Je l’avais cité dans mon livre Sectes nouvellesLES CROYANTS N'ONT PAS PEUR DES EXTRATERRESTRES dans Exo-contacts (Paris, Cerf, 1985) — vingt-cinq ans déjà, comme le temps passe! Ce n’est que bien plus tard que — Internet aidant — j’ai trouvé un exemplaire d’occasion de son ouvrage UFOs — God’s Chariots: Flying Saucers in Politics, Science and Religion (Atlanta, John Knox Press, 1977). Je n’ai jamais rencontré Ted Peters, mais j’ai eu la surprise de voir son nom réapparaître à l’occasion d’un colloque qui s’est tenu en janvier à Londres, à la Royal Society (l’académie des sciences du Royaume-Uni), sur la recherche de vie extraterrestre! Et Ted Peters y a présenté les résultats d’une enquête qu’il a menée aux États-Unis sur les réactions des croyants face aux conséquences qu’auraient pour les religions des contacts avec des entités extraterrestres.

Le sujet est certes délicat: si les extraterrestres existent, cette découverte ébranlerait-elle les religions? Il y a quelques années, j’avais participé à un original ouvrage collectif (dirigé par Alexandre Vigne), un numéro de la revue Question de (N° 122), sur Dieu, l’Église et les extraterrestres dans Exo-contacts (Paris, Albin Michel, 2000); mon chapitre était consacré à la croyance aux extraterrestres et les religions soucoupistes — des groupes pour qui les extraterrestres représentent de véritables « sauveurs venus de l’espace ». Mais plusieurs contributions portaient sur les questions posées par l’hypothèse extraterrestre au christianisme: « Si les mondes sont multiples, est-il nécessaire que l’Incarnation le soit aussi? » (« la rédemption accomplie par Jésus-Christ est unique et cosmique »); ou même: « La conquête de l’espace: questions juridiques et canoniques » (envisageant la nécessité, le jour venu, d’un concile qui seraitappelé à déterminer « comment le christianisme pourra […] passer aux Martiens », de la même façon que le concile de Jérusalem, au Ier siècle, avait discuté de l’annonce du christianisme aux non-juifs). Un jour, peut-être, la ville d’Assise accueillera-t-elle des « Recontres interreligieuses interplanétaires », suggérait l’un des auteurs…

De tels volumes et leurs réflexions parfois inattendues prouvent qu’une réflexion existe déjà et pourrait répondre aux inévitables questionnements religieux que ferait surgir l’existence d’entitées extraterrestres intelligentes. Certains chercheurs continuent pourtant de penser que la réalité d’êtres d’origine non terrienne porterait aux religions traditionnelles, particulièrement à l’héritage chrétien, un coup fatal, achevant d’abattre des croyances liées au statut unique de l’espèce humaine et de la Terre, notamment au regard des doctrines de l’Incarnation et de la Rédemption dans le christianisme. Dans son article sur la réunion londonienne, publié dans leNew Scientist (26 janvier 2010), Jessica Griggs cite ainsi Paul Davies, astrobiologiste de l’Université d’État d’Arizona à Tempe, qui estime qu’il faudrait admettre de multiples incarnations du Christ, ou trouver une bonne raison pour justifier le statut unique de la Terre. À leurs yeux, les croyances traditionnelles ne pourraient apparaître alors que comme des superstitions dépassées. Et si des extraterrestres — plus avancés que nous — pratiquaient une sorte de religion, les humains ne pourraient que s’y convertir, concluent ces auteurs.

Ted Peters, lui, est un théologien, professeur au Pacific Lutheran Theological Seminary et au Center for Theology and the Natural Sciences de la Graduate Theological Union, à Berkeley. Il a surtout eu la bonne idée, avec son assistante de recherche Julie Froehlig, de mener une enquête sur les attitudes de croyants de plusieurs religions aux États-Unis. Et les résultats, présentés dans un rapport de 22 pages, intitulé The Peters ETI [Extra-Terrestrial Intelligence] Religious Crisis Survey, nous réservent quelques surprises…

Peters est parti de l’hypothèse de départ d’un effondrement ou d’une remise en question radicale des croyances religieuses par suite de la confirmation de l’existence d’êtres intelligents ailleurs dans l’espace ou du contact direct avec ceux-ci. Les résultats sont tout différents de ceux qu’attendent des chercheurs tels que Davies.

Des enquêtes précédentes, en particulier celle menée par Victoria Alexander en 1994 sur les réactions de membres de clergés américains sur l’hypothèse d’une confirmation de la vie intelligente extraterrestre, étaient déjà allés dans le même sens, rappelle Peters.

L’enquête de Peters et Froehlig repose sur les questionnaires remplis par 1.325 personnes, dont 205 se décrivant comme non religieuses, et les autres appartenant aux différentes confessions chrétiennes ainsi que des hindous, des juifs, des musulmans et des bouddhistes.

Moins de 10% des croyants pensent, toutes religions confondues, que la confirmation officielle de l’existence d’êtres intelligents vivant sur une autre planète mettrait leurs convictions en crise. Plusieurs commentaires de chrétiens semblent mettre en avant la toute-puissance de Dieu, qui peut avoir créé d’autres civilisations et peut atteindre celles-ci également si elles existent. Aux yeux de la majorité des chrétiens interrogés, le salut apporté par le Christ a valeur universelle, au delà des habitants de la Terre. En outre, certains ne croient tout simplement pas à l’existence d’une vie intelligente ailleurs.

L’enquête de Peters montre que les musulmans interrogés ne semblent pas éprouver des gros problèmes par rapport à l’éventuelle existence d’extraterrestres: « nous croyons que Dieu a créé d’autres planètes semblables à la Terre », explique l’un d’eux. Il est vrai que la question de l’Incarnation ne se pose pas ici. Pour les bouddhistes, apparemment guère de problèmes: comme tous les autres êtres, des extraterrestres seraient soumis aux conséquences karmiques de leurs actes, suggère l’un d’eux. Bien entendu, un questionnaire n’a pas valeur d’enquête auprès de représentants autorisés d’organisations religieuses et de théologiens, mais des commentaires de ce genre proposent des pistes de réflexion.

Cela dit, quand l’enquête passe des réactions individuelles à l’évaluation des conséquences qu’aurait la confirmation de l’hypothèse extraterrestre pour une tradition religieuse dans son ensmble, un peu plus de 20% des catholiques estiment que leur Église subirait une crise. Curieusement, la proportion est moins élevée chez les protestants, tant évangéliques qu’autres (un peu plus de 10%). À noter que les répondants mormons (39 dans l’échantillon) ne voient aucun problème pour leur Église: « Ma religion croit déjà aux extraterrestres », déclare l’un d’eux.

Si l’on élargit encore la question en demandant: « Même si mon point de vue n’en était pas affecté, un contact avec les extraterrestres porterait tant atteinte aux croyances traditionnelles que les religions du monde feraient face à une crise », le taux d’approbation devient plus élevé: 30% environ des catholiques, à peu près 40% des bouddhistes, pensent qu’une telle crise se produirait, même si elle ne les toucherait pas personnellement, ou pas leur propre tradition.

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Réaction à la proposition: « Même si mon point de vue n’en était pas affecté, un contact avec les extraterrestres porterait tant atteinte aux croyances traditionnelles que les religions du monde feraient face à une crise » (source: étude de Peters, lien direct pour le téléchargement en fin d’article).

Mais surtout, la réaction à cette affirmation montre que près de 70% des personnes non religieuses sont convaincues, elles, que les religions subiraient une crise grave. Il semble donc y avoir un présupposé de milieux non croyants selon lesquels les religions traditionnelles survivraient difficilement à la confirmation de l’existence d’extraterrestres, tandis que les croyants eux-mêmes élaborent des solutions possibles ou ne se sentent pas ébranlés dans leur foi par cette éventualité. Certes, il s’agit à ce stade d’une question encore hypothétique, mais les tendances paraissent nettes.

L’une des questions de l’enquête de Peters et Froehlig portait sur la présence de croyances religieuses ou non chez des êtres extraterrestres intelligents: « Je m’attends à ce qu’ils n’aient pas de religion et qu’ils s’appuient uniquement sur la connaissance scientifique, à l’exclusion de croyances religieuses. » Les réponses montrent que très peu de croyants acceptent une telle éventualité, et que, même parmi les personnes non religieuses ayant répondu à l’enquête, un quart seulement le croit.

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Réactions à la proposition: « Si un contact avec des êtres extraterrestres intelligents survient, je m’attends à ce qu’ils n’aient pas de religion et qu’ils s’appuient uniquement sur la connaissance scientifique, à l’exclusion de croyances religieuses. »

De même, si 40% des réponses de personnes non religieuses estiment que les croyances et pratiques religieuses d’extraterrestres différeraient profondément de celles de notre planète, moins de 20% des croyants interrogés le pensent (sauf parmi les juifs, dont la proportion est un peu supérieure).

Je passe sur quelques autres questions moins importantes pour mon propos. Une semblable enquête produirait peut-être d’autres résultats dans d’autres régions du monde ou avec d’autres publics. Elle donne cependant quelques bonnes raisons de penser que la fragilité présumée des religions traditionnelles face à la confirmation de l’existence d’entités extraterrestres intelligentes n’est pas démontrée. Les traditions religieuses ont des ressources pour s’adapter à de nouvelles situations. Reste à voir, évidemment, ce qui se produirait si l’hypothèse devenait réalité.

Jean-François MAYER

L’étude de Ted Peters et Julie Froehlig, « The Peters ETI Religious Crisis Survey » (22 pages), peut être téléchargée au format PDF en cliquant ici.

source : http://orbis.info/2010/02/les-croyants-nont-pas-peur-des-extraterrestres/#more-91

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