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COMMISSION 3AF-SIGMA : ENTRETIEN AVEC LE GENERAL LENE 16 février, 2011

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CONTEXTE
L’entretien accordé le 18 mai 2010 par le Général LENE, Commandant adjoint du CDAOA (Commandement de la Défense Aérienne et des Opérations Aériennes), à la Cité de l’Air (Paris), fait suite à une demande exprimée par le président de la Commission SIGMA de la 3AF, Alain BOUDIER, auprès du Général PALOMEROS, Chef d’Etat Major de l’Armée de l’Air. Le Général PALOMEROS ayant donné son accord de principe à un tel entretien, la Commission SIGMA a établi une liste de questions et l’a adressée à l’Armée de l’Air, afin que cette dernière puisse préparer ses réponses. Compte tenu des hautes responsabilités du Général PALOMEROS et du Général DESCLAUX (Commandant du CDAOA) et de leur faible disponibilité, c’est le Général LENE qui a été chargé de recevoir la Commission SIGMA de la 3AF.

surplace
De gauche à droite : Lieutenant-colonel Denis PARPAILLON,
Colonel Jean-Luc CROCHARD, Paul KUENTZMANN, Général
de Brigade Michel LENE, Alain BOUDIER, Jean GRESLE
(Copyright SIRPA AIR)

Ont assisté à cet entretien :
– Pour l’Armée de l’Air : • Le Général LENE ; • Le Lieutenant-Colonel PARPAILLON et les Colonels CROCHARD et SCHROTTENLOHER ; Le Commandant SOLANO (Chef du Département Médias au SIRPA Air) ; • Le Lieutenant DUMOULIN (pseudo)
Pour la Commission SIGMA : • Alain BOUDIER, président de la Commission ; • Jean-Gabriel GRESLE, membre de la Commission ; • Paul KUENTZMANN, vice-président de la 3AF, membre de la Commission.

L’accueil par le Général LENE, au nom des Généraux PALOMEROS et DESCLAUX, a été à la hauteur de la réputation de l’Armée de l’Air. Alain BOUDIER a répondu que le président de la 3AF, Michel SCHELLER, était très sensible au rapprochement s’opérant entre Armée de l’Air et 3AF et a remercié le Général LENE pour cet entretien privilégié sur un sujet si « particulier », en soulignant que c’était la première fois qu’une Armée de l’Air d’une puissance « majeure » accordait un tel privilège à une société savante.

Il a été convenu que :
– les discussions seraient enregistrées ;
– la Commission SIGMA établirait un premier compte rendu ;
– ce compte rendu serait adressé à l’Armée de l’Air pour
accord ou modification ;
– un article serait ensuite préparé pour La Lettre 3AF,
selon les mêmes principes, et que 200 exemplaires de
cette Lettre seraient adressés à l’Armée de l’Air.

Gresl_LENE

De gauche à droite : Paul KUENTZMANN, Jean GRESLE,
Général de Brigade Michel LENE (Copyright SIRPA AIR )

Le Général de brigade aérienne Michel LENE est Chef de l’état-major du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes.

QUESTIONS ET REPONSES
Les questions préparées par la Commission SIGMA sont rappelées; la réponse du Général LENE est ensuite donnée, ainsi que des compléments de la part des adjoints du Général.

Question 1 : « En 1970, un de vos grands anciens, le Général Lionel CHASSIN, déclarait concernant la question des OVNIs : « Il y a un problème, il faut l’étudier ». 40 ans après, où en est l’Armée de l’Air sur le sujet ? »

Réponse 1 : l’Armée de l’Air n’est pas seule à étudier le phénomène, elle a un protocole (d’accord) avec le GEPAN depuis octobre 1979, qui a été réactualisé en septembre 2007. Dans ce cadre, elle participe à la remontée de l’information.

Question 2 : « Des mesures ont été prises dans un passé récent, nous faisons référence notamment au questionnaire pour les pilotes de chasse relatif aux observations en vol. D’autres mesures sont-elles en cours de préparation pour l’avenir ? »
.

Réponse 2 : Un questionnaire a été mis en place en janvier 2007, il est similaire à celui d’Air France. A la question de la Commission SIGMA qui souhaiterait pouvoir comparer les questionnaires militaire et civil et donc avoir communication du questionnaire militaire, il est répondu qu’il faut d’abord vérifier si la classification du questionnaire le permet (action Armée de l’Air). Il a été également question de MIAM (Memento Informatique Aéronautique Militaire) de la DIRCAM (Direction de la Circulation Aérienne Militaire) qui précise la marche à suivre en cas d’observation inhabituelle.

Question 3 : « Depuis la mise en place en octobre 2007 du questionnaire, combien de réponses avez-vous obtenu ? ».

Réponse 3 : Il y a eu à peu près 150 sondages, une seule réponse a évoqué un PAN : un pilote d’hélicoptère a observé une tâche lumineuse à la base d’un nuage.

Question 4 : « Dans le cadre de vos réunions de groupe de travail relatives à la défense aérienne européenne, cette question a-t-elle été abordée par le passé ? Dans le cas négatif, auriez-vous l’intention d’inclure cette question à l’ordre du jour d’une de vos prochaines réunions de ce groupe soit en bilatéral UK, soit en multilatéral ? »

Réponse 4 : Ni l’UE, ni le Groupe Aérien Européen, ni l’OTAN n’ont abordé cette question. Le sujet n’est pas non plus à l’ordre du jour pour la coopération franco britannique ou avec d’autres pays, car il existe des dossiers plus structurants (dossiers transfrontaliers en particulier). Les britanniques ont fermé le service PAN du MoD et il serait paradoxal qu’ils s’intéressent à nouveau aux PANs.

Question 5 : « Dans le cas possible de la reconnaissance du phénomène par une puissance « majeure7 », disposez-vous déjà d’un communiqué de presse immédiatement disponible pour les médias nationaux et internationaux ?
».

Réponse 5 : Si une telle reconnaissance était effective la réponse viendrait des instances gouvernementales et non de l’Armée de l’Air. Il n’existe pas de communiqué de presse qui soit prêt et pas d’urgence à en préparer un. Encore une fois, l’Armée de l’Air n’est qu’un partenaire d’un dispositif plus général.

Question 6 « GRAVES »(Grand Réseau Adapté à la VEille Spatiale) a-t-il enregistré des anomalies de trajectographie depuis sa mise en service ? Existe-t-il une zone d’altitude et de vitesse laissée sans surveillance ? ».

Réponse 6 : Le principe de fonctionnement et d’exploitation des signaux de GRAVES  n’autorise pas la détection de trajectoires inusitées. La question a été étendue à la détection aérienne et il a été fait référence à la visite de quatre membres de la Commission SIGMA au Mont Verdun. La réponse est la suivante : l’Armée de l’Air surveille les tranches où il existe une menace identifiée et l’effort principal est mis sur les niveaux correspondants ; le fonctionnement du système, qui possède certaines limitations technologiques, est optimisé en fonction d’une analyse des menaces. Les PANs ne sont pas considérés comme des menaces et ne font donc pas l’objet d’une surveillance spécifique. L’apparition de nouveaux aéronefs (par exemple pour le tourisme spatial), ainsi que le progrès des matériels, pourraient déboucher sur une surveillance plus étendue.

Question 7 « Il est programmé que notre futur commandement spatial verra le jour fin juin/début juillet 2010 ».

Réponse 7 : Le commandement spatial interarmées sera effectif le 1er juillet 2010, son responsable sera le Général ARNAUD. Il sera le principal conseiller des autorités pour le spatial mais n’aura pas de lien direct avec le GEIPAN.

Question 8 : « Dans le cadre de la chaîne hiérarchique de remontrée de l’information, pourriez-vous nous préciser le cheminement de cette remontée au sein de l’Armée de l’Air ».

Réponse 8 : La remontée est claire, l’Armée de l’Air ne travaille pas seule. Le CNOA (Centre National des Opérations Aériennes) peut transmettre des dossiers au GEIPAN, il peut aussi intervenir à la demande du GEIPAN, partant d’une observation de la gendarmerie, pour fournir d’éventuels relevés radar.

Question 9 : « Sur les 20 dernières années, il existe 2 cas sortant de l’ordinaire où l’Armée de l’Air a été directement impliquée. Celui de la soirée du 5 novembre 1990 sur la diagonale Biarritz-Strasbourg, l’autre cas est celui de la BA118 du 21 juin 2000 ».

Réponse 9 : Pour le cas du 21 juin 2000 et après enquête, il n’y a pas eu d’activité anormale à Mont de Marsan. Pour le cas du 5 novembre, il y a eu de nombreux témoignages et de nombreux procès verbaux de gendarmerie mais aucun engagement direct de la Défense Aérienne ; il a peut-être existé un dossier mais il est introuvable. A la question posée par la Commission SIGMA d’une possible interview des pilotes appartenant à l’escadron ayant été témoin du phénomène, la réponse est double : Le Journal de Marche de l’escadron doit pouvoir être retrouvé mais il est classifié ; sa consultation ne peut donc être faite qu’après déclassification par le CEMAA (Chef d’Etat Major de l’Armée de l’Air). L’événement datant de 20 ans, il est possible que certains pilotes aient quitté l’Armée de l’Air et il n’est pas dans les attributions de l’Armée de l’Air de fournir des informations personnelles sur eux. Il est donc demandé à la Commission SIGMA de préciser sa demande : quels documents sont à consulter, quel usage sera fait des informations collectées.

Question 10 : « D’une manière générale, qu’attendezvous de la future coopération entre l’AA et la 3AF ? ».

Réponse 10 : L’Armée de l’Air est constituée de passionnés de la troisième dimension, elle est intéressée par la rencontre d’autres passionnés. La commission SIGMA invite les représentants de l’Armée de l’Air à participer aux activités des commissions techniques de la 3AF.

Question 11 et 12 : « Y a-t-il une question que vous auriez souhaité vous voir poser ? Quels conseils pourriez-vous nous proposer dans le cadre de nos travaux de recherche sur les PAN ? »

Réponses 11 et 12 : L’ensemble des questions prévues a été balayé. Le caractère technique a été peu présent au cours de la discussion. La Commission SIGMA en convient en mentionnant deux choses troublantes pour nos connaissances scientifiques et techniques : d’une part, l’observation de vols stationnaires ou accélérés sans éjection apparente de matière ; d’autre part, le caractère peu « inertiel » de certaines évolutions.

CONCLUSION
La Commission SIGMA exprime sa vive reconnaissance au Général LENE et à ses collaborateurs pour le temps consacré à cet entretien. Le Général LENE rappelle en conclusion qu’il n’y a pas d’un côté les citoyens et de l’autre côté l’Armée de l’Air et que tous travaillent en symbiose ; il attache une grande importance à la remontée de l’information et, dans cet esprit, la démarche GEIPAN est un témoignage de l’aisance avec laquelle circulent aujourd’hui les informations. Pour l’Armée de l’Air, les priorités demeureront toujours les menaces les mieux identifiées.

Paul KUENTZMANN,
Vice-Président de la 3AF

source  :  : http://www.aaafasso.fr/DOSSIERSAAAF/DOSS.ACCES_LIBRE/Lettre_acces_libre/Lettres_2010/LETTRE_3AF_N-9_2010.pdf

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