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A PROPOS DES ANALYSES D’IMAGES D’OVNI : ENTRETIEN AVEC LE DR BRUCE MACCABEE 4 février, 2011

Posté par skystars dans : Exo-contacts , trackback

A l’occasion du 60ème anniversaire de Roswell, le Dr Bruce Maccabee, expert en optique avait répondu aux questions de Tom Horn en décembre 2007

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Le Dr Bruce Maccabee est un physicien optique employé par l’US Navy et grand ufologue. Le Dr Maccabee est aussi cité dans le « Who’s Who in Technology Today » et « American Men and Women of Science ». C’est un éminent enquêteur et ufologue spécialisé dans l’analyse technique et l’analyse photographique des cas ovnis.

Horn : Dr Maccabee, merci de prendre le temps de faire cette interview. Je comprends que vous avez obtenu votre BS de physique au Worcester Polytechnic Institute à Worcester, Massachussetts, et puis votre MS en 1967 et votre doctorat en physique en 1970 à l’American University à Washington, DC. Veuillez me corriger si je me trompe.   

Maccabee : c’est exact.   

H : Vous avez fait une longue carrière au Naval Surface Warfare Center. Vous avez travaillé sur le traitement de données optiques, les sons sous-marins, les lasers et sur l’Initiative de Défense Stratégique et le Missile Anti-Balistique en utilisant des lasers haute puissance et récemment sur des technologies liées à la sécurité de la patrie et à la lutte contre les engins explosifs improvisés. Je suis curieux de savoir comment vous vous êtes intéressé à l’étude des ovnis.   

M : Comme la plupart des enfants des années 50, j’étais intrigué par les premiers films sur l’espace comme Le jour où la Terre s’arrêta, La guerre des mondes, Le météore de la nuit etc… mais je n’avais jamais supposé qu’ils étaient basés sur la réalité. J’ai probablement prêté peu ou pas d’attention aux quelques observations rapportées dans le journal local (Rutland, Vermont) jusqu’à peut-être 1958 ou par là quand j’ai lu le livre du Capt. Edward Ruppelt Report on Unidentified Flying Objects (publié en 1955). Je présume que j’étais intrigué par ce qu’il avait écrit mais il n’y avait rien que je pouvais y faire alors je l’ai rapidement « oublié ». Environ 9 ou 10 ans plus tard, quand je m’intéressais plus au sujet, je me suis souvenu que je l’avais lu auparavant. J’ai trouvé le livre et l’ai relu et j’ai réalisé qu’il disait presque qu’ils étaient réels et venaient de l’espace intersidéral. En 1966 ou 67, lors de mes études pour mon diplôme de physique  à l’American University de Washington, DC, j’ai lu UFOs Serious Business de Frank Edwards et plus tard je suis allé à une conférence des représentants du NICAP à l’université (Hall et Berliner ?). Bien sûr, je connaissais les histoires d’observations des journaux (vague d’ovnis de 1965, 1966). Aussi, quand les types du NICAP ont dit qu’ils avaient besoin d’aide au siège et que je savais que le siège était seulement à quelques kilomètres de DC, j’ai décidé d’y aller et de voir ce qu’ils avaient.   Le NICAP (National Investigations Committee on Aerial Phenomena qui est mort officiellement vers 1980 mais a été ressuscité récemment sur le web « avec une nouvelle direction ») était un organisme connu internationalement cité dans de nombreux livres ufologiques, aussi je m’attendais à voir un grand bureau avec des tas de secrétaires et de scientifiques et des équipements d’analyse et ainsi de suite. A la place de cela, je suis arrivé dans une partie d’une vielle maison délabrée (depuis longtemps remplacée par des immeubles modernes) près de Dupont Circle près du centre de Washington. Il y avait un escalier miteux menant au second étage avec une porte qui ouvrait sur un  petit appartement. Il y avait des livres et des magazines à gogo et des classeurs qui contenaient les « bijoux de famille » du NICAP, les milliers de rapports d’observation accumulés au cours des 30 années précédentes. Mais il n’y avait pas de scientifiques, pas d’équipement analytique et une seule vieille mais très intelligente secrétaire, Isabel Davis. Donald Keyhoe, qui avait dirigé l’organisation pendant environ 10 ans avant ma venue, n’était pas là bien que son bureau y était. Je ne l’ai jamais rencontré au bureau du NICAP bien que je l’ai rencontré plusieurs années plus tard à une conférence   d’ufologie. Dick Hall, Don Berliner, Gordon Lore, Ted Bloecher, toutes les sommités du NICAP n’étaient pas là. Isabel gérait le quotidien.  Elle m’a demandé de l’aider à ouvrir et à répondre aux lettres. Sachant que j’étais étudiant en doctorat de physique, elle m’a demandé d’écrire un document qu’elle pourrait taper en petits caractères puis envoyer aux centaines ou milliers de gens qui demandaient de l’information. Très souvent, une lettre demandait « veuillez m’envoyer toutes vos informations sur les soucoupes volantes. » Clairement, les gens n’avaient pas idée de la quantité d’information qu’il y avait. Une grosse plaisanterie était que la bonne réponse à cette demande était : veuillez envoyer un camion.   De toute façon, j’ai écrit ce document, c’était ce qu’on appellerait maintenant une FAQ (Foire aux Questions). (Des années plus tard, quand le NICAP a fermé, j’ai trouvé une copie de ce document dans les fichiers. Il avait été reproduit en petits caractères pour tenir sur le recto d’une feuille, alors je sais qu’il a été utilisé). Puis, j’ai été invité à devenir membre du sous-comité local du NICAP (les activités d’investigation locales du NICAP étaient menées à travers tout le pays par de petits groupes locaux de gens intéressés). Etre membre du sous-comité m’a ouvert l’opportunité de participer avec les membres du comité à une vraie enquête. Je me souviens bien du premier cas. C’était un rapport de lumières vertes passant au-dessus de Tuckerman Lane, une route juste à l’ouest de ce qui est maintenant le périphérique autour de Washington DC. D’autres personnes qui s’étaient intéressées au sujet m’ont dit qu’elles avaient mené des enquêtes et n’avaient trouvé que des explications triviales pour les rapports d’observations qu’elles avaient investigué. Cela les avait dégoûté du sujet et elles avaient perdu leur intérêt. C’était différent pour moi. Ce premier cas était une observation simple mais étrange, un cas de « lumière nocturne » basique par une femme qui avait une bonne crédibilité (enseignante). Nous avons roulé avec elle dans sa voiture le long de la route où cela s’était produit (Tuckerman Lane) et ne pouvions  voir aucune raison normale qui explique pourquoi des lumières vertes auraient été vues passant au dessus de la route alors qu’elle conduisait. Elle ne voulait aucune publicité. Nous avons fini par le classer comme inconnu.   (Dans les années depuis lors, il y a eu des rapports de lumières vertes voyageant à travers le ciel dans la région de DC et à d’autres endroits dans le monde). Le cas suivant, qui s’est produit au début des années 1970, était même beaucoup plus étrange : une observation à multiple témoins à Shenandoah Valley d’un objet en forme de fusée restant stationnaire au-dessus d’une montagne. Un autre cas au début des années 1970 consistait en deux incidents qui impliquaient plusieurs adolescents à Passapatanzy Virginie, assez bizarrement non loin d’où j’ai travaillé ces 10 dernières années. Ce cas fut publié dans le bulletin du NICAP sous le titre « Cas du géant de Virginie ». Les  deux évènements impliquaient un atterrissage d’ovni, une créature qui est sortie de l’appareil en tenant une boule rayonnante dans ses mains (cela précédait de plusieurs années un rapport d’observation mieux connu de Pennsylvanie d’une créature tenant une boule rayonnante), la réaction d’un animal (le chien s’est enfui et n’est pas revenu pendant plus d’un jour), une voiture qui s’est arrêté quand l’ovni l’a survolée, la radio de la voiture qui a cessé de fonctionner et a dû être réparée, des interférences TV et de multiples témoins. Il y a pu aussi y avoir une abduction, bien qu’à   l’époque l’abduction était la chose la plus éloignée de l’esprit de plusieurs enquêteurs de ce cas. Alors, de toute façon, mon incursion initiale dans le sujet qui comprenait la lecture de livres, du rapport Condon et l’enquête de cas m’a complètement intéressé au sujet. Après la publication du rapport Condon début 1969, il y avait un sentiment général dans la presse que tout avait été expliqué et que les ovnis étaient « partis ». Au siège du NICAP, on savait que ça n’était pas vrai mais on ne pouvait pas y faire grand chose. Puis, en août 1973, cela a été « Nous sommes de retouuur ! » quand des officiers de police et d’autres ont commencé à rapporter des observations dans le sud-est et cela c’est déplacé les semaines suivantes vers le midwest. (Cette vague comprenait des observations d’humanoïdes et inclut deux incidents bien connus, l’abduction  d’Hickson/Parker à Pascagoula, Mississippi et le cas Coyne/hélicoptère à Mansfield, Ohio.) A cause de la baisse, la vague de 1973 a revigoré l’intérêt pour le sujet des ovnis. J’ai rédigé un rapport sur l’observation de Shenandoah Valley que j’avais investiguée en profondeur et l’ai envoyé à Science Magazine. Il m’a été retourné environ deux semaines plus tard avec un commentaire de l’éditeur Philip Abelson que je devais envisager la publication ailleurs parce qu’ils avaient déjà beaucoup d’articles à publier. Bien sûr, j’aurais bien attendu mais j’avais compris l’allusion : fichez le camp !   (Une version résumée a finalement été publiée par le NICAP). Plus important, à environ cette époque, Stanton Friedman m’a averti de l’importance de l’étude statistique connue sous le nom Project Blue Book Special Report #14 (SR14). J’ai réussi à obtenir la copie originale du NICAP de ce document et j’ai commencé à réévaluer les statistiques (voir ci-dessous). J’ai alors décidé d’étudier le seul cas que William Hartmann, l’analyste photo du rapport Condon, prétendait être vrai  (McMinnville : voir ci-dessous). J’ai d’abord fait l’hypothèse qu’il avait fait une erreur quelque part mais au moins il y avait de la vraie physique (optique) impliquée dans l’analyse des photos. Donc, j’ai appris comment faire le type d’analyse qu’avait réalisé Hartmann, étudié les arguments des sceptiques (Klass, Sheaffer), réussi à obtenir les négatifs originaux (à cause d’une suggestion de Philip Klass !) et ça n’a fait que continuer depuis !   Je dois souligner que pendant que j’enquêtais, je lisais aussi et faisais des recherches historiques durant les années après 1973. J’étais l’un des premiers à avoir étudié les dossiers Blue Book libérés des archives en 1975 et fut le premier à obtenir le fichier du FBI sur disquette. Je crois qu’on pourrait dire qu’au milieu des années 1970, j’étais parti et je n’ai jamais regardé en arrière. 

 H : Parmi vos articles publiés, il y a la réanalyse des statistiques et des résultats du fameux Battelle Memorial Institute Project Blue Book Special Report No. 14 qui comprenait 3 200 cas de l’Air Force du milieu des années 1950. Quelle était votre conclusion ? 

M : Ce document m’a prouvé qu’il y avait de fortes preuves statistiques, qu’au moins certains ovnis n’étaient pas explicables par des phénomènes ordinaires ou, dit vulgairement, il montrait que « les ovnis sont réels » même si le communiqué de presse officiel de l’Air Force (1955) avait essayé de convaincre tout le monde que l’étude ne montrait rien de significatif.  Les scientifiques et le personnel de l’Air Force qui ont compilé ce rapport, ont étudié chaque cas soigneusement et l’ont assigné à l’un de 3 groupes : Connu (C) s’il pouvait être identifié au moins avec une certitude raisonnable, Inconnu (I) s’il ne pouvait définitivement pas être identifié et Information Insuffisante (II) s’il n’y avait pas assez d’information pour trancher entre C et I. L’étude utilisait des tests de chi2 pour comparer les distributions statistiques de plusieurs caractéristiques d’observation des observations C et I avec l’hypothèse que si les observations étaient seulement des observations C méconnues, les distributions devraient concorder. Les caractéristiques testées comprenaient diverses « valeurs » de couleur, nombre, durée, forme, vitesse et luminosité. Les tests chi2 ont montré moins de 1 % de probabilité de concordance pour toutes les caractéristiques sauf la luminosité pour laquelle la probabilité était de moins de 5 %. En combinant les caractéristiques, la probabilité de concordance est très inférieure à 1 %. J’ai refait les calculs statistiques et ai abouti à un résultat similaire. Le résultat statistique le plus exceptionnel et intéressant impliquait la comparaison entre les pourcentages d’observations C, I et II et la crédibilité de l’observateur et la qualité (auto-cohérence, complétude) de son rapport. Quand les observations étaient classées en   groupe de qualité Pauvre, Douteuse, Bonne et Excellente (une large part d’Excellente était des rapports militaires), le rapport montrait de plus forts pourcentages d’Inconnu dans les catégories Excellente et Bonne que dans les catégories Douteuse et Pauvre. Ce n’est pas ce à quoi l’on s’attendrait si les observations d’ovnis étaient toutes des phénomènes ordinaires parce que si cela était vrai, les analystes auraient eu plus de chance de faire des identifications correctes à partir de rapports d’observation de meilleure qualité qu’à partir de rapports de qualité moindre et ainsi les pourcentages de cas I et II seraient plus faibles dans le groupe de rapports de haute qualité. Bien sûr, l’Air Force n’a même pas mentionné cet important résultat statistique que meilleure est la qualité de l’observation, plus il y a de chance qu’elle soit inexplicable. Une autre contribution importante à l’étude des ovnis est la brève discussion de l’observation de Rogue River (cas 10 du SR14). Je n’en avais jamais entendu parler avant mais sa présence dans le SR14 m’a alerté sur son existence alors je l’ai recherché dans le fichier microfilm Blue Book. Finalement je l’ai trouvé et après l’avoir analysé, j’ai conclu que c’était un des cas les plus convaincant de ces premières années.   Il y a une discussion en profondeur de ce cas sur mon site web : . L’analyse publiée du SR14 se trouve ici : http://brumac.8k.com/SSUFOs . C’est une présentation Power Point téléchargeable.   

 H : le 8° Festival Ufologique Annuel de McMinnville, qui a grandi pour être seulement second derrière le festival de Roswell aux Etats-Unis à ce que j’ai compris, s’est terminé il y a quelques semaines. Le festival a démarré en 2000, le 50° anniversaire de l’observation des Trent près de McMinnville, Oregon, quand McMenamins a commencé à présenter un festival ufologique en mémoire des Trent et de leur expérience. L’histoire se déroule ainsi : Evelyn Trent nourrissait les lapins à la ferme quand soudain un objet est apparu au-dessus de sa tête. Elle a crié pour appeler son mari qui est « arrivé en courant » avec son appareil Kodak Roamer à la main. Paul a pu prendre 2 photos du grand disque métallique qui planait silencieusement au nord est de la ferme juste avant   le coucher du soleil. L’analyste photo William Hartmann (pour le rapport Condon) a trouvé que les photos étaient cohérentes avec l’affirmation qu’un « objet volant extraordinaire » avait volé à portée de vue de deux témoins. Le National Investigations Committee On Aerial Phenomena étudia les photos, les classant finalement comme « l’un des meilleurs cas démontrant une très forte preuve de l’existence d’objets structurés inconnus dans notre atmosphère ». L’Air Force n’a pas pu trouver une meilleure explication. Ni l’Université du Colorado et les chercheurs ont conclu par la suite que  l’observation des Trent et sa preuve physique était l’un des meilleurs enregistrements jamais réalisé d’un évènement ufologique. L’histoire fut classée dans le Top 10 des Meilleures Preuves et je crois qu’elle y est restée pendant ces 40 dernières années. Parlez moi de vos analyses de recherche et de ce que vous pensez des photos des Trent. 

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M : Bien que l’histoire de l’observation elle-même soit simple à décrire, l’histoire de l’enquête et des analyses nécessite des pages et des pages. Mon rapport détaillé sur l’enquête de McMinnville, qui comprend les analyses et les débats qui se sont déroulés sur plus de 25 ans, se trouve à http://brumac.8k.com/trent1.html , http://brumac.8k.com/trent1b.html et   http://brumac.8k.com/trent2.html L’ »essentiel » est qu’il n’y a aucune information qui pointe clairement vers un canular. C’est important parce que c’était soit un canular, soit une chose réelle. Il n’y a pas de point médian ou « d’information insuffisante » pour parvenir à cette conclusion. Il y a des années, j’ai réalisé que « une photo ne fait pas un ovni ». Le mieux qu’une photo puisse faire est d’agir comme aide pour les souvenirs des témoins. Elle ne peut pas prouver en elle-même que l’observation était réelle parce que virtuellement, toute photo peut être truquée selon le désir nécessaire, les aptitudes photographiques, la connaissance, les ressources économiques et la capacité à créer une histoire d’observation raisonnable qui y colle. Le pire qu’elle puisse faire est de contenir des preuves flagrantes de canular (par exemple des fils, des supports etc). Dans le cas Trent, la photo montre clairement un objet non identifiable qui a été diversement « identifié » comme étant un couvercle de poubelle, un Frisbee, un plateau à tarte, une maquette ou un rétroviseur de camion (au moins les pélicans ne jouent aucun rôle dans cette observation [plaisanterie personnelle  – voir ci-dessous]) Cependant, il n’y a aucun objet ordinaire particulier qui a été identifié positivement comme expliquant l’image. Les photos elles-mêmes ne fournissent aucune preuve flagrante de canular (malgré l’argument des ombres, voir mon site web). Cela signifie que l’enquête doit se concentrer sur les témoins. Les témoins ont été « traqués » depuis l’époque de l’observation en 1950 jusqu’à leur mort au milieu des années 1990. Sur toute cette période de temps, malgré le « harcèlement » répété d’investigateurs (tels que moi), ils ont maintenu leur simple histoire qu’ils ont vu l’objet passer et l’ont photographié. Pour autant que moi et d’autres enquêteurs puissions le dire, c’étaient des fermiers de base qui n’avaient ni le temps ni une bonne raison de monter un canular de soucoupe volante. Peut-être que le photographe du journal, Bill Powell, qui a le premier publié les photos, l’exprime le mieux quand il a dit qu’il avait examiné les photos sous toutes les coutures (après les avoir retrouvées derrière le sofa de la maison des Trent) et ne pouvait comprendre comment les Trent les avaient truquées. Alors il les a publiées parce que, à son avis, les Trent étaient (paraphrase) incapables de penser à une telle chose qu’un canular de soucoupe volante. Et cela a été l’opinion de nombreux enquêteurs, dont moi-même, depuis lors. 

H : Un autre article que vous avez écrit était une réanalyse des résultats de l’étude ufologique du Comité Condon de 1969 à laquelle je me réfère dans ma dernière question. Pensez-vous qu’Edward Condon a menti sur les résultats ? 

M : Je ne me souviens pas avoir écrit une analyse sur le rapport Condon (Dr. Peter Sturrock de la Stanford University a publié une analyse). Cependant, je pense que Condon a tenté de dissimuler toute portée du travail réalisé par « ses » enquêteurs. En particulier, Condon a essayé d’embrouiller le lecteur dans sa discussion du cas McMinnville. Selon Condon, un analyste photo expérimenté (Everett Merritt) a affirmé que les photos de Trent étaient sans valeur pour l’analyse photogrammétrique. Ce type d’analyse implique les angles entre images, les lignes d’observations et les directions. (En fait il avait tort mais ça n’est pas la question). Condon savait que la conclusion d’Hartmann que les photos pouvaient être réelles était basée sur une analyse photométrique qui implique la luminosité relative des images, pas les directions ou les angles. Donc, quiconque lisant seulement le résumé et les conclusions de Condon au début du rapport ne savait pas que la critique photogrammétrique de Merritt n’avait rien à voir avec la conclusion d’Hartmann. 

H : Bien sûr, avant l’observation des Trent, l’homme d’affaire américain Kenneth Arnold avait prétendu avoir observé neuf objets elliptiques se mouvoir au-dessus de Mont Rainier à Washington le 24 juin 1947. Avez-vous étudié son cas et si oui, quels étaient vos résultats ? 

M : J’ai ce qui doit être l’analyse la plus vaste et la plus complète que l’on puisse trouver sur mon site  http://brumac.8k.com/KARNOLD /KARNOLD.html C’est la première observation rendue publique et elle mérite une analyse critique détaillée parce qu’Arnold n’avait aucune raison demonter un tel canular et il a fait des « mesures » durant l’observation qui indiquent que les objetsn’étaient pas des mirages ou des nuages se déplaçant rapidement ou des poussières dans l’œil ou unavion à réaction proche ou des reflets de la vitre de son avion ou des météores à basse altitude oudes oies ou des pélicans volant à haute altitude (oui des pélicans). L’essentiel est que le cas d’Arnold reste inexpliqué. 

H : Et au sujet de vieux dossiers comme les photos d’astronaute de Gemini 11. Qu’en faites-vous ety a-t-il d’autres photos astronautiques et militaires que vous avez trouvées importantes ? 

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M : A nouveau, il y a une discussion de ce cas sur mon site web  http://www.brumac.8k.com/Gemini_11/GEMINI_11.html . Il n’y a aucun doute qu’ils ont vu et photographié quelque chose qui n’a pas été identifié. Il y a la suggestion que ça pouvait être un objet éjecté plus tôt par l’appareil mais c’est seulement une hypothèse. Owen K Garriot a photographié un objet rouge vu par les astronautes de Skylab 3 en 1973. Bien sûr, il y a eu beaucoup d’allégations de la part des gens qui étudient les vidéos et les photos prises lors d’autres vols spatiaux. Bien souvent, les affirmations faites sont basées sur des analyses erronées. Il y a pu y avoir des ovnis observés et photographiés ou filmés par les astronautes mais cela serait difficile à prouver. 

H : Vous avez été le premier à obtenir le « dossier disque volant » secret du FBI que, je crois, vous avez surnommé « les vrais X-Files ». Pour ceux qui n’en sont pas familiers, dites nous comment vous avez fait et pourquoi c’est important. 

M : Mme Trent m’a dit en 1975 que des « hommes du FBI » étaient venus chez elle et avaient enquêté sur son observation peu de temps après que les photos aient été publiées. En 1976, j’ai écrit au FBI pour demander s’ils avaient un dossier sur Paul Trent. En aparté, je leur ai aussi demandé de m’envoyer tout document ufologique qu’ils pourraient avoir. Je ne m’attendais pas à obtenir quelque chose parce que le Capt. Edward Ruppelt avait écrit dans le Rapport sur les Objets Volants Non Identifiés que (pour autant qu’il le savait !) le FBI ne s’était jamais intéressé aux observations de  soucoupes volantes. J’étais donc surpris de recevoir un appel téléphonique d’un agent du FBI environ 6 mois plus tard me disant qu’il y avait 1 600 pages de matériel (approximativement) dans un dossier sur les soucoupes volantes. Par la suite, il m’a envoyé une sélection des meilleurs documents sur lesquels j’ai écrit des articles qui sont parus dans les revues de trois groupes ufologiques majeurs (NICAP, CUFOS – Center for UFO Studies, et APRO – Aerial Phenomena Research Organization). Les documents montraient que, à compter de début juillet 1947, le FBI avait agi comme un « trou noir » où l’information de l’Air Force entrait et rien n’en sortait (jusqu’à la réponse à ma demande FOIPA). Le directeur du FBI J. Edgar Hoover affirmait dans des lettres aux gens demandant de l’information dans les années 1960 que le FBI n’avait jamais enquêté sur les ovnis. Il mentait. Le FBI a interrogé des témoins en 1947 à la demande de l’Air Force. Les années suivantes, le FBI (et la CIA) ont rassemblé des documents de l’AF mais n’ont pas mené d’enquêtes supplémentaires. Par ordre du Congrès, le FBI ne pouvait détruire aucun dossier donc tous ces documents étaient disponibles quand j’ai fait la demande FOIPA. Le FBI avait les seuls documents qui nous fournissent l’opinion à haut niveau de secret des officiels du renseignement de l’Air Force fin 1952. L’opinion était que plusieurs pourcent des observations ne pouvaient être expliqués et qu’au moins certaines observations pouvaient être des « véhicules interplanétaires ». Cette opinion n’a jamais été déclarée publiquement. Toute l’histoire est dans mon livre The UFO FBI Connection. Des exemplaires d’occasion sont disponibles sur Amazon et à d’autres endroits. Certains des documents les plus importants sont de 1952. Ils sont discutés dans mon historique de 1952 à http://brumac.8k.com/1952YEAROFUFO/1952YEAROFUFO.html Quant à ma demande originale d’information sur les Trent, elle fut officiellement repoussée mais officieusement, l’agent qui s’est occupé de ma demande a dit qu’il avait effectué une recherche et n’avait trouvé aucun document du FBI sur les Trent. Il a ensuite fait remarquer qu’une enquête sur les Trent aurait été conduite par un bureau local. Le bureau local pouvait n’avoir rien trouvé d’intérêt officiel pour le FBI puisque le FBI avait arrêté d’enquêter sur les observations plusieurs années avant 1950. Si  c’était le cas, le bureau local n’aurait pas envoyé de rapport au siège. Puis l’agent a souligné que les bureaux locaux détruisent généralement les archives inutiles tous les 5 ans. Donc, je n’ai jamais trouvé si le FBI avait rendu visite ou non aux Trent. 

H : Vous avez collecté d’autres documents des agences gouvernementales dont la CIA, l’U.S. Air Force, l’U.S. Army etc. Quels sont les plus importants de ces documents à votre avis ?   

M : Dans une certaine mesure, je crois qu’ils sont tous importants parce qu’ils montrent une tendance du gouvernement à attribuer au moins une certaine importance aux observations de choses étranges dans le ciel. The UFO FBI Connection combine des dossiers du FBI, de l’Air Force Intelligence et de la CIA pour montrer que le gouvernement a eu, depuis 50 ans ou plus, des preuves essentiellement concluantes (même sans Roswell ou d’autres crash supposés) que « les ovnis sont réels » et que certains pourraient bien être des « vaisseaux interplanétaires ». 

H : Après l’incident ovni de Roswell en 1947, des boules de lumière vertes et des objets en forme de soucoupe ont commencé à apparaître dans le ciel près de zones où des recherches d’arme nucléaire Top Secret étaient menées. Cela s’est produit de manière répétée et l’armée américaine est devenue de plus en plus soucieuse. Finalement, quelque chose appelée « Projet Twinkle » a été monté dans l’espoir de découvrir ce qui se passait. Avez-vous étudié ce cas ?   

M : J’ai en effet étudié les observations de « boules de feu vertes » et le Projet Twinkle. A nouveau, il y en a une discussion sur mon site web. Les premières observations de boules de feu vertes étaient en décembre 1948 dans les régions du sud-ouest près de laboratoires gouvernementaux où des recherches nucléaires étaient réalisées (Los Alamos, Sandia, région d’Albuquerque, etc.). Un célèbre météoricien (personne qui étudie les météores), le Dr. Lincoln La Paz a analysé beaucoup de témoignages et a même eu sa propre observation. Ces boules de feu étaient caractérisées par leur  couleur verte et par le fait qu’elles semblaient se déplacer en trajectoire directe, la plupart vers le sud. Ainsi, tant de ces évènements se sont produits en 1949 et 1950 que finalement, au printemps 1950, l’Air Force a monté le projet Twinkle pour avoir des preuves photographiques de ces objets. Pour plus d’information et pour voir comment le Projet Twinkle a prouvé que les ovnis étaient réels et a dissimulé les preuves, voir   http://www.brumac.8k.com/WhiteSandsProof/WhiteSandsProof.html   

H : Le 60° anniversaire de l’incident de Roswell est dans quelques semaines. J’ai parlé avec Jesse Marcel Jr. et Stanton Friedman. Ils croient tous les deux que quelque chose d’extraordinaire est réellement arrivé en dehors de la ville en 1947. Que croyez-vous ? 

M : Je n’ai jamais pensé que le Major Jesse Marcel, l’officier de renseignement à la base qui a récupéré le matériel trouvé sur le Ranch Foster par Brazel ne pouvait pas reconnaître du plastique ou du caoutchouc ou des tiges de balsa qui étaient utilisés dans la construction de ballons, Mogul ou autres. Quand Sheridan Cavitt, l’officier de contre-espionnage qui accompagnait Marcel a finalement « parlé », il a affirmé qu’il avait immédiatement reconnu les débris d’un ballon. Si oui, pourquoi ne l’a-t-il pas dit à Marcel et Brazel ? Pour cela et d’autres raisons, le témoignage de Cavitt est une preuve valide contre les explications ballon/Mogul. J’ai une analyse de son témoignage sur mon site: http://www.brumac.8k.com/Roswell/CavittEmptor.html 

H : Vous avez été dans les émissions de télévision les plus connues sur ce sujet – Unsolved Mysteries, A Current Affair, Encounters, Sightings, CNN, Fox News, Nightline et tout le reste. Avez vous  trouvé du journalisme d’investigation sérieux dans le sujet des ovnis ? 

M : Ces émissions et d’autres auxquelles j’ai participé traitent généralement le sujet comme du divertissement. Très souvent, les émissions essayent de présenter un point de vue « équilibré » ce qui signifie que pour chaque déclaration pro-ovni il doit y avoir une déclaration anti-ovni. Cela est cohérent avec la Première Règle pour Debunkers de Maccabee : n’importe quelle explication vaut mieux qu’aucune. Le résultat est que des explications illogiques, qui n’ont aucun sens ou sont simplement stupides obtiennent « jeu égal ». La récente observation de l’aéroport O’Hare en est un exemple. Il a été suggéré que les gens avaient vu des lumières de l’aéroport réfléchies par les nuages. L’objet a été décrit comme une chose circulaire grisâtre, plus sombre que les nuages au dessus d’elle, complètement incohérent avec le fait de lumières sur les nuages qui apparaîtraient plus claires que les nuages (et il faisait encore jour à 16 h 30 en novembre 2006 donc comment peut-on voir des lumières du sol réfléchies par les nuages de toute façon ?) 

H : Mais que faites vous personnellement des observations de l’aéroport O’Hare ? 

M : Cela ressemble certainement à un solide bon rapport. Heureusement, la presse ne s’est pas jetée dessus immédiatement. Cela a donné le temps aux ufologues d’obtenir des témoignages sans la pression de la publicité. Puis, le reporter Hilkevitch a fait un travail très crédible de journalisme. L’histoire du Chicago a recueilli plus de réactions mondiales, nous dit-on, qu’aucune autre nouvelle de l’époque. L’observation s’est produite en novembre 2006, presque exactement 20 ans après la célèbre observation de la Japan Airlines au-dessus de l’Alaska. Cette observation est rapportée en détail sur mon site web : http://brumac.8k.com/JAL1628/JL1628.html 

H : Et au sujet de la vidéo chinoise d’août 2006 ? 

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M : Cette vidéo a ce que j’appelle les « empreintes d’un canular ». Voyez http://www.brumac.8k.com/ ChineseUFO/ChinaAug2006.html . C’est comparable à la vidéo faite presque exactement 10 ans auparavant, de Mexico en août 1997. Voir  http://www.brumac.8k.com/MexCityAug697/MexCtySmearAnalysis.html 

H : Si vous deviez lister les 5 meilleurs cas ovni en terme de preuve analytique, quels seraient-ils ?   

M : C’est toujours difficile de choisir le meilleur de quelque chose comme les observations d’ovni parce qu’il y en a tant. Donc, je me concentre sur les cas que j’ai étudiés. Certainement le meilleur ou presque serait les observations de Nouvelle Zélande (31 décembre 1978) depuis un avion cargo. C’est la seule observation ufologique civile, pour autant que je sache, qui comprend de multiples témoins, des radars, à la fois terrestre et aérien, des bandes enregistrées réalisées dans l’avion et au radar au sol et un film couleur 16 mm qui montre la plupart des objets/lumières qu’ils ont observé. Le cas du film de White Sands en serait un autre si nous avions le film. Bien sûr il y a McMinnville. On peut aussi considérer le cas de l’accident de voiture de police d’août 1980 à Warren, Minnesota, rapporté par l’officier Val Johnson (un cas que Philip J. Klass ne pouvait pas expliquer). Puis il y a le cas du jet iranien (voir http://brumac.8k.com/IranJetCase et télécharger le document Word) 

H : Travaillez vous sur quelque chose de nouveau ? Articles, livres, film ? 

M : Je pense à un nouveau livre mais je n’ai, en fait, pas commencé à écrire quoi que ce soit. 

H : Serez vous au festival de Roswell cette année ? Si oui, où les gens peuvent-ils vous écouter ? 

M : Je serais à la conférence « Expérience roswellienne » du Musée vendredi et samedi. Je présenterai les 60 ans d’histoire des ovnis… enfin le peu que l’on puisse présenter en 45 mn et aussi une discussion d’analyse photo. 

H : Je comprends que vous êtes aussi un pianiste accompli. Quel style de musique jouez-vous ? 

M : Je joue du classique et du populaire mais pas de jazz « avant-gardiste ». Adolescent, j’ai aussi appris à jouer de l’orgue d’église. Je joue actuellement pour deux églises chaque dimanche. J’ai aussi joué de l’orgue électronique mais cela fait longtemps que je n’ai pas touché à un B-3. J’ai un CD qui comprend 12 compositions originales couvrant l’époque de 1986 à 2006 et une version de Bumble Boogie qui comprend Flight of the Bumblebee en introduction. Flight of the Bumblebee est accompagné par mon fils à la batterie et ma fille à la basse. J’ai joué dans des restaurants et des soirées ces 10 dernières années et quelques et j’ai joué avec Band for All Seasons, un big band de la  région de Washington DC. 

H : Où les gens peuvent-ils en apprendre plus sur vous et lire vos écrits ? 

M : Sur mon site web. Il y a beaucoup de cas et d’analyses qui n’ont pas été mentionnées ici tel que mon doigt dans l’œil des sceptiques intitulé « Explications prosaïques : l’échec du scepticisme ufologique ». Il y a aussi « L’héritage de 1952″, une revue historique en profondeur de cette année.Une fois, j’ai eu des « démêlés » avec Ashtar (« On ne plaisante pas avec Ashtar »), pas beau à voir ! Et pour ceux qui pensent hors des cadres, il y a deux « articles », un sur le futur (« Le futur, ouch ! ») et un autre sur la rétro ingénierie de l’univers (« A la recherche de l’Intellecton »). Les deux sont assez provocateurs. 

H : J’irais voir ça. Merci Dr Maccabee d’avoir participé aux séries « En route pour Roswell. » 

Traduction : MAAT 

source : http://www.americanchronicle.com/articles/view/29467

http://www.infos-paranormal.net/Entretien-avec-le-Dr-Bruce-Maccabee.pdf

 

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