navigation

CONSEQUENCES DE LA THEORIE DE L’INFLATION SUR LA POSSIBILITE DE VISITE EXTRATERRESTRE 29 décembre, 2010

Posté par skystars dans : Exo-contacts , ajouter un commentaire

 

universeinflation.jpg

L’inflation cosmique est un modèle cosmologique s’insérant dans le paradigme du Big Bang lors duquel une région de l’univers comprenant l’univers observable a connu une phase d’expansion très violente qui lui aurait permis de grossir d’un facteur considérable : au moins 1026 et probablement immensément plus (de l’ordre de 101000000, voire plus encore dans certains modèles). Ce modèle cosmologique offre, à la fois, une solution au problème de l’horizon ainsi qu’au problème de la platitude.

Cette phase d’expansion se serait produite très tôt dans l’histoire de l’univers, à l’issue de l’ère de Planck, ou relativement peu après (de l’ordre de 10-35 seconde) l’ère de Planck. À l’issue de l’inflation, l’univers était encore extrêmement dense et chaud. On pense que sa densité devait être de l’ordre de 1086, voire 1094 kilogrammes par mètre cube, et sa température de 1026, voire 1028 degrés.

Le problème de l’horizon et le problème de la platitude ont tous deux une origine commune : le fait que si l’on considère un univers empli de matière relativiste ou non relativiste, alors l’expansion de l’univers est en décélération (voir Équations de Friedmann). Quand l’expansion de l’univers décélère, on peut montrer que les distances entre deux objets distants (deux galaxies par exemple) croissent au cours du temps moins vite qu’un signal lumineux. Ainsi, la lumière d’une galaxie, fût-elle très éloignée finit-elle toujours par nous atteindre, exactement comme si l’on imaginait un univers statique, sans expansion. Autre façon de voir les choses, le nombre de galaxies visibles dans l’univers observable croît au cours du temps. C’est précisément ce point qui est paradoxal : à mesure que le temps passe, l’on découvre l’univers sur des régions de plus en plus vastes, qui sont toutes essentiellement identiques les unes aux autres, et qui pourtant n’ont pas eu le temps d’échanger d’information au moment où on les découvre semblables les unes aux autres[7].

L’inflation résout ce paradoxe en s’attaquant au phénomène à l’origine de ce paradoxe, à savoir le fait que la distance parcourue par la lumière au cours du temps croît plus vite que la distance entre deux objets. Inverser cette relation, ce qui signifie que le nombre des galaxies qui nous sont accessibles décroît au cours du temps permet alors de résoudre les problèmes précédents. Pour cela, il faut non plus que l’expansion de l’univers décélère au cours du temps, mais accélère. Schématiquement, c’est un peu comme si l’on agrandissait très rapidement une région de l’univers, jusqu’à ce que celle-ci devienne aussi grosse que l’univers observable, voire plus. Dans ce cas, si la région initiale est au départ homogène, alors on aura au final une région homogène, mais qui désormais englobe l’univers observable tout entier. (source Wikipédia)

.

seti.jpg.

CONSEQUENCES DE LA THEORIE DE L’INFLATION SUR LA POSSIBILITE DE VISITE EXTRATERRESTRE

bis.jpg

(Journal of the British Interplanetary Society [JBIS], Vol. 58; p. 43-50, 2005 )

                                                                                                                                 Par

 

 James Deardorff – Physicien Météorologiste
Bernard Haisch – Astrophysicien

Dr Bruce Maccabee – Physicien spécialisé dans l’Optique.
Harold E. Puthoff – Physicien,  directeur de l’Institute for Advanced Studies à Austin (Texas)

Il a été récemment affirmé qu’un raisonnement anthropique appliqué à la théorie de l’inflation renforcait l’idée selon laquelle nous ne constituerions nous même qu’une infime partie des civilisations existantes à l’échelle de notre galaxie, renforçant par là-même la célèbre question du paradoxe de Fermi : « Où sont-ils? ».

Cependant, les théories des cordes et des supercordes autorisent et prévoient la possible existence d’univers parallèles, dont certains, en principe, pourraient être habitables. La discussion au sujet de modes de propulsion et de transport exotiques tels que des « trous de ver traversables » apparaît maintenant dans les écrits de physiciens rigoureux. En conséquence, la réponse de Fermi à son propre paradoxe et selon laquelle « Nous sommes seuls », était conditionnée par une vision courante au milieu du 20ème siècle, qui apparaît aujourd’hui incompatible avec les nouveaux développements dans notre physique et avec les théories les plus récentes en astrophysique. Par conséquent, nous devons réexaminer et réévaluer l’hypothèse selon laquelle des extraterrestres (ET) ou leurs sondes pourraient ou non se trouver sur notre Terre ou dans son voisinage, et nous soutiendrons l’idée selon laquelle des preuves de leur présence pourraient être trouvées dans certains rapports Ovni de haute qualité. Cette étude s’inscrit dans le prolongement des arguments précédents selon lesquels :
1 – la possibilité pour des civilisations avancées d’effectuer des voyages interstellaires n’est pas à écarter a priori par les principes de notre physique et peut donc être retenue, et
2 – ces civilisations avancées peuvent très bien considérer que la recherche et l’étude d’autres espèces passe par une non-contamination directe de ces espèces, que de ce fait ils doivent s’interdire toute communication inter-espèces, ce qui expliquerait la dissimulation apparente en ce qui concerne leur présence.

1. Introduction
La question récurrente de savoir pourquoi la Terre n’aurait apparemment toujours pas été visitée par des extraterrestres a largement été discutée au travers des débats autour du Paradoxe de Fermi. Le problème a prit naissance suite à une boutade qu’Enrico Fermi adressa à ses collègues lors d’un déjeuner à Los Alamos un jour de 1950. En supposant l’existence d’une ou plusieurs civilisations extraterrestres dans notre galaxie la Voie Lactée, et en supposant que toute colonisation implique obligatoirement le voyage interstellaire, et que ce dernier se fasse à une vitesse proche de la lumière ou bien inférieure à celle-ci : le modèle d’expansion et de colonisation de l’époque prédisait une colonisation ou du moins la visite de toutes les planètes habitables de la galaxie sur une période de plusieurs dizaines de millions d’années, période bien inférieure toutefois à l’âge de notre galaxie.

D’où ce paradoxe : « Où sont-ils ?« 

Des possibilités théoriques inconnues à l’époque de Fermi viennent encore renforcer ce paradoxe aujourd’hui. On peut maintenant et rationnellement se lancer dans des conjectures quant aux perspectives offertes par les univers adjacents prédits par les théories des supercordes. En effet, si les multidimensions sous-jacentes des supercordes sont correctes, il pourrait exister des univers habités séparés du nôtre uniquement par des distances interdimensionnelles.

En outre, le raisonnement anthropique récemment appliqué à la théorie de l’inflation, arrive une fois de plus à la conclusion que nous devrions nous trouver au sein d’un foisonnement énorme de civilisations galactiques. Bien qu’à une certaine époque, la solution «Nous sommes seuls» proposée par le Paradoxe de Fermi soit apparue comme valide, cette réponse est désormais incompatible avec notre conception de l’univers et avec l’hypothèse d’auto-panspermie aléatoire qui concorde avec la théorie de l’inflation. Nous nous retrouvons donc actuellement dans la curieuse position d’une théorie cosmologique qui prédit que nous devrions recevoir la visite d’extraterrestres. Dans le même temps, la physique et l’astrophysique suggèrent aujourd’hui que de telles visites ne sont peut être pas si impossibles qu’on le croît.

2. Les dernières avancées scientifiques
Les dernières découvertes astronomiques ont permis de cataloguer plus de 100 exoplanètes, avec une sensibilité de détection maintenant augmentée à tel point que, dans un des cas, l’on en a déduit l’existence d’une planète ayant la même taille et une orbite similaire à celle de Jupiter, autour d’une étoile similaire à notre soleil. Dans le domaine de l’exobiologie, beaucoup de travaux récents suggèrent que certains des éléments constitutifs de la vie pourraient avoir l’espace pour origine et avoir été transportés par des météorites. La possibilité d’une panspermie généralisée a reçu un nouvel élan. Ces découvertes et ces études rendent plausible l’hypothèse selon laquelle une vie intelligente existe ailleurs dans l’univers. C’est, bien sûr, l’hypothèse fondamentale faite par les promoteurs du SETI, le Search for Extraterrestrial Intelligence qui utilise les micro-ondes ou des moyens optiques de détection. L’hypothèse extraterrestre (HET), selon laquelle des êtres intelligents venus d’ailleurs dans l’univers pourraient visiter actuellement la Terre, est devenue beaucoup moins impossible du fait de l’idée que les limites imposées par la vitesse de la lumière – «ils ne peuvent pas parcourir de telles distances» – ne seraient pas aussi contraignantes qu’on l’avait supposé auparavant. Cette restriction a son origine dans la théorie de la relativité restreinte, que nous ne remettons pas en question. Toutefois, dans le cadre de la relativité générale (RG), il existe trois approches qui peuvent légitimement permettre de contourner cette limite, si l’on considère des civilisations disposant de connaissances scientifiques et technologiques suffisamment avancées (peut-être des millions d’années d’avance sur la nôtre !).

Une approche popularisée par Thorne et par Sagan concerne la possibilité de trous de ver, ou « métro cosmique », une forme de raccourci au travers du système métrique que constitue l’espace-temps. En prenant la Relativité Générale comme base, certaines exigences mathématiques pour obtenir des trous de ver traversables ont été calculées et publiées dans la littérature scientifique et il semble qu’il y ait la possibilité de calculer les caractéristiques d’ingénierie des trous de ver, du moins en principe.

Une deuxième approche plus récente, publiée dans la littérature scientifique et s’inscrivant dans la RG a été surnommée le « Warp Drive d’Alcubierre ». Contrairement à la limite de la vitesse à laquelle se déplace la lumière à travers l’espace, il n’y a pas de limite à la vitesse à laquelle l’espace lui-même pourrait s’étendre. Ce mouvement relativiste appelé FTL (Faster Than Light) fait partie intégrante de la théorie de l’inflation, et, vraisemblablement, les zones de l’univers situées au-delà du rayon de Hubble (1) s’éloignent de nous plus vite que la lumière (c). Il a été montré qu’un vaisseau spatial contenu dans un volume de Minkowski pourrait en principe utiliser le phénomène d’expansion FTL de l’espace-temps derrière, avec une contraction similaire vers l’avant, subissant alors une dilatation du temps et des accélérations extraordinaires mais incontrôlables. Une approche similaire consiste à construire un «tube de Krasnikov» pour se connecter à distance à d’autres zones de l’espace. Bien sûr, la matière dite exotique (2) serait requise dans les deux cas. Si la RG elle-même devait être réinterprétée en les termes d’un vide polarisable tel que proposé initialement par Dicke, cela laisserait entrevoir la possibilité d’un système métrique différent dans lequel les propriétés diélectriques du vide pourraient être modifiées de façon à augmenter la vitesse de propagation locale de la lumière. En effet on créerait alors un indice local de réfraction inférieur à l’unité.

Enfin, il y a l’approche selon laquelle on pourrait emprunter les dimensions additionnelles prédites par la théorie des supercordes. Cela consiste à faire traverser par un vaisseau des univers adjacents où les limites de la vitesse de la lumière sont peut être très différentes et de revenir ensuite à l’endroit de notre univers que l’on souhaite atteindre. C’est de loin la possibilité la plus hypothétique.

Il est clair qu’arrivés aux tous premiers stades de l’ingeniérie, les trous de ver et les Warp Drive font surgir des obstacles en apparence insurmontables, tels que des besoins en énergie inaccessibles ou la nécessité d’une matière exotique. Ainsi, si l’on veut y parvenir, ce sera au prix de nouvelles découvertes encore imprévisibles sur lesquelles nous ne pouvons que spéculer, telles par exemple qu’une technologie permettant de contrôler et de traverser les fluctuations aléatoires du vide.

Néanmoins, la possibilité pour des civilisations extraterrestres très en avance sur nous, de réaliser des voyages interstellaires en un temps très réduit n’est pas, contrairement à ce que de naives considérations pourraient le laisser croire, fondamentalement exclue, compte tenu de nos connaissances actuelles des principes de la physique.

La connaissance par des Extraterrestres de l’univers physique peut comporter de nouveaux principes qui nous sont encore inconnus et qui permettent peut-être certaines formes de voyages plus rapides que la vitesse de la lumière. Cette possibilité est à prendre au sérieux, puisque la moyenne d’âge des étoiles situées dans la zone habitable de notre galaxie, où réside également la Terre, est supérieure de 109 années lumières à l’âge de notre propre soleil, ce qui suggère la possible existence de civilisations très avancées sur la nôtre.

Il y a d’autres raisons pour lesquelles l’affirmation « Nous sommes seuls » en tant que solution au paradoxe de Fermi pourrait être remise en cause en faveur de l’hypothèse extraterrestre (HET). L’argument autrefois privilégié selon lequel la biogenèse est un événement extrêmement rare, associé avec la panspermie et l’insurmontabilité des voyages interstellaires, est maintenant à peine tenable à la lumière des connaissances et découvertes cosmologiques récentes. L’HET semble être la solution la plus viable qu’il nous reste, où « ET » est pris dans un sens général de non-terrestre, pouvant inclure des notions extra-dimensionnelles, notamment dans le cadre de la théorie des supercordes.

En tenant compte du niveau scientifique et technologique potentiellement très avancé de civilisations ET beaucoup plus anciennes, couplé avec les nombreux rapports d’observation depuis la Seconde Guerre mondiale évoquant qu’une technologie très avancée semble évoluer à volonté dans le ciel Terrestre, il est logique de chercher des preuves de visites ET, ne serait-ce que dans des échantillons très spécifiques de cas d’observation. Toute réticence à le faire pourrait entraîner notre échec à réaliser que des observations de véritables visites extraterrestres se sont réellement produites. Cette approche, que nous suivons ici, explore la probabilité que nous appartenions effectivement à une grande civilisation, mais que nous ne soyons pas encore conscients de ce fait.

3. Position de l’US Air Force de 1947 à 1969
Les rapports d’observation d’objets inconnus dans le ciel américain et évoquant des sortes d’appareils manufacturés faisant la démonstration de capacités de vol et de manœuvres extraordinaires, ont été portés à la connaissance du grand public à partir de 1947. La première observation a avoir été portée à la connaissance du plus grand nombre a eu lieu le 24 Juin de cette année-là, après quoi s’en sont suivit plusieurs centaines d’observations au cours des mois suivants. Le phénomène a été continu depuis.

Au début l’US Air Force a recueilli les rapports d’observation pour analyse, les regroupant au sein du Projet Sign (1948/49). Lequel fut remplacé par le Projet Grudge (1949/52), puis par le Projet Blue Book (1952/69). Quelques 20% des observations répertoriées dans le Projet Blue Book, entre 1953 et 1965, sont restées inexpliquées, si l’on y inclut les cas à « données insuffisantes ».

Le Battelle Memorial Institute (IMC à Columbus, dans l’Ohio) a découvert, dans son étude de 3201 rapports allant de 1947 à 1952, que le pourcentage des observations inexplicables augmentait avec la qualité croissante des informations accompagnant ces cas et avec la qualité et la fiabilité de leurs observateurs.

Des pourcentages étonnamment élevés, 30% des observations civiles, et celui encore plus surprenant de 38% des observations militaires jugées d’excellente qualité ont été répertoriés comme étant « inconnus ».

En revanche, seulement 15% des cas d’observations civiles et 20% des cas d’observations militaires jugés trop incomplets ont été classés « inconnus ».

L’augmentation dans ce rapport du pourcentage d’ »inconnus » selon que la qualité des données était élevée, est un résultat inattendu, si les observations étaient toutes explicables par des erreurs (défaut d’identification correct du phénomène observé) soit par l’observateur ou par les scientifiques qui ont analysé les rapports. Dans cette collection de 3201 observations, aucune ne fut répertoriée comme canular et seulement 1,5% ont été considérés comme causés par des effets psychologiques.

Ce résultat découvert à la suite de nombreuses années passées par Le Battelle Memorial Institute à analyser le contenu de ces différents dossiers réfute l’allégation faite dans le rapport Condon, et selon laquelle les rapports d’Ovnis seraient le fait d’individus mal informés qui ne sont pas nécessairement fiables.

Il est intéressant de noter que Condon a eu accès aux  résultats de l’étude du Battelle Memorial Institute  mais qu’il n’y fait pas référence dans son fameux Rapport Condon. Le Projet Blue Book a culminé en 1969 avec le soutien officiel du gouvernement au Rapport Condon. Dans son Introduction, son Directeur conclut qu’après des années d’investigation, l’US Air Force n’avait rien trouvé de vraiment nouveau – rien qui permettrait de justifier une remise en cause des connaissances de la Physique de l’époque ou qui validerait l’hypothèse extraterrestre – et que la poursuite de telles recherches n’aboutirait probablement à aucune découverte future. Le rapport recommandait que l’US Air Force mette fin à son projet de recherche, ce qu’elle fit à la fin de l’année 1969.

4. Le rapport Condon (1968)
À la fin des années 60, l’US Air Force a signé un contrat avec l’Université du Colorado afin de procéder à une étude scientifique des éléments de preuve relatifs au phénomène Ovni. Le directeur du projet était le professeur Edward Condon, un éminent et influent physicien qui ne faisait pas mystère de son opinion : selon lui il n’existait aucune preuve d’une visite extraterrestre. L’étude a été relativement brève (2 ans) et a disposé d’un budget particulièrement faible (environ 500.000$) pour une étude scientifique soit-disant sérieuse. Lorsque le rapport Condon a été publié en 1968, la communauté scientifique américaine a accepté sa conclusion apparemment négative en matière de preuves de visites extra-terrestres d’une manière générale, sans y apporter le moindre esprit critique, et dans une certaine mesure même, avec beaucoup d’enthousiasme puisque le Rapport Condon mettait un terme final à une situation gênante. Approuvé par l’Académie nationale des sciences suite à un réexamen exceptionnellement rapide, l’US Air Force utilisa rapidement le rapport comme prétexte pour mettre fin à toute information et implication du public sur ce sujet.

La conclusion négative du rapport est cependant plus illusoire que réelle, car il ya un écart important entre la conclusion située dans le « Résumé de l’étude », écrit par Condon seul, et la conclusion que l’on pouvait raisonnablement tirer des éléments présentés dans le corps principal du rapport. Une telle dichotomie a été rendue possible par la seule et entière autorité de son directeur, le Dr Condon, pour lequel il ne s’agissait pas du travail d’un comité dont les membres doivent parvenir à une conclusion consensuelle. Une analyse du rapport Condon par Sturrock détaille les nombreuses contradictions entre le résumé dédaigneux de Condon et les données réelles.

Compte tenu des milliers de pages du rapport, on peut supposer sans risque que très peu dans la communauté scientifique ont consacré le temps nécessaire à la lecture du document entier. L’impact du rapport a donc largement résulté de la prestigieuse réputation scientifique dont jouissait le Dr Condon, laquelle a entraîné de la part de la communauté scientifique, une acceptation inconditionnelle de son point de vue personnel, comme s’il représentait le résultat d’une véritable enquête scientifique. En effet, comme l’indiquent les conclusions de Sturrock, Condon n’a joué aucun rôle réel dans les enquêtes et a apporté la conclusion qu’il avait déjà l’intention de tirer bien avant que les données aient été dûment examinées, bien loin de toute approche scientifique.

La partie du rapport Condon contenant les analyses des observations ne colle pas avec le « Résumé de l’étude », écrit par Condon. La plupart des événements présentés dans la section « Études de cas » du Rapport n’entre pas dans la catégorie « non identifié », catégorie des ovnis pour laquelle la définition du rapport a été, en substance : « Un stimulus déroutant pour un rapport de quelque chose vu dans le ciel ou ayant atterri sur terre qui n’a pu être identifié comme ayant une origine naturelle ordinaire. » Un examen détaillé de ce rapport laisse cependant apparaître que la majeure partie du rapport lui-même, pour l’essentiel du remplissage scientifique, ne peut cacher à quiconque l’étudie de près qu’il ne porte que sur une fraction infime de la réalité énigmatique des rapports Ovnis, et que son argumentation scientifique est souvent insuffisante. Sur environ quatre-vingt dix cas qu’il analyse précisément, plus de trente sont laissés « inexpliqués ». Quatre de ces cas, analysés à nouveau et présentés en détails lors du Symposium de l’AAAS (American Association for the Advancement of Science) en 1969, ont révélé l’approche a-scientifique que le Rapport Condon en avait fait. Leurs ré-analyses n’ont pas été réfutées depuis. C’est pourquoi nous ne pouvons pas souscrire à l’affirmation du Rapport Condon selon laquelle le phénomène ne fournit pas de nouveaux sujets d’étude pour la science, étant donné que de nombreuses observations sont resté inexpliquées. En outre, dans de nombreux cas prétendument identifiés grâce au travail des équipes du Dr Condon, ces résultats ont été atteints seulement en partant du seul principe présupposé que les témoins avaient vu quelque chose de différent, dans le détail, de ce qu’ils avaient rapporté. En outre, en 1971, un comité de l’Institut américain d’aéronautique et d’astronautique a estimé difficile d’ignorer le petit résidu de cas bien documentés et inexplicables qui forment le noyau dur de la controverse Ovni. De toute évidence, les conclusions du rapport Condon sont insuffisantes au regard du phénomène et des enjeux qui s’y rattachent.

Sa principale conclusion élude la question principale, à savoir l’échec à expliquer toutes les observations, en disant : « Les données présentées sur les Ovnis ne montrent aucun signe que ces phénomènes constituent une menace directe pour la sécurité nationale ». Cela n’est pas incompatible, toutefois, avec une certaine fraction de rapports inexpliqués laissant apparaître de possibles réelles visites extraterrestres.

rapportcondon.gif

5. Une nécessaire ré-évaluation du phénomène
5.1 Observations depuis le rapport Condon
Le paradoxe que représentent les conclusions du rapport Condon, ainsi que le renforcement du paradoxe de Fermi au travers de l’évolution récente de la cosmologie, de la physique, de l’astronomie et de l’astrobiologie, ne sont que deux des nombreuses raisons de réévaluer le phénomène Ovni. Une autre raison est que les observations n’ont pas cessé avec la publication du Rapport Condon en 1969. De nombreuses observations détaillées ont été rendues disponibles pour pouvoir les analyser. Les scientifiques ne devraient pas hésiter à les étudier d’autant que le rapport Condon lui-même a indiqué que « tous scientifiques disposant d’une formation adéquate et de crédits  visant à une étude clairement définie et des propositions spécifiques pour une approche d’une étude des rapports Ovni doivent être soutenus. »

Un type d’observations méritant d’être étudiées sont celles qui ont eut lieu le 31 décembre 1978 au large de la côte nord-est de South-Island, en Nouvelle-Zélande [NDLR :Il s'agit du cas de Kaikoura]. Elles ont impliqué plusieurs sources d’observation et ont donné lieu à des données enregistrées sur bande magnétique et sur vidéo au cours des observations, et ont été corrélées visuellement par des observations visuelles en vol ainsi que par des radars embarqués ainsi qu’au sol. Ces phénomènes lumineux ont été enregistrés sur un film vidéo couleur et ont donné lieu aux rapports de huit témoins qui ont été impliqués. L’analyse des données enregistrées et des témoignages indique que ces objets inconnus émettaient une lumière vive, qu’ils ont été détectés par radar, filmés et qu’ils se déplacaient apparemment en réaction et en fonction des mouvements de l’avion transportant les témoins. Les observations ont défié toutes les explications conventionnelles.

Certaines enquêtes au sujet d’observations inexplicables ont été soutenues par des gouvernements en dehors des États-Unis depuis 1977, le CNES (agence spatiale française) a engagé une enquête officielle sur les rapports Ovni par le biais du GEPAN, devenu ensuite le SEPRA puis le GEIPAN. Pendant la vague d’observations en Belgique en 1989-90, les fonctionnaires civils et militaires ont coopéré en communiquant entre eux leurs cas avec témoins, données radar et données vidéo-image d’objets volants triangulaires.

5.2 Informations confidentielles aujourd’hui disponibles
Les enquêteurs du rapport Condon n’ont pas eu pleinement accès à toute l’information ni aux analyses réalisées auparavent par l’Intelligence Bureau de l’US Air Force (U.S. Air Force Office of Intelligence – AFOIN)  ni à l’ensemble des informations recueillies pour le projet Blue Book. La plupart de ces renseignements ont été divulgués après 1968. Leurs sources ont été de cinq sortes. Tout d’abord, l’US Air Force a publié les dossiers complets du projet Blue Book en 1975. Cette version comprenait des fichiers du Bureau de la Force aérienne des enquêtes spéciales (AFOSI), indisponibles auparavant. Deuxièmement, la Freedom of Information Act (Loi  sur la liberté de l‘information), entrée en vigueur dans le milieu des années 1970, a abouti à la divulgation d’informations importantes provenant d’autres organismes (FBI en 1977, CIA en 1978, etc ), mais souvent sous une forme censurée (avec parfois de nombreuses portions noircies).

Une troisième source d’information provient du déblocage et de la divulgation, entre 1980 et 2000, d’un ensemble de rapports  détenus par le AFOIN depuis la fin des années 1940 et début des années 1950. Ces informations ont été diffusées au cours des 20 dernières années en raison des exigences de la nouvelle norme de déclassification des documents anciens. Elles montrent que l’US Air Force concluait elle-même que près de 5% des observations étaient inexplicables, malgré des rapports précis et détaillés de la part d’observateurs crédibles, contredisant ainsi ses propres déclarations publiques selon lesquelles toutes les observations pouvaient être expliquées. Les documents apportent même une explication sur les raisons pour lesquelles l’US Air Force affirma au FBI en août 1952 ainsi qu’en octobre 1952, que certains haut gradés envisageaient sérieusement l’origine  « interplanétaire » du phénomène.

Quatrièmement, les gouvernements de pays autres que les États-Unis ont, au cours des 25 dernières années, publié des informations pertinentes recueillies par leurs services (Forces armées et Polices). Non seulement la France, par le GEPAN et le SEPRA, qui a publié des rapports d’observation, mais aussi le Ministère anglais de la Défense, lequel a récemment publié un certain nombre de documents. Les gouvernements espagnol et canadien ont également publié des documents dans les années 70 et 80. En outre, certains gouvernements dont la France ont des groupes officiels d’enquête sur ce sujet. En 1997, en réponse aux observations civiles et militaires survenues au cours des années précédentes, la Force aérienne du Chili a formé le Comité pour l’étude des phénomènes anormaux (CEFAA), dirigé par un ancien Général de leur Force aérienne, ayant pour siège social l’école technique de l’aéronautique à Santiago. Bruce Maccabee a été invité au Chili en 1999 pour donner des conférences lors d’un symposium parrainé par le CEFAA et pour discuter des observations. La Force aérienne du Pérou a également créé un groupe similaire en 2001. Le Brésil et l’Uruguay ont également des groupes d’enquête comparables.

Une cinquième source d’informations inaccessibles ou non utilisées par les enquêteurs à l’époque du rapport Condon se compose de nombreux témoins d’observations ayant travaillé au sein du gouvernement ou des armées américains entre 1940 et 1968,  qui ont depuis lors passé l’âge de la retraite, et se sont mis a témoigner d’informations de « première main ». Estimant qu’il était plus important d’informer les citoyens que de continuer à garder le silence à ce sujet. Une des réticences à signaler les événements Ovni découle d’une tendance à la décrédibilisation qui, depuis les années 1950, s’est installée sur le sujet. Cette tendance a été induite en partie par la CIA en 1953, avec le comité Robertson qui a recommandé un programme de décrédibilisation visant à s’attaquer à la réalité du phénomène.

Le principe de démystification consiste le plus souvent à inciter une personne faisant figure d’autorité à affirmer, de son propre gré et sans interroger les témoins, que tout ce qui a été observé et signalé comme extraordinaire relève plutôt de mauvaises identifications de choses banales. Humiliant à l’encontre de témoins sincères et crédibles. Les principaux médias d’informations ont rapidement repris des formulations sarcastiques telles que « petits hommes verts » et « fous de soucoupes », et se sont progressivement coupés eux-même du fond du sujet – reporters, rédacteurs en chef et propriétaires de journaux et de médias – tous effrayés par un ridicule justifié ou non, au même plan que les scientifiques et les politiciens. Le refus, dans les années 50 et 60, par l’US Air Force de diffuser les données d’observation qu’elle avait recueilli n’a fait que rajouter au problème, étant donné que les preuves recueillies par le gouvernement n’étaient pas rendues disponibles pour soutenir la crédibilité des témoins.

En 1960, le premier directeur de la CIA évalua la situation comme suit : « Dans les coulisses, les officiers haut-gradés de l’US Air Force sont sérieusement concernés par les Ovni. Mais du fait du secret officiel et de la décrédibilisation, de nombreux citoyens sont poussés à croire que les Ovni sont une absurdité … pour cacher les faits, l’US Air Force a réduit son personnel au silence. Le rapport Condon a aggravé ce problème, car il a démontré qu’il suffisait que des hommes de science se contentent d’alléguer que les témoins se trompaient ou étaient malhonnêtes pour convaincre la plupart de leur collègues scientifiques, même s’ils ne disposaient eux-même d’aucune preuve pour étayer leurs allégations. Cela a conduit à une plus grande réticence à se manifester de la part des témoins. » En conséquence, « les témoins d’Ovni les plus crédibles sont souvent les plus réticents à présenter un rapport de l’événement dont ils ont été témoins. » Ce facteur de « ridicule » a empêché de nombreux chercheurs sérieux de ne serait-ce que tenter de faire un rapport sur leurs découvertes dans des journaux a referee consultés par la majorité des scientifiques. Par conséquent, l’une des recommandations faites en 1997 par le modérateur d’un comité de scientifiques encourageait les éditeurs de revues à changer leur politique de refus, à envisager enfin et très sérieusement d’accepter de publier des articles liés au phénomène OVNI, afin que cette difficulté soit atténuée.

6. Envisager une stratégie extraterrestre
Si l’on admet qu’au moins quelques observations inexplicables pourraient être des manifestations d’une intelligence extraterrestre, il existe alors une autre raison de réévaluer la question : une reconnaissance croissante du phénomène au cours des deux dernières décennies, impliquant qu’une grande partie des comportements manifestes de certains Ovni peut être considérée comme étant tout à fait rationnelle. La question des comportements extraterrestres a donné lieu à de nombreuses discussions dans le cadre du programme SETI, au cours des 30 dernières années. Le SETI s’est basé sur l’hypothèse que le paradoxe de Fermi trouverait sa solution par le biais de la poursuite et du renforcement de la recherche à travers l’espace de signaux électromagnétiques révélateurs de transmissions d’origine extraterrestre. Plusieurs raisons pouvant expliquer l’échec du SETI ont été proposées.

Depuis les années 70, des partisans d’une présence secrète d’extraterrestres dans notre voisinage ont également fait valoir leurs hypothèses et scénarios, rejettant l’hypothèse selon eux improbable que des extraterrestres venus sur Terre depuis l’espace profond soient animés d’intentions hostiles – une hypothèse qui aurait selon eux pour conséquence que nous n’existerions pas en tant que civilisations libres de nous développer si nous étions au seing d’une galaxie entièrement colonisée et/ou explorée. Les personnes croyant en un contact possible présument plutôt que des groupes extraterrestres avancés auraient une éthique équivalente au minimum à la nôtre et s’inquiéteraient au contraire de leur propre sécurité. Ce qui pousserait des extraterrestres à entreprendre des voyages interstellaires pourrait être d’accroître leurs connaissances par l’exploration de l’espace plutôt que de coloniser et de rechercher la domination. Ainsi, des hypothèses ont été formulées expliquant pourquoi des extraterrestres ayant découvert notre présence n’auraient pas encore pris ouvertement contact avec nous. Dont entre autres celle du zoo intergalactique, sorte de pouponnière tenue sous quarantaine ou bien sous embargo. La plupart de ces hypothèses postulent que la plupart de ces extraterrestres nous ont souvent repéré semi-clandestinement et qu’ils ont conclu que nous ne sommes soit pas encore assez mûrs soit pas assez préparés pour un contact ouvert, tout contact trop brusque pouvant provoquer le chaos dans nos sociétés et la chute de nos gouvernements. Elles supposent également que des interférences extraterrestres sur nos sociétés pourraient conduire à une rupture prématurée du développement de nos civilisations, si elles devaient avoir lieu avant que nos connaissances aient atteint un point qui nous permettrait de comprendre d’où ces étrangers peuvent venir et à quel point ils sont en avance sur nous.

Une incohérence grave dans ce raisonnement, cependant : le maintien d’un secret total au sujet de la présence d’extraterrestres sur ou à proximité de la Terre dans notre système solaire conduirait également au chaos social dès qu’une tel secret serait découvert, à moins que ces extraterrestres aient mis en place un programme de divulgation graduelle – visant à lever progressivement le secret. Bien que l’hypothèse du zoo ou de l’embargo soient invérifiables, l’hypothèse de la levée progressive du secret pourrait se vérifier en tenant compte du Phénomène Ovni. Une grande partie de cette preuve semble constituer une telle faille dans le maintient du secret : une sorte de « programme local d’enseignement » prenant la forme du Phénomène Ovni, et mis en oeuvre depuis 1947, si ce n’est avant.

De nombreuses observations ont été de nature à attirer l’attention sur leur technologie et à informer des groupes isolés de témoins qu’ils sont attentifs à nos comportements. Une catégorie clef parmis ces cas implique des rapports dans lesquels des personnes dans un véhicule en mouvement ont été les témoins médusés d’un objet qui suivait les trajectoires et les manoeuvres de leur voiture ou de leur avion, et ce en totale contradiction avec toutes les règles d’observation qui permettrait d’expliquer de telles observations par la présence d’objets astronomiques ordinaires. De même, dans un certain nombre de cas aéronautiques ayant soit accompagné des avions, soit approché ces derniers, des objets ont été détecté au radar ainsi que visuellement. En outre, l’apparence extraordinaire de ces objets, leur manoeuvrabilité et les interférences souvent simultanées avec les systèmes électriques des avions excluent toutes explications conventionnelles.

Bien que les observations individuelles, localisées et généralement brèves peuvent avoir fourni des preuves suffisantes pour convaincre les témoins concernés et les personnes ayant analysé ces observations, le fait est que, depuis que des observations ont commencé à être largement rapportées, en 1947, aucun de ces événements n’a persisté en un seul endroit bien visible, pendant un lapse de temps suffisamment long, ni démontré ses capacités devant suffisamment de témoins à la fois, pour que les médias s’en emparent et se mettent tous en même temps à faire part de l’information au monde entier. Ils n’ont pas non plus laissé de traces suffisantes derrière eux pour permettre à de nombreux scientifiques d’être totalement convaincus. Nous suspectons que cette prudence de comportement pourrait ne pas être dûe hasard.

Pour le dire autrement, du point de vue des chercheurs qui étudient ces phénomènes, les rencontres rapprochées et autres observations peuvent être très intrusives et manifestes. Cependant, du point de vue de la communauté scientifique et de la société dans son ensemble, ce n’est pas le cas, en raison de la relative rareté dans le temps et dans l’espace d’observations convaincantes et du nombre limité de témoins dans la plupart des cas. La conclusion est que, en ne fournissant pas aux scientifiques et à la société en général de preuves suffisantes de leur existence réelle, les extraterrestres suivent une stratégie ou un programme qui évite d’infliger à nos sociétés dans leur ensemble le choc catastrophique que pourrait causer tout contact manifeste, tout en nous préparant à un éventuel contact ouvert. Cela pourrait dire quelque chose sur leur niveau éthique.

Proposer un certain niveau éthique extraterrestre n’est pas nouveau; il fut suggéré en 1981 qu’il était possible que des extraterrestres avancés se conforment à un Codex Galactica qui les obligerait à traiter des civilisations émergentes avec délicatesse. Une telle norme de comportement est cohérente avec la réalité du phénomène Ovni et le fait que nous n’ayons été ni colonisé ni conquis ni exterminés au cours des 56 dernières années, ni au cours des précédents millénaires, et que nos sociétés n’aient pas été traumatisées par les extraterrestres ou par leurs potentielles sondes robotisées. Il est également compatible avec l’échec des commissions d’enquête visant à déterminer la menace directe que les OVNIS pourraient constituer pour les sécurités nationales. D’autre part, il semble tout aussi évident que les extraterrestres ne sont pas intervenus dans les affaires mondiales, de quelque manière bienveillante qui aurait prévenu l’homme des guerres, de la famine et de la maladie. En fait, il existe de nombreux cas dans lesquels des témoins, positionnés trop près du phénomène, ont été blessés ou lésés. D’autres cas existent, cependant, dans lesquels des témoins ont été guéris de blessures ou de problèmes médicaux. Tout cela suggère que les interactions extraterrestres avec les humains ont globalement une base éthique neutre et bienveillante.

7. Conclusions
Bien que le phénomène OVNI se poursuive encore et ce depuis plus de deux générations, la longueur d’avance technologique considérable des extraterrestres présumés provoquerait encore aujourd’hui un énorme choc pour beaucoup de scientifiques ainsi que pour les citoyens, comme l’a indiqué le Rapport Brookings. Ce choc pourrait être si énorme qu’il représenterait, risque non négligeable, un sérieux défi pour notre réalité consensuelle. Le fait que, confrontés à leurs capacités présumées et à leur avantage évolutif, nous serions impuissants, pourrait représenter un danger. Auquel s’ajoute le fait que notre science aurait des difficultés à surmonter le gouffre qui pourrait nous séparer d’eux. Néanmoins, la réalité du phénomène et l’hypothèse que nous avons été depuis longtemps découverts par des extraterrestres avancés sont maintenant plus probables que la conclusion du paradoxe de Fermi se basant sur la non-existence d’extraterrestres avancées et sur leur incapacité à explorer ou à coloniser la galaxie. Par conséquent, une recherche scientifique ouverte sur le sujet est nécessaire, avec une attention particulière pour certains rapports Ovni de haute qualité, lesquels présentent des indices significatifs impliquant une intelligence et une stratégie extraterrestres.

(Journal of the British Interplanetary Society [JBIS], Vol. 58; p. 43-50, 2005 )

(1)  Le rayon de Hubble est la distance au-delà de laquelle les vitesses de récession apparentes deviennent relativistes (c‘est-à-dire proches de la vitesse de la lumière). Il mesure la portion observable d‘un univers en expansion (soit quelques dizaines de milliards d‘années-lumière, en tout état de cause). JFG

(2) toute matière qui ne se comporterait pas comme la matière baryonique (c‘est-à-dire celle qui est composée essentiellement de protons et de neutrons) : matière dont la masse serait négative, matière noire (celle qui est apparemment indétectable et qu‘on invoque pour rendre compte d‘effets gravitationnels cosmiques inattendus JFG

document original : CONSEQUENCES DE LA THEORIE DE L'INFLATION SUR LA POSSIBILITE DE VISITE EXTRATERRESTRE dans Exo-contacts pdf consequencesdelathoriedelinflationenglishversion.pdf

source : http://scienceetovnis.eklablog.com/inflation-theory-implications-for-extraterrestrial-visitation-p65108       (Prenez le temps de visiter ce blog…)

Michio KAKU, titulaire de la Chaire Henry Semat et professeur en physique théorique au City College de New York 

http://www.dailymotion.com/video/xa3lhs

DECLASSIFICATION DES DOSSIERS OVNIS PAR LA NOUVELLE-ZELANDE 22 décembre, 2010

Posté par skystars dans : Exo-contacts , ajouter un commentaire

32 ans après  la fameuse observation de Kaïkoura, la Nouvelle-Zélande a déclassifié de nombreux dossiers d’observation sur les ovnis.

Dans ces dossiers sont répertoriés tous les cas d’observation d’objets volants non-identifiés rapportés aux autorités depuis le début des années 1950, y compris le mystère de Kaikoura en 1978.

Grâce aux requêtes formulées par le public, ils sont désormais accessibles, après que les autorités de la défense aient retiré toutes les informations relatives aux personnes, conformément à la législation en vigueur.

Annoncés il y a plusieurs mois, les documents sont depuis quelques jours disponibles sous la forme d’une publication en 12 volumes, comportant au total plus de 2000 pages. Les Forces armées par la voix du chef d’escadron Kavae Tamariki ont indiqué qu’elles s’abstiendraient de tout commentaire sur le contenu de ces dossiers. En effet, seules les informations relatives aux cas d’observation auraient été collectés,  sans qu’aucune enquête ou rapport ne soit effectué pour les justifier, faute des ressources nécessaires.

Image de prévisualisation YouTube

Les ufologues espèrent néanmoins trouver dans ces dossiers des détails sur les cas d’observation d’ovnis  les plus célèbres, notamment le fameux cas de Kaïkoura, le 21 décembre 1978.

profilejohncordy.jpgLe contrôleur aérien en retraite, John Cordy, 77 ans s’en souvient toujours. Il était dans la tour de contrôle trafic aérien, ce soir-là. Il maintient qu’il n’y a pas d’explication logique à ce qui s’est passé.  Lui et son collègue ont été les témoins de lectures-radar inexplicables à un moment où aucun avion n’était autorisé à être dans la zone. Dans le même temps, l’équipage d’un avion-cargo Argosy avait rapporté la présence d’étranges lumières autour de leur appareil, qui les avaient suivis pendant plus de 60 km. Aucune explication satisfaisante n’a été trouvé à ce jour et le mystère demeure.

 

Image de prévisualisation YouTube

 

commentaires

Pour mémoire, les images du film de l’Ovni de Kaïkoura ont été présentés aux autorités françaises lors d’une réunion au cabinet du Ministre des Armées à Paris le 26 avril 1983, par MM.  Philippe SCHNEYDER, Jacques MANIEZ, et Jean-François GILLE.

Outre les présentateurs, étaient présents, sauf erreur ou omission :

- M. Louis DARINOT, Président de la Commission de Défense et des Forces Armées à l’Assemblée Nationale

- M. AUMONT, Vice-Président de la Commission de Défense

- M. Claude DESJEAN, Chef de cabinet

- MM les Colonels DE LA CAPPELLE, LEMASSON, respectivement experts « Terre » et « Air »

- M. Le Commandant GALLOY, expert « Marine »

- M. le Lieutenant-Colonel ESMAILLER, représentant l’Ecole Supérieure de Guerre

- M. le Commandant DE ROTALIER, représentant du SIRPA

 

L’EXOBIOLOGIE A LA RECHERCHE D’UNE SECONDE GENESE 17 décembre, 2010

Posté par skystars dans : Exo-contacts , ajouter un commentaire

 

andrebrack.jpgPar André BRACK

                                  Centre de biophysique moléculaire, CNRS, Orléans, 

André BRACK est exobiologiste. Directeur de recherche honoraire au CNRS, il étudie les origines de la vie, son évolution et sa distribution dans l’Univers dans l’équipe d’Exobiologie qu’il a créée au Centre de biophysique moléculaire du CNRS à Orléans. Il est membre honoraire de l’Institut d’Astrobiologie de la NASA, président d’honneur du Réseau Européen d’Astrobiologie et président d’honneur de Centre-Sciences, structure de vulgarisation des sciences de la Région Centre.

Il a publié plus de 190 articles scientifiques dans des revues internationales, de nombreux articles de vulgarisation et 10 livres dont « La vie dans l’Univers. Entre mythes et réalités » aux Editions de la Martinière en mars 2009.

L’Equipe d’exobiologie étudie la chimie des acides aminés dans le cadre de l’origine de la vie (synthèse dans l’espace interstellaire, exposition dans l’espace, impacts), recherche les plus anciennes traces de vie fossilisées ainsi que la passée, voire actuelle, sur Mars (mission européenne ExoMars, météorites martiennes artificielles). Au plan international, l’Equipe d’Exobiologie mène deux types d’expériences avec l’ESA:

 1) des expériences d’exposition dans l’espace à bord de la Station Internationale;

2) elle pilote les expériences STONE de météorites artificielles sur les satellites russes FOTON. L’Equipe collabore également avec la NASA dans le cadre des missions internationales en développement (Max-C (NASA)-ExoMars (ESA) en 2018, Retour d’échantillons martiens en 2022).

Membre de la Commission SIGMA de la 3AF, André BRACK a accepté de rédiger un article, spécialement pour la Lettre 3AF, sur les connaissances actuelles des conditions de la genèse de la vie sur Terre et les projets des scientifiques, à la recherche d’une vie extraterrestre.

 

INTRODUCTION

Sur Terre, on admet généralement que la matière se mit à vivre dans l’eau des océans il y a environ 4 milliards d’années. Le nombre de molécules nécessaires au démarrage de la vie est inconnu et toutes les tentatives menées en laboratoire pour recréer une vie primitive sont restées vaines à ce jour. Les chances de succès du chimiste vont dépendre de la complexité du système initiateur, donc du nombre de molécules impliquées.  La découverte d’une seconde genèse de la vie,  indépendante de la vie terrestre, apporterait la preuve du caractère répétitif du phénomène et donc de sa relative simplicité.

 

Les recherches de vie extraterrestre portent sur les corps du système solaire (Mars, Europe, Titan, Encelade) et sur les planètes extrasolaires. Au-delà de l’intérêt sociétal évident, la détection par SETI  (2) d’un signal émis par une civilisation  intelligente, ou mieux encore une visite confirmée de voyageurs extraterrestres (3), répondrait de manière spectaculaire  à cette attente.

 

DÉFINIR LOBJET DES RECHERCHES

 

Mais quel type de vie cherche-t-on ? Et tout d’abord, qu’est-ce que la vie ? Seront considérés comme vivant a minima, des systèmes ouverts (recevant donc matière et énergie) capablesde s’auto reproduire et d’évoluer. Sont recherchées desstructures moléculaires, sortes d’automates chimiques, capables de générer des structures à leur image, produisant ainsiplus d’elles-mêmes par elles-mêmes et capables de générer  des structures plus aptes à se reproduire par suite de légères erreurs de copie.

Dans une première approche, les exobiologistes  utilisent la vie terrestre comme référence et limitent leurs recherches à une vie utilisant ses ingrédients de base, à  savoir l’eau et les molécules « organiques », molécules construites sur un squelette d’atomes de carbone auxquels sont associés des atomes d’hydrogène, d’oxygène, d’azote, de soufre, de phosphore.

 

L’EAU BERCEAU DE LA VIE

 

Pour pouvoir s’assembler, les molécules devaient posséder une certaine mobilité. L’état solide n’est pas approprié, les molécules n’y étant pas mobiles. La phase gazeuse permet une diffusion rapide des molécules mais l’inventaire des molécules volatiles est trop réduit. La phase liquide offre le meilleur environnement pour la diffusion et l’échange des molécules.

L’eau était présente à la surface de la Terre peu de temps après sa formation, il y a plus de 4 milliards d’années,  comme l’attestent les rapports isotopiques de l’oxygène mesurés dans un zircon – un cristal de silicate de zirconium contenant des traces d’uranium et de thorium permettant de le dater – vieux de 4,4 milliards d’années retrouvé dans des sédiments d’Australie occidentale. La Terre primitive consistait en petits continents entourés de bassins d’eau peu profonde mais chaude, de l’ordre de 50 à 80°C. Elle ressemblait à l’Islande d’aujourd’hui. La Terre avait la bonne taille et était à la bonne distance du Soleil. Trop petite, comme la Lune ou Mercure, la Terre aurait été incapable de retenir une atmosphère nécessaire au maintien de l’eau liquide à sa surface. Trop grosse, comme Saturne et Jupiter, elle aurait été gazeuse et la présence de l’eau n’y aurait pas été possible. Une planète trop près de son étoile va voir sa température s’élever sous l’effet du rayonnement stellaire. L’eau s’évapore en chargeant l’atmosphère de grandes quantités de vapeur d’eau qui contribuent à l’effet de serre et au réchauffement climatique. Le phénomène rétroactif risque d’entraîner un effet de serre divergent: l’eau de surface est transférée dans la haute atmosphère où elle est décomposée en hydrogène, qui s’échappe dans l’espace, et en oxygène qui se combine aux roches de la surface planétaire. Une planète loin de son étoile ne peut abriter de l’eau liquide à sa surface que si elle arrive à maintenir un effet de serre permanent.

 

Toutefois, l’eau risque de provoquer sa propre disparition en dissolvant les gaz à effet de serre. Dissout par la pluie, le dioxyde de carbone, par exemple, va se transformer en carbonate insoluble (calcaire) au fond des océans. L’effet de serre va s’atténuer, la température va chuter au point de transformer toute l’eau en glace dans le sol (pergélisol).

Sur Terre, la tectonique de plaques, mise en place dès les premiers 1,5 milliards d’années, décompose les carbonates enfouis dans le manteau par subduction ce qui permet le recyclage du dioxyde de carbone via les volcans. Sa distance au  Soleil est telle que la Terre n’a probablement jamais connu  dans son histoire ni l’effet de serre divergent de Vénus, ni la glaciation divergente de Mars.

 

2. Voir dans La Lettre 3AF N°2-2009, l’article consacré au SETI Institute et à la recherche de la vie extraterrestre.

3. Voir également, les articles consacrés à ce sujet dans La Lettre 3AF (N°5-2008, N°3-2009)

 

LA FILIÈRE ATMOSPHÉRIQUE

 

Grâce à leur tétravalence (quatre bras de fixation), les atomes de carbone permettent la construction d’échafaudages moléculaires de plus en plus complexes qui vont permettre aux systèmes d’évoluer. Les formes de carbone les plus simples susceptibles de conduire aux molécules organiques prébiotiques sont gazeuses : dioxyde de carbone (CO2) et  monoxyde de carbone (CO) pour les formes oxydées et méthane (CH4) pour la forme réduite. L’idée que les ingrédients  carbonés de la vie primitive aient pu être fabriqués dans l’atmosphère de la Terre primitive se trouva vérifiée en 1953 par l’expérience remarquable de Stanley Miller qui obtint quatre acides aminés – les constituants élémentaires des protéines – en soumettant un mélange de méthane, d’hydrogène, d’ammoniac et d’eau à des décharges électriques.

Toutefois, l’atmosphère de la Terre primitive était dominée par du dioxyde de carbone accompagné, dans une moindre mesure, par de l’azote et de la vapeur d’eau. Elle était dépourvue d’oxygène mais possédait probablement du méthane dont la teneur reste difficile à apprécier et fait toujours débat.

Lorsque l’on refait l’expérience de Miller en remplaçant progressivement  le méthane par du dioxyde de carbone, conditions plus proches de la réalité, la formation d’acides aminés devient de plus en plus difficile.

L’atmosphère primitive ne fut probablement pas la seule source de matière organique ayant permis l’émergence de la vie terrestre.

 

LA FILIÈRE SOUS-MARINE

 

Les sources hydrothermales sous-marines constituent un milieu exceptionnel qui a peu évolué depuis quatre milliards d’années. Les éléments indispensables à la fabrication des pièces d’automates chimiques y sont présents: hydrogène, azote, monoxyde et dioxyde de carbone, hydrogène sulfuré, méthane et, bien sûr eau. Le magma fournit en continu l’énergie nécessaire sous forme de chaleur. Le milieu est protégé des effets destructeurs des rayons ultraviolets par la couche d’eau océanique qui amortit également le bombardement météoritique. Par exemple, les gaz qui s’échappent du système hydrothermal de Rainbow sur la dorsale océanique au large des Açores renferment 45% d’hydrogène et 43% de dioxyde de carbone, une situation propice à la formation d’hydrocarbures, composés organiques constitués de carbone et d’hydrogène. Effectivement, des hydrocarbures comprenant  entre 16 et 29 atomes de carbone ont été détectés dans ces fluides.

3afexo1copie.jpg
 Figure 1. Micrométéorites (50- 100 μm) collectées dans la glace de l’Antarctique (crédit Michel Maurette).

 

LA FILIÈRE EXTRATERRESTRE

 

Les météorites, de l’ordre de quelques dizaines de kilogrammes, arrivent sans être détruits à la surface de la Terre.

Actuellement, il en tombe quelques dizaines de tonnes par an mais il en tombait probablement 1000 fois plus il y a 4 milliards d’années. Quelques pourcents des 20000 météorites conservées dans les différents muséums d’histoire naturelle de par le monde, représentées typiquement par les météorites d’Orgueil et de Murchison, renferment des composés organiques, des hydrocarbures mais également des composés plus proches des composés biologiques: acides carboxyliques, acides aminés, hétérocycles azotés, amines, amides, alcools, etc.

La météorite carbonée de Murchison renferme plus de 70 acides aminés différents. Au nombre de ceux-ci on trouve 8 acides aminés protéiques. Dans une molécule organique, l’atome de carbone occupe généralement le centre d’un tétraèdre. Lorsque les quatre groupes d’atomes aux sommets du tétraèdre sont différents, son image dans un miroir ne lui est plus superposable. Le carbone devient asymétrique.

Il existe alors deux formes non superposables, images l’une de l’autre dans un miroir, une forme L et une forme D, comme nos deux mains. Il existe ainsi des acides aminés L et des acides aminés D. Les protéines n’utilisent que les acides aminés L. On dit qu’elles sont homochirales (du grec kheir, main).

Dans l’état actuel des connaissances, une vie qui utiliserait indifféremment et simultanément les formes L et D des acides aminés semble très improbable. En revanche, une vie utilisant exclusivement les acides aminés D est parfaitement envisageable.

Deux vies symétriques se sont peut-être développées en concurrence sur la Terre primitive, la vie que nous connaissons finissant par l’emporter. Cependant, il n’y a aucune signature fossile connue de cette vie “ dans un miroir ”. On entrevoit pourquoi la vie doit impérativement être asymétrique mais se pose alors la question de l’origine du signe de la vie actuelle. Une explication pourrait être apportée par les météorites.

Dans plusieurs météorites carbonées, il existe en effet un excès d’acides aminés L pouvant atteindre 18%. La découverte d’un rayonnement polarisé dans un nuage moléculaire de la nébuleuse d’Orion pourrait expliquer l’origine extraterrestre  de cet excès de forme L, excès qui a peut-être orienté la chimie vers l’asymétrie de la vie.

Des collectes de poussières interplanétaires dans les glaces du Groenland et de l’Antarctique permettent d’évaluer à environ 5 x 1024 g la quantité de micrométéorites accrétées par  la Terre pendant les 200 millions d’années du bombardement intense. Considérant que 20 % en poids de ces micrométéorites ne fondent pas pendant la traversée atmosphérique et qu’elles contiennent en moyenne 2,5 % de carbone organique, la masse totale de kérogène livrée à la Terre fut d’environ ~2,5 x 1022 g, représentant une couche de 40 m d’épaisseur  de « cambouis » à la surface de la Terre. Pour donner un ordre de grandeur, cette valeur représente 25 000 fois la valeur actuelle du carbone biologique recyclé à la surface de la Terre, soit ~1018 g.

 

LES EXPÉRIENCES DE SIMULATION

 

Pour vérifier la pertinence de la synthèse d’acides aminés dans les conditions du milieu interstellaire, un mélange de glaces d’eau, d’ammoniac, de méthanol, de monoxyde et de dioxyde de carbone a été irradié au Laboratoire d’astrophysique de Leyde aux Pays-Bas, dans des conditions mimant celles du milieu interstellaire (vide poussé, température de – 261°C). Une fois ramenés à la température ambiante, les échantillons ont été analysés dans notre laboratoire à Orléans. Nous avons identifié 16 acides aminés dont 6 font partie des 20 acides aminés protéiques (glycine, alanine, valine, proline, serine, acide aspartique) démontrant ainsi que la synthèse d’acides aminés est possible dans des conditions simulant le milieu interstellaire.

Par ailleurs, des films d’un acide aminé – la leucine – contenant des proportions équivalentes de formes D et L, ont été soumis au rayonnement polarisé circulairement de la ligne de lumière SU5 du synchrotron du LURE à Orsay pour simuler les conditions du milieu interstellaire. Les expériences ont permis de mettre en évidence un enrichissement en l’une des formes de l’ordre de 1 à 2%.

Les météorites, dont la masse est supérieure à cent grammes, peuvent transporter les acides aminés. Cependant, l’apport en météorites est très minoritaire comparé à celui des micrométéorites. Des expériences spatiales ont été menées en orbite terrestre pour déterminer à partir de quelle taille une micrométéorite devient un transporteur possible d’acides aminés. Des acides aminés commerciaux, similaires à ceux présents dans la météorite de Murchison, ont été exposés aux conditions de l’espace pendant quinze jours lors de deux vols de capsules automatiques russes FOTON. Ils ont été exposés seuls, mais également enrobés dans une argile.

Les analyses effectuées après le vol ont révélé un déficit significatif de certains acides aminés dans les échantillons exposés au rayonnement solaire. Aucun déficit n’a été constaté lorsque les échantillons sont associés à l’argile, dont l’épaisseur doit néanmoins être supérieure à 5 microns.

3afexo2copie.jpg

Figure 2. Le satellite automatique FOTON après son retour dans la plaine du Kazakhstan (crédit ESA)

Un troisième vol s’est déroulé à bord de la station MIR. Pour cette mission, différentes protections minérales ont été utilisées, une argile, une poudre de basalte et une poudre de météorite. Après trois mois en orbite terrestre, les acides aminés ont été détruits à hauteur de 50% en l’absence de protection minérale. A épaisseur égale, c’est la poudre de météorite qui a présenté le meilleur pouvoir protecteur, à partir d’une épaisseur de 5 microns. En d’autres termes, toute  micrométéorite de taille supérieure à 5 microns constitue un bon transporteur d’acides aminés dans l’espace.

 

RECRÉER LA VIE EN TUBES À ESSAIS

 

L’universalité du code génétique et le mode de fonctionnement cellulaire utilisé par tous les systèmes vivants actuels suggèrent que la vie est apparue sous les traits d’une mini cellule. A partir des petites molécules organiques, les chimistes se sont donc efforcés de reconstituer en laboratoire des modèles réduits de membranes, de protéines et d’acides nucléiques, ADN et ARN.

Certaines substances organiques présentes dans les météo- rites carbonées de Murchison et d’Allende forment des cloisons qui ressemblent à des membranes, une fois plongées dans l’eau. Des acides gras sont notamment présents dans ces météorites. Toutefois, les membranes produites à l’aide de ces composés amphiphiles simples ne sont pas très stables, de sorte que des composés chimiques plus complexes ont vraisemblablement été nécessaires pour conférer une bonne stabilité aux membranes primitives.

Des mini protéines ont été reconstituées en laboratoire. Par exemple, une équipe de chercheurs japonais, en collaboration avec notre laboratoire à Orléans, a obtenu des chaînes renfermantjusqu’à huit acides aminés en faisant passer alternativement une solution d’acides aminés d’une chambre réactionnelle à 220°C à une chambre à 0°C, mimant ainsi les conditions de trempe thermique qui règnent à proximité des sources chaudes sous-marines. Les argiles permettent également d’obtenir des chaînes de mini protéines. Nous avons également réussi à reproduire les géométries des protéines, hélices et feuillets. Des mini protéines construites sur une alternance stricte d’acides aminés hydrophiles et hydrophobes ont été préparées. Elles adoptent toutes une structure en feuillets dans l’eau par agrégation des groupes hydrophobes. Lorsque l’on ajoute de l’alcool à l’eau, la force des interactions hydrophobes qui génèrent les feuillets s’atténue et les mini protéines perdent leurs structures en feuillets. C’est donc l’eau qui, par ses propriétés physiques spécifiques, permet la structuration en feuillets. Ces feuillets sont résistants, ce qui a peut-être permis la sélection des mini protéines à séquence alternée dans les océans primitifs. La formation de feuillets requiert l’utilisation d’acides aminés homochiraux, c’est-à-dire tous L ou tous D. Lorsque les séquences alternées renferment à la fois des formes L et des formes D, seuls les segments contenant au moins six acides aminés homochiraux consécutifs s’agrègent en feuillets. De nombreuses mini protéines manifestent une activité catalytique.

La grande majorité des travaux de reconstitution d’acides nucléiques porte sur les ARN car ils sont considérés comme étant plus anciens, plus primitifs, que les ADN. Certaines bases des nucléotides (les constituants élémentaires de l’ARN, combinaison d’un phosphate, d’un sucre et d’une base) sont obtenues facilement à partir de l’acide cyanhydrique ou en soumettant un mélange gazeux de méthane, d’éthane et d’ammoniac à des décharges électriques. Les bases sont également présentes en très petites quantités dans les météorites et peut-être même dans les comètes. La synthèse des sucres à partir de formaldéhyde fournit un mélange très complexe dans lequel le sucre recherché est très minoritaire.

De ce fait, la formation des nucléotides n’a pas pu être reproduite en laboratoire dans des conditions reproduisant l’environnement de la Terre primitive. Pour tourner cette difficulté, les chimistes cherchent maintenant à reconstituer des analogues, ou succédanés, des ARN.

 

A LA RECHERCHE DUNE VIE EXTRATERRESTRE

 

La vie martienne

 

Les photographies prises par les orbiteurs martiens, de Mariner 9 en 1971 jusqu’à Mars Express (depuis 2003) et Mars Reconnaissance Orbiter (depuis 2006), montrent clairement la présence de lits d’écoulements asséchés attestant qu’un fluide coulait en permanence à la surface de Mars, il y a 3,8 milliards d’années. En 2001, l’orbiteur américain Mars Odyssey a détecté la présence d’atomes d’hydrogène dans le proche sous-sol martien attribués à la présence d’eau gelée, comme dans le pergélisol sibérien. L’existence d’argiles, détectées par les orbiteurs Mars Express et Mars Reconnaissance, confirme la présence d’eau dans le passé de Mars car ces argiles résultent obligatoirement de l’érosion des silicates par l’eau. Au sol, les rovers Spirit et Opportunity ont analysé des minéraux façonnés par l’eau tandis que l’atterrisseur Phoenix confirmait la présence de glace dans le sol près de la calotte glaciaire du Pôle Nord martien.

3afexo3copie.jpg 

Figure 3. Echus Chasma, région martienne riche en traces 

d’eau, photographiée par la caméra stéréo à haute résolution de Mars Express (crédit ESA).

La présence permanente d’eau suppose une température constamment voisine ou supérieure à 0°C, température atteinte probablement grâce à l’existence d’une atmosphère dense générant un effet de serre important. Grâce à cette atmosphère, la planète a pu accumuler des micrométéorites à sa surface à l’instar de la Terre. Les sondes Viking n’ont pas trouvé de molécules organiques à la surface de Mars mais on dispose de 34 météorites qui proviennent très probablement de Mars (http://www2.jpl.nasa.gov/snc/). Ce sont les météorites SNC, dont la fameuse météorite ALH 84001 présentée comme renfermant des nanobactéries martiennes fossilisées.

Cette interprétation est aujourd’hui vivement contestée. Cependant, certaines de ces météorites SNC renferment des molécules organiques. Les ingrédients qui ont permis l’apparitionde la vie sur Terre étaient donc rassemblés sur Mars.

Il est dès lors permis de penser qu’une vie élémentaire de type terrestre ait pu apparaître et se développer sur la planète rouge. La mission américaine Mars Science Laboratory et la mission européenne ExoMars auront précisément comme objectif de rechercher des indices d’une éventuelle vie martienne en 2011 et 2018, respectivement.

 

Les autres sites potentiels du système solaire

Europe, le satellite de Jupiter, pourrait bien présenter des  environnements marins ressemblant aux sources sousmarines terrestres. Europe orbite à une distance d’environ six cent mille kilomètres de Jupiter, donc suffisamment près pour être réchauffé par l’effet de marée dû au champ gravitationnel très important de la planète géante. En 1979 et 1980, la mission Voyager avait déjà photographié Europe et montré que sa surface était recouverte par de la glace entaillée de profondes crevasses. Depuis, le vaisseau spatial Galileo a fourni de très belles images montrant notamment des blocs de glace ayant pivoté. La surface présente peu de cratères d’impacts ce qui suggère un remodelage continu de la surface par des phénomènes cryovolcaniques ou tectoniques.

 

Selon l’un des modèles de structure interne proposé, il y aurait un océan d’eau liquide sous quelques dizaines de kilomètres de banquise, la chaleur nécessaire au maintien de l’eau à l’état liquide étant apportée par les fortes marées internes exercées par Jupiter. Des dépôts de sels ont été observés à la surface d’Europe par spectroscopie dans le proche infrarouge, dépôts qui pourraient provenir de remontées d’eau océanique salée. Enfin, la sonde Galileo a enregistré un champ magnétique induit dans le champ magnétique de Jupiter traduisant la présence d’un conducteur électrique, probablement de l’eau chargée en sels.

Toutes ces observations plaident en faveur de l’existence d’un océan sous-glaciaire d’eau salée. Il est maintenant important de savoir s’il existe sur Europe un magma capable de transférer la chaleur du coeur planétaire vers le fond océanique pour créer des sources hydrothermales et, par conséquent, des molécules organiques. La mise en évidence d’un magma sur Europe fait partie des objectifs prioritaires des missions d’exploration actuellement à l’étude. Si Europe a maintenu une activité de marée et une activité hydrothermale sous-glaciaire, une vie microscopique a pu y apparaître et y est peut-être encore active aujourd’hui. Europe apparaît de plus en plus  comme un lieu privilégié du système solaire pouvant héberger de l’eau liquide et une vie microscopique en activité.

Titan, le plus gros satellite de Saturne, possède une atmosphère  dense d’azote et présente, de ce fait, des similitudes avec la Terre. Après un voyage de sept ans, la sonde Huygens de la mission Cassini-Huygens, a atteint la surface de Titan en 2005. Au cours de la descente, les instruments ont analysé l’atmosphère de Titan et pris des images inédites de sa surface. L’atmosphère de Titan est faite d’azote à plus de 90 %, mais aussi de méthane et renferme d’épais brouillards  de molécules carbonées complexes. Des blocs de glace d’eau jonchent le sol. La présence d’eau liquide est exclue car il y règne un froid intense, d’environ -180 °C, mais pourrait exister sous la surface d’après des mesures radar faites depuis la sonde Cassini autour de Saturne. Cassini a également photographié de magnifiques lacs de méthane et d’éthane liquides à la surface de Titan dont la taille peut atteindre 235 km.

 

Encelade est le sixième satellite de Saturne par la taille et le  quatorzième par son éloignement de la planète. Il est couvert de glace. La sonde américaine Cassini a observé à sa surface des jets de gaz – sortes de geysers – renfermant de la vapeur d’eau, du dioxyde et du monoxyde de carbone, mais également de la matière organique (méthane, acétylène, propane). Encelade deviendra vraiment passionnant le jour où on arrivera à démontrer que la vapeur d’eau provient d’un réservoir d’eau liquide sous la surface.

 

Au-delà du système solaire

Au-delà du Système Solaire, les astrophysiciens ont identifié près de 150 molécules différentes dans le milieu interstellaire. Parmi ces molécules, 94 contiennent au moins carbone et hydrogène, dont l’acide cyanhydrique HCN, l’ammoniac NH3 et le formaldéhyde H2CO, molécules susceptibles de  conduire aux acides aminés, ce qui atteste du caractère universelde la chimie du carbone . La chimie du silicium, qui lui  aussi a quatre bras de liaison comme le carbone, est beaucoup moins active puisque seulement 11 molécules contenant cet élément ont été identifiées. Il ne reste plus qu’à trouver de l’eau. En avril 2010, le catalogue des exoplanètes comptait 452 planètes extrasolaires. La plus petite d’entre elles, COROT-7b, dont le diamètre est 1,7 fois celui de la Terre, orbite autour de son étoile en 20 heures mais est bien trop près de son étoile pour être « habitable ». Corot-9b a environ la taille de Jupiter et orbite en 95 jours autour d’une étoile moins chaude que le Soleil. De ce fait, sa température pourrait osciller entre -23°C et 157°C.

 

Le télescope spatial COROT, lancé le 27 décembre 2006, devrait continuer sa moisson ainsi que Kepler, lancé le 6 mars 2009. La recherche de la vie sur les planètes extrasolaires ne  peut se faire que par l’analyse spectrale de singularités dans l’atmosphère. Sur Terre, par exemple, l’oxygène atmosphérique  est une singularité à deux titres: il est surabondant par rapport à la croûte terrestre et il devrait normalement disparaître par recombinaison avec les roches. Sa présence permanente est liée à l’existence d’une vie intense à la surface de la terre et ne manquerait pas d’attirer l’attention de tout extraterrestre observant la Terre à la recherche de vie.

La présence de grandes quantités d’oxygène atmosphérique va être révélée par la raie caractéristique de l’oxygène à 760 nm à l’aide d’un spectrophotomètre dans le spectre visible de la planète. Pour des raisons pratiques, il est plus facile de rechercher la signature de l’ozone O3, dans le spectre infrarougeà 9,6 mm. La présence simultanée d’ozone (donc  d’oxygène), de vapeur d’eau et de dioxyde de carbone apparaît aujourd’hui comme une signature probante d’une vie planétaire exploitant largement la photosynthèse.

Deux projets actuellement à l’étude, portent sur la recherche d’exoplanètes de type terrestre. Le projet américain TPF (Terrestrial Planet Finder) et le projet européen Darwin/IRSI (Infrared Space Interferometer). Ce dernier consiste à placer une flottille de quatre télescopes spatiaux qui seront couplés dans l’espace pour analyser les atmosphères planétaires par interférométrie et y rechercher des singularités dues à une activité biologique.

 

CONCLUSION

 

Epicure rêvait d’une infinité de mondes vivants, rêve repris plus tard par de grands penseurs comme Giordano Bruno, Bernard Le Bovier de Fontenelle, Christiaan Huygens, Emmanuel Kant. Certes, ce rêve ne s’est pas encore concrétisé. Cependant, on connaît de mieux en mieux les conditions qui ont permis l’émergence de la vie sur Terre. De même, les sites extraterrestres où règnent des conditions similaires sont de mieux en mieux identifiés. La question de la pertinence de cet acharnement à comprendre, et des moyens financiers investis à cette fin, est quelques fois posée. Einstein apporta une réponse en écrivant : Wichtig ist, dass man nicht aufhört zu fragen (Il est important de ne jamais cesser de questionner). C’est en effet cette curiosité et cet impérieux besoin de comprendre qui ont élevé l’espèce humaine jusqu’aux connaissances actuelles et à la plénitude des arts. Au-delà de ce besoin de comprendre, ces recherches fournissent une preuve de l’importance de l’eau, partenaire incontournable de la vie, ainsi que de la précarité de l’espèce humaine, entité minuscule perdue dans l’immensité de l’Univers.

André BRACK

Bibliographie

La vie est-elle universelle? Brack, A. et Leclercq, B., EDP

 

Sciences (2003).

Et la matière devint vivante, Brack, A. Le Collège de la Cité,

Editions Le Pommier (2004).

L’exobiologie ou l’origine chimique de la vie, Brack, A.

http://astro.u-strasbg.fr/goutelas/g2005/ [pdf].

Découvrir la vie extraterrestre, Brack, A., Minipomme, le

Pommier (2007).

Looking for life. Searching the Solar System. Clancy, P.,

Brack, A. et Horneck, G., Cambridge University Press,

Cambridge (2005).

La vie dans l’Univers, entre mythes et réalités, Brack, A. et

Coliolo, F. Editions La Martinière (2009).

 

Catalogue des exoplanètes :

 

http://www.obspm.fr/encycl/catalog.html

 

Catalogue des météorites martiennes :

 

http://www.nirgal.net/meteori_table.html

Catalogue des molécules interstellaires : http://www.astrochymist.org/astrochymist_ism.html

source : lettre 3AF n°6 – juillet 2010 : http://www.aaafasso.fr/crbst_16.html

 http://www.dailymotion.com/video/x72q4v

 

SCIENCES ET AVENIR : LES SCIENTIFIQUES CROIENT-ILS AUX EXTRATERRESTRES ? 14 décembre, 2010

Posté par skystars dans : Exo-contacts , ajouter un commentaire

couverture20de20science20et20avenir.jpg

 Extrait du dossier publié dans le magazine Sciences & Avenir du mois de novembre 2010 sur la quête d’une vie extraterrestre par les scientifiques.

«Ne tentons pas de contacter les extraterrestres ! S’ils nous rendaient visite, nous nous retrouverions dans la même situation catastrophique que les Indiens lorsque Christophe Colomb a débarqué en Amérique ! » Celui qui s’exprime ainsi n’est pas l’un des nombreux exaltés que compte la recherche de la vie extraterrestre, mais le très sérieux physicien britannique Stephen Hawking (1), connu pour ses travaux en cosmologie et dont le dernier ouvrage, The Grand Design, vient de paraître en anglais (2).

S’il n’est pas le seul à faire ainsi publiquement état de ses craintes, sa parole, très médiatisée, porte davantage que celle des autres et remet soudain sur le devant de la scène un sujet que l’on aurait pu croire réservé aux sphères de la « parascience ». Depuis quelques années, en effet, des voix sérieuses s’élèvent pour mettre en garde contre cette recherche de contact à tout prix car une civilisation avancée pourrait bien être… prédatrice ! De quoi faire regretter à l’humanité son insatiable curiosité… Parmi ces voix, figure un autre grand vulgarisateur scientifique, l’Américain Michio Kaku, du département de physique du New York City College. Théoricien des cordes, il est persuadé de l’existence d’autres civilisations extraterrestres et s’est lancé dans la comparaison de leurs degrés d’avancement pour expliquer pourquoi aucune d’entre elles n’est encore venue nous rendre visite. Et, parmi les raisons évoquées, toutes ne sont pas rassurantes !

http://www.dailymotion.com/video/xfi1a2

Si Stephen Hawking s’intéresse aux extraterrestres, c’est que cette fin d’année est placée sous leur signe au travers de diverses commémorations : la Nasa célèbre cinquante ans d’investigations en exobiologie, tandis que le programme Seti (Search of Extraterrestrial Intelligence) commémore, lui, le demi-siècle de la première tentative d’écoute du cosmos à la recherche de signaux éventuels. Cette dernière, baptisée Ozma, avait été menée par l’astronome américain Frank Drake, en 1960.

Pour l’occasion, l’observatoire de Green Bank (Virginie-Occidentale, Etats-Unis) où ces travaux furent réalisés, proposait cet automne une rencontre entre le public et ce mythe vivant de la discipline (3). A 79 ans, l’astronome est en effet considéré comme l’initiateur du programme Seti, même si, en 1959 déjà, deux physiciens de l’université Cornell (Etat de New York), Philip Morrison et Giuseppe Cocconi, avaient publié un article dans la revue Nature sur les moyens de communiquer avec d’autres civilisations galactiques.

La renommée de Frank Drake est surtout due à la fameuse « équation » qui porte son nom : elle fournit une estimation du nombre potentiel de civilisations extraterrestres, cet argument justifiant depuis le financement des programmes de recherche. Même si la Nasa s’est retirée de Seti en 1993, les fonds privés n’ont jamais manqué et ont permis la conception d’un nouveau spectromètre, Serendip V, monté en mai 2009 sur le radiotélescope d’Arecibo (Porto Rico) et géré par l’université de Berkeley (Californie). De même, d’ici à fin 2012, le radiotélescope Allen, financé en grande partie par Paul Allen, cofondateur de Microsoft, disposera de 350 antennes entièrement dédiées à la recherche de civilisations extraterrestres.

La fièvre qui s’est emparée depuis une quinzaine d’années d’une autre communauté, celle des chasseurs d’exoplanètes, explique également ce nouvel engouement pour les civilisations extraterrestres. Depuis la découverte en 1995 de la première planète autour d’une étoile autre que le Soleil, les astronomes ont progressé à pas de géant, relançant l’espoir de surprendre des traces de vie sur ces astres lointains. Tandis que les satellites Kepler de la Nasa et Corot du Cnes, le Centre national d’études spatiales français, dénichent actuellement des planètes de type terrestre, les futures missions se préparent même si le projet de mise en orbite de cinq télescopes d’observation spatiale Darwin, mené par l’ESA, l’agence spatiale européenne, vient d’être ajourné… Enfin, vers 2030, « de très grands télescopes terrestres, comme le SquareKilometer Array (SKA) dont on discute actuellement l’emplacement – en Afrique du Sud ou en Australie – permettront de détecter des structures géologiques ou des constructions vivantes à la surface de ces exoplanètes », prédit Jean Schneider, du Laboratoire univers et théories de l’observatoire de Meudon.

La question des extraterrestres taraudait déjà les Anciens, suscitant craintes et fantasmes. En un demi-siècle, les astronomes ont réussi à la mettre en équation, puis à élaborer une stratégie argumentée pour tenter de cerner ces autres tant recherchés. Aujourd’hui, la perspective que cette quête aboutisse distille de nouveau les craintes et remet au goût du jour la plus vieille des interrogations : s’ils existent, sont-ils à notre image ?

Azar Khalatbari
Sciences et Avenir
novembre 2010

LES AVIS DES EXPERTS, EXTRAITS:

Hubert Reeves, astrophysicien : « Comme Stephen Hawking, je pense que les extraterrestres existent. Mais ce n’est qu’une opinion gratuite, sans nulle preuve. Néanmoins, j’ai l’intuition qu’il y a dans l’Univers beaucoup de mondes habités à des stades différents de développement »

Jean Schneider, astronome à l’Observatoire de Paris : « […]. E.T. est une construction mentale, un concept, et nous lui attribuons une existence concrète. Or sur ce concept nous projetons notre humanité, notre matérialité et nos sentiments. »

Le dossier est à retrouver dans le numéro de novembre 2010 de Sciences et Avenir. Sont abordés les tentatives de contact avec une éventuelle civilisation intelligente et la quête d’un monde situé dans la zone habitable d’un système planétaire.

 

(1) Into the Universe with Stephen Hawking, film produit par Discovery Channel
(2) avec Leonard Mlodinov, Bantam Press.
(3) www.nrao.edu/index.php/learn/gbsc/setimonth

.
source : http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/espace/20101115.OBS2928/tchat-les-scientifiques-croient-ils-aux-extraterrestres.html

 

http://www.dailymotion.com/video/xb5nae

NASA : UNE NOUVELLE FORME DE VIE DECOUVERTE 12 décembre, 2010

Posté par skystars dans : Exo-contacts , ajouter un commentaire

lakemono.jpg

AFPGABRIEL BOUYS

Des chercheurs ont déniché au fond d’un lac de Californie, une bactérie capable de se développer à partir de l’arsenic. C’est une découverte retentissante qui bouleverse la recherche de la vie sur Terre, voire au-delà. Cette bactérie est non seulement capable de survivre à l’arsenic, mais elle en incorpore également des éléments dans son propre ADN et dans ses cellules, selon ces travaux, financés par la NASA et publiés sur le site Science Express. 

Cette découverte, qui [a fait]  l’objet d’une annonce officielle de la Nasa , redéfinit ce que la science considère comme les éléments de base  nécessaires au développement de la vie: le carbone, l’hydrogène, l’azote,  l’oxygène, le phosphore et le soufre.Tout est parti d’une discussion il y a quelques années entre trois  scientifiques sur la possibilité que des formes de vie différentes, mues par des  lois biologiques inédites, puissent exister sur Terre.

L’arsenic peut se substituer au phosphore dans des formes précoces de vie sur terre
Felisa Wolfe-Simon, chercheuse en astrobiologie à l’USGS, l’Institut de  géophysique américain, Ariel Anbar, de l’Université de l’Arizona (sud-ouest) et  un troisième scientifique, Paul Davies, avaient ensuite publié en 2009 des  travaux émettant l’hypothèse que l’arsenic puissent se substituer au phosphore  (dont il est proche sur la tableau périodique des éléments) dans des formes  précoces de vie sur Terre.

Felisa Wolfe-Simon est alors partie expérimenter la théorie au Lac Mono, en  Californie, qui présente des taux élevés de sel et d’arsenic, où elle a prélevé  des sédiments. « Elle a pris ce sédiment, l’a mis dans une bouteille comprenant  essentiellement de l’arsenic et très peu de phosphore », explique le Pr Anbar.

Au bout du compte, une bactérie a survécu, connue sous le nom de souche  GFAJ-1. « C’est une bactérie connue, explique le Pr Anbar. Ce n’est pas un truc  super nouveau, mais personne n’avait encore réalisé qu’elle pouvait faire ceci »:  évoluer dans un milieu a priori hostile, l’arsenic.

« Ce qui est nouveau ici, c’est que l’arsenic est utilisé comme bloc de  construction pour un organisme », souligne le Pr Anbar, co-auteur des travaux. « Nous avions cette idée que la vie requiert six éléments sans exception  (carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore et soufre) », dit-il. « Maintenant il s’avère qu’il pourrait bien y avoir une exception »,  ajoute-t-il.

Des formes de vie seraient possibles sur des planètes réputées invivables
Au-delà de la vie sur Terre, le fait qu’une bactérie soit capable d’évoluer  dans l’arsenic pourrait suggérer que des formes de vie sont possibles sur  d’autres planètes réputées pourtant invivables.

La Nasa  avait d’ailleurs attisé la curiosité des spécialistes dans son  invitation à la presse pour l’annonce officielle, indiquant qu’il s’agissait de  « discuter d’une découverte en astrobiologie qui aura des conséquences sur la  recherche de preuves de vie extra-terrestre ».

A quel point la vie peut-elle être différente ?
Quelle que soit la portée de ces travaux, le Pr Anbar reconnaît que la  découverte d’une vie extra-terrestre est encore loin d’être à l’ordre du jour. Mais les propriétés surprenantes de la bactérie trouvée dans le lac Mono,  qui pourront avoir un intérêt dans la médecine, jettent les bases d’une nouvelle  réflexion.

« Il s’agit davantage du principe de la chose », avance le Pr Anbar.  « Peut-être qu’il y a d’autres exceptions auxquelles nous devrions penser ». « Nous sommes très influencés par la vie telle que nous la connaissons et il  devient par conséquent difficile d’envisager autre chose. Mais jusqu’où peut-on  aller? A quel point la vie peut-elle être différente et malgré tout exister? »,  interroge-t-il.

source : http://info.france2.fr/monde/une-nouvelle-forme-de-vie-decouverte-66180122.html

Image de prévisualisation YouTube

12

tsnouak |
la terre ça chauffe |
Historia |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | nouvelle vision
| CEVENNES ET CAUSSES
| marjo